Faire du camping sauvage en Scandinavie : nos conseils

Camping sauvage vetement

Nous écrivions précédemment que nous avions adoré nos nuits en camping sauvage et que passer à côté de cette expérience dans un voyage en Norvège ou en Suède peut être dommage.

Mais quand nous avons pensé notre voyage au début, nous étions assez inquiets concernant les détails pratiques… Comment faire à manger, comment se doucher, où poser la tente, comment trouver un emplacement ?

Note : je parle ici de camping sauvage (terme communément employé), mais il s’agit en fait de « bivouac », c’est-à-dire le fait de dormir une seule nuit à chaque emplacement. Le camping sauvage est interdit en Scandinavie comme ailleurs.

Alors dans cet article je vais essayer de faire le point sur les différentes questions que l’on se posait et les réponses que nous avons trouvées :

SOMMAIRE D’ARTICLE


Quel matériel ?

Il ne faut pas grand chose de plus que pour une nuit au camping classique : une tente, des duvets (température de confort à 5° si possible parce que même en été il peut faire froid, mais avec 10° au mois de septembre nous étions à l’aise), des matelas de sol (ou tapis pour les plus courageux) et le tour est joué. Prendre le tout en équipement light si on n’a pas de voiture au quotidien (parce que le tout fini sur notre dos à un moment ou un autre !).

Camping sauvage parc
Notre tente, quelque part, aux abords de l’île d’Oland…

Note : privilégier une tente aux couleurs « neutre », on sera plus discrets et toujours plus à l’aise. Elle est pas belle notre tente dans son environnement naturel ?


Ou poser la tente ?

Grande question qui nous angoissait beaucoup : trouvera-t-on un endroit ou dormir ?

Bon. On dit qu’il y a beaucoup d’espace dans ces pays-là, mais en fait il y a CARRÉMENT de l’espace. Le seul truc, c’est qu’il faut une voiture pour les atteindre. En restant près des villes ça peut être compliqué.

Mais à part ça, ce ne sont pas les espaces verts et libres qui manquent. Il faut juste garder en tête ces quelques limites :

  • Ne pas se poser sur une propriété privée sans avoir demandé l’accord de son propriétaire ;
  • Ne pas planter la tente dans les parcs naturels et les zones préservées ;
  • Interdiction de dormir là où il est écrit expressément « camping interdit » (logique, hein, bon).

Mais tout ça laisse encore beaucoup de choix.

Nous, nous avons vite constaté qu’avoir un espace d’eau claire à disposition pouvait changer la vie. Notre stratégie était donc de repérer un lac sur Google Map, de s’y rendre et de voir si des zones libres étaient disponibles. Nous avons aussi dormi près de la mer, mais ce n’était pas aussi agréable (le vent est très bruyant dans ces zones).

Nous avons aussi cherché des zones de baignades non occupées, car elles sont souvent équipées de banc, d’accès pratique à l’eau et même parfois de balançoires !

Camping sauvage balancoire
Se fondre dans le décors…
camping sauvage scandinavie
Nuit au bord de la mer, sur l’île d’Oland

Règle très importante : on doit laisser l’endroit dans l’état dans lequel on la trouvé (ou alors plus propre, mais pas moins !). C’est la moindre des choses.


Comment se laver, soi et ses vêtements ?

Grande question qui m’intriguait beaucoup !

D’abord, il faut accepter qu’en voyage itinérant on ne se douche pas tous les jours : et c’est même pas grave ! Nous ne sommes pas dans la pollution des villes et les chaleurs du nord ne risquent pas de nous faire souvent transpirer… On peut donc espacer les douches (et c’est écolo tiens !).

Quand on en a besoin par contre, on peut soit faire une pause dans un camping classique, soit (comme nous) prendre son courage à deux mains et plonger dans les lacs du pays. Ça peut être un peu rebutant (je sais pas combien il faisait là dedans mais c’était pas un sauna…), mais avec le soleil du matin, on se réchauffait un peu. Et après un bain comme ça de bon matin, on se sent vraiment ultra-zen et prêt pour la journée qui se profile !

Pour se laver, il faut absolument utiliser un savon bio-dégradable. On n’est pas là pour saccager la nature ! Il en va de même pour la vaisselle, le brossage de dent, et le lavage des vêtements. 

