6 mois de voyage racontés en chiffres et en histoires (ou comment énumérer nos souvenirs de dingues)

Max Nyapyidaw

Aujourd’hui, ça fait six mois. 26 semaines. 182 jours. 4368 heures. 6 mois de voyage. Notre départ parait loin et très proche à la fois.

Le 15 septembre 2017, j’étais dans un avion en direction du Sri Lanka, sans billet de retour, alors que Max était déjà en Inde depuis plusieurs jours. Élise était assise à côté de moi et on se demandait ce qui nous attendait en Asie. C’était pour nous deux la première fois que l’on mettait les pieds sur le continent. J’étais un peu plus stressée qu’elle, parce que je savais que j’allais y rester pour un moment. Il valait mieux que ça me plaise !

Après 6 mois de voyage et de vadrouilles, j’ai envie de faire un mini-bilan. J’aime ça, moi, les bilans. Ça me permet de poser mes souvenirs, de les noter pour pouvoir y revenir plus tard. Comme dirait Nath : « t’inquiète, j’ai fait une liste ! ». Alors j’ai envie d’honorer nos vieilles habitudes.

Pour fêter les 6 mois de voyage de dingue que le Minimoy et moi avons vécu, voici un résumé de nos aventures !


6 mois de voyage en chiffres

infographie 6 mois de voyage

A cela on peut ajouter :

  • 10 492 km parcourus (hors trajets en avion)
  • 8 kilos de moins pour Max (oui, nan, moi nan.)
  • 4 objets perdus (RIP ma doudou…)
  • 6 semaines passées par pays en moyenne (puisque l’on vient juste d’arriver au Cambodge)
  • 2526 euros de dépenses sur place depuis le début (hors billets d’avion et frais autres – assurances, comptes bancaires, etc.). 13,88 euros en moyenne par jour et par personne.
  • 29 euros par jour au Sri Lanka, le pays le plus cher (parce que j’étais en mode « vacances entre amies » !). Sinon en mode « packpacker » c’est la Birmanie, avec 17,5 euros par jour (et là aussi c’est parce que mes frères étaient venus nous voir).
  • 10,5 euros de dépenses par jour dans les pays les moins chers (Vietnam, Népal et Cambodge).



6 mois de voyage en histoires

Mais un voyage ne se raconte pas vraiment avec des chiffres… Voici quelques unes de nos histoires les plus marquantes :

Les moments forts

Conduire la Royal Enfield sur la pointe extrême sud de l’Inde, sous les regards hilares et perplexes des locaux

Une femme ne conduit pas en Inde, et en tous cas pas des motos de cette envergure. Alors me voir passer, avec mes coups de soleil, ma guitare attachée et mon copain à l’arrière, ça soulevait beaucoup de réactions. Je me sentais un peu rebelle, puissante et libre (même à 60 km/h !).

Lou Royal Enfield Inde


Cet échange muet avec une Indienne qui vendait des produits en tout genre sur la plage de Kanyakumari

Elle m’a prédit trois enfants, m’a fait beaucoup d’autres signes que je n’ai pas compris, m’a offert quelques coquillages et une barrette et m’a demandé de prendre une photo de nous. C’était très étrange mais également touchant. Si bien que cinq mois plus tard ce moment me vient à l’esprit alors que j’écris cette liste.

Une Indienne et Lou à Kanyakumari


L’arrivée au Ice Lake, durant le trek dans les Annapurna, au Népal

On a grimpé 1000 mètres de dénivelé pour atteindre ce lac gelé, perché à 4600 mètres d’altitude. Je n’étais jamais allé aussi haut et je n’espérais pas réussir à atteindre le lac ce jour-là. Mais pas après pas on a réussi. La vue qui nous a été offerte en récompense restera dans mes souvenirs pour longtemps !

Le Ice Lake dans les Annapurna


La soirée passée à faire des jeux de rôles avec les gens rencontrés pendant le trek au Népal pour fêter notre victoire sur la traversée de la passe de Thorong-La

On avait rencontré des gens géniaux et très marrants les jours précédents. Depuis on se suivait et on choisissait les mêmes auberges. Pour notre première soirée de l’autre côté du massif, on a joué aux cartes, mangé nos dhal bat et même bu notre première bière depuis deux semaines. Trop bon souvenir. Depuis, on a même revu Anne et Gaston, les deux belges du groupe, le temps d’une soirée birmane.

Lou fête le Thorong-La Pass !


Les après-midi passées à cuisiner avec Daï et Didi chez les Children Of the Universe, le workaway Népalais.

Des tonnes et des tonnes de patates à éplucher ça passe mieux dans la bonne humeur et les rires généraux !