Douche lac
Heure de la douche
camping sauvage scandinavie
Max fait la lessive

Note : Nous avons utilisé pour cela du savon du Dr. Bronner : il sert à la fois de shampoing, de savon, de liquide vaisselle, de dentifrice, de lessive… Léger, pratique, dispo en pleins de parfums différents, il est surtout bio-dégradable et répond à tous nos besoins dans ces cas-là !

Penser aussi à la corde à linge pour étendre les vêtements !


Comment se faire à manger ?

Alors certes, on peut manger froid et ne pas se poser la question. Mais on se lasse très vite du pain suédois à la confiture, quand même.

Les feux de camps sont majoritairement interdits, même si nous avons souvent trouvé des empreintes indiquant un ancien feu de camp là où on dormait. Mais je ne sais déjà pas utiliser des allumettes, très peu pour moi.

La solution la plus simple est surement d’apporter un réchaud, pour pouvoir chauffer et cuire des aliments. Des version « légères » existent, mais sont souvent chères. En fouillant un peu sur internet, nous sommes tombés sur des tutoriels pour créer son propre réchaud à partir d’une canette de soda. Ni une, ni deux, on s’est mis à la tâche (enfin surtout Max) et on a testé ça chez nous avant de partir. C’est vraiment super simple, pas cher et surtout très léger. Il ne reste qu’à emmener un peu d’alcool à brûler et on peut facilement faire bouillir une casserole d’eau et cuire des pâtes, même si ça prend surement un peu plus de temps qu’avec un réchaud classique.

Camping sauvage feu
Max allume le feu sous la pluie
camping sauvage scandinavie
A taaaaaable !!

Note : Il faut quand même faire bien attention à l’usage du feu dans la nature, surtout dans les coins secs. Nous nous mettions toujours sur un sol très plat (et idéalement une construction en bois stable) pour être surs de ne pas renverser les flammes. 


Gérer les stocks

C’est encore plus valable quand on s’éloigne des villes pour un moment. Le plus important est de toujours avoir suffisamment d’eau sur soi. C’est beaucoup plus simple si on a une voiture. On peut utiliser de l’eau des lacs et des rivières mais toujours en la faisant bouillir, même si elle a l’air claire (on avait aussi des pastilles pour assainir l’eau mais nous n’en avons pas eu besoin… En plus il parait que c’est pas bon).

Pour la nourriture c’est pareil, il faut prévoir suffisamment pour les jours prévus en autonomie. Mais il ne faut pas emmener trop non plus, parce que ça pèse vite lourd. En Norvège, nous avions fait la rando qui mène jusqu’à Flam avec de quoi manger et boire pour deux jours. La différence de poids se faisait sentir. Nous aurions pu partir avec moins en manger au village.


Et les insectes ?

Avant de partir, on nous avait dit qu’on se ferait probablement dévorer par les moustiques, d’autant plus en dormant dehors. On avait emmené un répulsif que nous n’avons finalement jamais utilisé. Ça colle, ça pue et je ne suis même pas sûre que ça marche bien…

Au final, quand la nuit tombait on s’habillait plus (manches longues et pantalons obligatoires dehors). On utilisait la moustiquaire de notre tente. Et on n’a pas été dérangés plus que ça.

Bien sûr, il y aura toujours des insectes pas très jo-jo qui nous attendent à l’extérieur (et des fois à l’intérieur) de la tente. Mais ça fait partie du décors ! C’est la bio-diversité de la nature, donc on ne débarque pas chez eux pour les exterminer. On les laissait tranquilles, et ils faisaient de même. Tout le monde est content !


Tout ça pour dire qu’on avait un peu peur du camping sauvage mais que c’est finalement cette liberté et cette simplicité que nous avons adoré dans notre voyage. Et si c’était à refaire, nous ne partirions que comme ça !

10 réflexions au sujet de « Faire du camping sauvage en Scandinavie : nos conseils »

  1. Ping : Nos solutions de logement en Scandinavie – Les voyages de Maxylou
  2. Merci pour les infos !! Ooh ça à l’air trop cool ! Nous partons aussi mi juillet en bivouac en Scandinavie et c’est vrai que je me pose pas mal de question sur les lieux où nous pouvons dormir … Avez vous fait des grandes villes ? Vous êtes parti en voiture du coup ? Je suis un peu perdu

    1. Hello !
      Le détail de notre itinéraire est ici : https://lesvoyagesdemaxylou.wordpress.com/2016/09/08/notre-voyage-en-scandinavie/