La cuisine de Children Of the Universe

Max cuisine chez les Children Of the Universe


La première douche que l’on a prise en Birmanie

Oui, à ce point. On est arrivés à l’hôtel de Yangon à 2h du matin avec Gaëtan et Rodie, un couple franco-hollandais rencontrés dans l’avion. Comme on était seuls dans notre dortoir, on a décidé d’aller prendre une douche avant d’aller se coucher. On avait de l’eau chaude pour la première fois depuis des semaines, un vrai jet d’eau (et même plusieurs modes !!), du savon et du carrelage. On s’exclamait alors de bonheur chacun dans notre douche !


L’arrivée de mes frères, que je n’avais pas vu depuis plusieurs mois, à Yangon (Birmanie)

Après la douche qui a fait beaucoup de bien au physique, mes frères ont fait beaucoup de bien au moral. J’étais trop contente de les voir et de passer une semaine avec eux. En plus, ils nous ont amené du fromage et des choko-bons. Que demande le peuple ?

Frères et soeur à Yangon


Le repas passé avec le père de famille pendant le trek jusqu’au lac Inle, en Birmanie

Il m’a ému par son discours, son regard bienveillant et son sens de l’humour. Il nous a dit qu’il pourrait « passer la nuit à discuter avec vous, sans dormir ». On ne l’a pas fait, mais j’en garde un souvenir très fort.

Le père de famille pendant le trek jusqu'au lac Inle


Voir Max faire des châteaux de sable sur l’ile de Phu Quoc, au Vietnam

Un joli moment tout en douceur, en réflexion et en tendresse. J’ai même écrit un article là-dessus (ici).

Max et une famille Vietnamienne s'éclatent dans le sable de Phu Quoc


Traverser des villages Cambodgiens isolés du monde, entre Koh Kong et Battambang

On n’a jamais récolté autant de sourire en un seul endroit. C’est là que j’ai plus que jamais savouré ma liberté.

Les routes et les enfants de Koh Kong


Les coups de peur

Mais 6 mois de voyage c’est aussi quelques frayeurs… Heureusement, il y en a bien moins qu’on le penserait. Les voici :

Le trajet de bus pour retourner à Pokhara, au Népal

Le fossé, la vitesse, les bosses, le touriste Indien qui essaie de me tripoter, les enfants Népalais qui collent leurs crottes de nez sur mes vêtements… J’en ai assez parlé ici, mais je ne suis pas prête de l’oublier… En 6 mois de voyage, ce fut le pire de tous nos trajets !

Réparation sur un bus Népalais


Dans l’avion à destination de la Birmanie

On s’est rendus compte que notre billet de sortie du territoire (celui à destination du Vietnam) partait un jour après la fin de la limite de 28 jours de VISA possible dans le pays. Deux heures de stress jusqu’au service immigration et de longues minutes à essayer d’expliquer notre souci pour qu’au final ils nous déclarent l’entrée sur le territoire avec un jour de décalage. Mais de toutes façons, on pouvait aussi acheter un jour de VISA en plus. Ils sont pas très contrariants en Birmanie !


Sur une autoroute au Vietnam, quand deux camions nous ont pris en sandwich

Le premier a pilé devant nous et que le second s’est rabattu de l’autre côté. La moto a tremblé mais Max a repris le contrôle rapidement. Le choc a été amorti grâce à mon sac qui a servi de tampon et a aussi protégé ma jambe. Aucun geste d’excuse de l’un ou de l’autre des chauffeurs. Le plus gros a toujours raison, et c’est pas sur notre 120 cc qu’on va avoir notre mot à dire…


Le trajet à moto entre Koh Kong et Battambang, au Cambodge

C’est à la fois un coup de cœur mais aussi le plus gros coup de peur de notre voyage. Enlisés dans la boue, à plusieurs dizaines de kilomètres de la première habitation, sous un soleil de plomb dans la brousse Cambodgienne… Une seule angoisse : que la moto rende l’âme et que l’on doive l’abandonner là. Au final elle a tenu le coup, mais je ne sais toujours pas comment !

Les routes boueuses du Cambodge


Les anecdotes… « caucasses »

En 6 mois de voyage immersif dans des cultures différentes, il nous arrive de vivre des scènes bien marrantes. Voici mes préférées :

Quand je suis tombée malade au Sri Lanka

J’ai voulu courir pour vomir dans les toilettes mais un gros cafard s’est mis entre moi et le « trône de la libération ». J’ai essayé de le tuer avec ma tongue et j’ai cru que c’était bon. Donc l’ai pris avec du papier toilette pour le jeter… mais il m’a sauté dessus. J’ai hurlé, l’ai de nouveau attrapé, l’ai balancé dans les toilettes… Et lui ai vomi dessus. Fin vraiment injuste pour un petit insecte parti trop tôt.


Quand Élise est devenue tellement rouge, lors d’un repas Sri Lankais particulièrement épicé, que le propriétaire lui a amené un bol de sucre et lui a collé d’office une cuillère dans la bouche.

J’ai tellement rit ! Ah, et après il nous a demandé si l’une d’entre nous était dispo pour épouser l’un de ses potes. Mais étrangement personne ne s’est dévoué…

Les filles et la Lion Beer du Sri Lanka


En Inde, quand un mec très louche s’est approché de Max et lui a collé un pigeon vivant sous le nez.