      Nous avons loué une voiture pour un court chemin, mais globalementon utilisait les transports entre les villes. Par contre, pour profiter du bivouac, il faut avoir une voiture, sinon on arrive pas à s’éloigner assez de la ville pour trouver des endroits où poser la tente. Mais l’argent gagné en dormant gratuitement est perdu dans la location de voiture (qui sont très chères). Par contre l’expérience nous a marqué et vaut le coup, selon moi ! 🙂

  3. Coucou! Merci pour les infos! C’est le 2ème road trip que nous allons faire cet été et le premier en camping sauvage, j’avoue que cela me fait flipper j’ai les mêmes appréhensions que tu expliques au début de ton article. Alors ça me rassure un peu de lire ça mais je vais quand même flipper à l’idée de »va t on trouver où se poser pour dormir? ». Et au niveau de la sécurité ?

    1. Hello !
      Est ce que tu seras en voiture ?
      Si c’est le cas, pas de soucis. Des fois on a tourné un petit moment, mais la technique des lacs sur Google maps marche très bien. En gros, en choisissant une appli de carte (qui marche sans internet : les tops c’est Google maps offline ou l’appli Mappsme – il faut juste penser à télécharger les cartes avant de partir ou quand on a du wifi), tu sélectionnes un lac au pif, tu fais l’itinéraire pour tu rendre et tu vas voir si il y a un coin tranquille. Pour nous ça marchait très bien.
      Pour la sécurité, tu parles des gens ou des animaux ? Pour les gens, je pense que les norvégiens/suédois sont plutôt adorables. Et camper est dans leur culture, du moment qu’on respecte une distance logique avec leur habitation. Et puis il y a de l’espace, si on se place bien on croise personne. Sinon on peut toujours leur demander si on peut se poser pour une nuit sur leur terrain, je pense qu’il n’y a pas de soucis. Pour les animaux, il faut juste faire attention aux moustiques et aux tiques, surtout aux bords des lacs. On a fait l’erreur de laisser nos vêtements sécher une nuit dehors et une tique s’est réfugiée dans un de nos sous vêtements… et la il vaut mieux pas paniquer et l’enlever correctement !
      Dans le grand nord, c’est plus dangereux, à cause des animaux sauvages (loup, ours…). J’ai lu sur internet qu’il fallait faire attention à ça.
      Voilà, j’espère que ça t’a aidé. Pas de stress en tous cas, ça reste un de mes meilleurs souvenirs de voyage !! La nuit qui tombe sur les lacs, c’est juste sublime.

      1. Oui nous serons en voiture. Ah super je téléchargerai ça alors, mais vous avez toujours trouvé des lacs à proximité?
        Oui je parlais pour les 2 (gens et animaux), nous nous concentrons sur le sud pour ce voyage donc du coup vu ce que tu me dis ça devrait le faire niveau animal! Et autre question, je vois que vous avez utilisé de ferry pour traverser les fjords, faut il réserver à l’avance?
        En tout cas merci beaucoup de prendre le temps de répondre!

      2. Nous on campait dans le sud de la Suède, et il y a vraiment des lacs partout. Vers 16h, on commençait à regarder un peu autour de nous et on se donnait une petite heure pour trouver l’endroit idéal. Faut juste s’y prendre avant la nuit, mais avec l’expérience je pense que vous finirez par repérer les bons spots très rapidement 🙂
        Pour les ferries, on avait réservé depuis la France. Notre voyage était hyper organisé (ce qui n’est plus du tout le cas maintenant… ). Mais si tu parles du « norway in a nutshell » (le tour le plus connu de Norvège), il y a des ferries qui partent quasiment toutes les heures, donc ça ne devrait pas être un soucis si tu veux être flexible sur la date de votre balade. Mais il faut faire gaffe quand même, parce qu’août c’est le mois des vacances des européens et des norvégiens/suédois, qui voyagent beaucoup dans leur pays. Moi j’y étais en septembre donc c’était plus calme, et ce n’est pas forcément représentatif…
        (J’ai écris un article sur ce tour : )

        1. D’accord bon bah on essayera de faire ta technique des lacs alors.
          Pour les ferries je parle de ceux qui traversent les fjords vu que t’es obligée de les prendre parfois vu qu’il n’y a plus de route ^^. On fait notre tour tout seuls et comme je trouve que c’est assez compliqué de dire combien de temps tu vas rester dans tel ou tel endroit ça m’embetait de reserver les ferries à l’avance, mais après si on est obligés je le ferai … Oui nous ce sera un peu moins calme que vous j’imagine bien ^^

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