On n’a JAMAIS su ce qu’il nous voulait avec son pigeon, mais on en rit encore.


Quand on s’est retrouvé à faire un discours sur l’esprit de Noël devant des centaines d’enfants Népalais, dans leur école de Katmandou

À la base nous on venait juste pour accompagner les enfants du centre pour lequel on était bénévoles. Mais le directeur de l’école nous a chopé et nous a demandé un discours. On a eu le temps qu’il arrive à faire marcher son méga ampli pour trouver quoi dire, mais c’était pas bien probant. Pas sûre que qui que ce soit ai compris un mot de notre discours à base de « famille, bouffe et cadeaux » (mais c’était quand même bien résumé).

Max fait un discours dans une école Népalaise


Quand on a commandé du « cheese » en Birmanie et qu’on a reçu une tranche de fromage à burger industriel, découpée en losange et saupoudrée d’un peu de sucre.

Lény m’avait pourtant prévenue, mais je ne pouvais pas partir sans tenter le coup !

Lény et le fromage Birman


Quand Max a donné notre sac de linge sale au garçon de l’auberge de jeunesse en Birmanie

Celui-ci est parti avec mais il n’a pas osé dire qu’il ne savait pas quoi en faire. La spécialité de la Birmanie, et les moments les plus drôles ! Une incapacité à dire « non » (considéré comme impoli) couplé avec un anglais très mauvais, ça donne quoi ? Un mec qui prend notre linge sale et n’ose pas nous dire que la laverie est fermée. Il l’a gardé une journée derrière l’escalier avant que Max vienne prendre des nouvelles et récupère enfin nos vêtements. Ce garçon, par ailleurs absolument adorable, se contentait de répéter : « hoké, hoké », même quand la question n’avait aucun rapport. Jeina (une voyageuse de notre dortoir) et moi avons bien rit en entendant Max faire des allers-retours pour comprendre où avaient bien pu passer nos affaires.


Quand on a passé une nuit dans un palace 5* à Naypyidaw (la capitale Birmane)

Il faut imaginer l’endroit : des employés en costards (même les jardiniers), des voiturettes électriques, un hall tout en marbre avec des lustres en verre, des conférenciers internationaux ultra-classes… Puis il faut nous imaginer nous, après presque 6 mois de voyage. Des baskets sales, des vêtements troués, des sacs de rando protégés de housses fluos couvertes de boue, de poussière et de cambouis, une guitare en bandoulière… « Hello, we’ve booked a room for one night ». Je n’ai jamais eu autant envie de disparaître de ma vie !

La piscine de notre hôtel à Naypyidaw


Quand on s’est retrouvés nez-à-nez avec un serpent d’au moins deux mètres, dans la jungle Vietnamienne

En fait, on était sur la moto alors c’est plutôt notre roue qui s’est retrouvée face à lui. Mais le temps que l’on comprenne ce qui c’était, le serpent a filé dans la forêt. Je n’en avais jamais vu d’aussi gros, et je suis bien contente qu’il n’ai pas attaqué notre roue ! (C’est un peu un coup de flippe aussi, mais c’est allé tellement vite que c’est plus une anecdote dingue qu’effrayante).


Quand on grimpait les marches d’un temple Cambodgien

Je discutais avec Max des coins à champignons français et alors que je déclamais : « C’est fou que les gens prennent les coins à champignons tellement au sérieux ! Tu connais un coin, et bah tu partages, merde ! », un mec qui passait à côté de moi m’a lancé un : « JAMAIS. ». Faut pas déconner avec les coins à champignons des français, même à l’autre bout du monde.




Voilà pour nos histoires sur nos 6 mois de voyage ! On ne sait pas ce que nous réservent les prochains, mais si c’est au moins à moitié aussi bien on sera déjà aux anges… Bisou partout !!

55 réflexions au sujet de « 6 mois de voyage racontés en chiffres et en histoires (ou comment énumérer nos souvenirs de dingues) »

  1. C’est marrant en lisant l’article je viens de voir qu’on est tombé exactement sur la même famille hôte durant notre trek de 3 jours et 2 nuits au Myanmar 🙂 Je ne me rappelle plus de son nom, mais il était très gentil ce monsieur 😉

    1. Ah c’est vrai ?? Trop drôle ! En même temps le nombre de familles est assez réduit donc ça ne m’étonnes pas tant. 🙂
      Il était adorable en tous cas, moi non plus j’ai pas réussi à retenir son nom (les noms birmans c’est un peu chaud…) mais il a vraiment contribué à la réussite du trek pour moi. On sentait qu’il était vraiment heureux que des gens viennent chez lui, et pas seulement pour l’aspect financier. Il voulait apprendre des choses sur le monde, les cultures et les langues… Je sais pas, il m’a touchée quoi ! 🙂

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