Un an plus tard, sur les routes du monde…

Titre poétique, n’est-il pas ?

Et bien oui, c’est ce qui arrive quand je me plonge dans mes souvenirs. Et c’est bien ce que je compte faire pour fêter l’anniversaire de notre première année d’itinérance !

Je ne pouvais décemment pas laisser passer la date de notre départ. J’ai l’impression d’avoir tellement de choses à dire, et en même temps n’avoir que peu de mots pour le faire… Mais ça vaut le coup d’essayer !

SOMMAIRE D’ARTICLE



Notre itinéraire en bref

J’ai donc quitté la France il y a tout pile 365 jours, avec pour seules destinations connues le Sri Lanka et l’Inde, où Max m’attendait.

J’ai donc passé :

Étrangement, notre parcours ressemble à ce que nous avions imaginé avant le départ. Nous n’avions rien réservé pour laisser place à l’improvisation et aux aléas de la vie. Mais poussés par l’envie de nous projeter, on avait quand même ébauché un itinéraire théorique. Et on constate qu’à quelques détails près, on est finalement proches de notre idée de base.

Ne pas avoir d’itinéraire défini ou de billets achetés à l’avance, c’est pouvoir décider de la durée de son séjour dans chaque lieu. On a vite constaté que cette flexibilité était l’essence même de notre voyage. Si je n’avais qu’un conseil à donner à un futur voyageur au long court, ce serait celui-ci. Offrez vous la liberté et le temps. La vie ce n’est pas une page instagram ou une liste de merveilles de monde à prendre en selfie.

Village Cambodgien, loin du tourisme
Village Cambodgien, loin du tourisme


Nos petites fiertés

Comme je l’écris souvent, voyager c’est sortir de sa zone de confort. Du coup, en un an sur les routes, on a quelques (petites) victoires personnelles à nos actifs !

Passage à Kuala Lumpur lors de mon voyage en solo


Résumé d’une année d’itinérance

Septembre – Sri Lanka

D’abord il y a eu le Sri Lanka. Ce fut mes premiers pas en Asie. Mes premiers curry, mes premiers temples, mes premiers tuk-tuk. Mes premières rando. Ce départ a un air de vacances. On est entre amies, tout juste sorties du boulot, et on prévoit un crochet par la plage. C’est la décompression avant le grand saut.

Ces deux semaines passent vite. On découvre les paysages et les bus Sri Lankais, les plages locales et leurs vaches, ainsi que les incontournables fried rice et autres kottus. A peine le temps de s’acclimater, et il est l’heure de partir.

Des aurevoirs et un avion plus tard, et me voilà donc à Chennai.

A lire : retrouvez tous nos articles sur notre road trip au Sri Lanka


Octobre – Inde

Mon arrivée à l’aéroport fait forte impression. Je suis la seule blanche. Les différents vigiles me demandent si je sais où je vais. Curiosité ou inquiétude, je ne sais pas trop. Je leur indique que mon copain m’attends dehors.

« Indien ou français ? »

« Français. »

« Ah bon, ok. »

Il y avait visiblement une mauvaise réponse.

Je profite des retrouvailles avec le Minimoy et je découvre la moto qu’il vient d’acheter. Nous voici propriétaires d’une royal Enfield Indienne. Le voyage peut commencer.

Partout où nous allons, nous sommes les seuls étrangers à la ronde. On improvise notre itinéraire au jour le jour. L’Inde nous surprend et nous déconcerte. Mais elle ne nous fait pas peur. Enfin, la plupart du temps…

Malheureusement, deux semaines de road trip plus tard, notre enthousiasme s’ébranle. On doit retourner à Chennai pour vendre notre bolide. Tant pis, nous découvrirons le Kerala et le Karnataka en train.

Ce fut une autre expérience, toute aussi marquante. L’Inde se vit pleinement dans ces wagons bondés et odorants. On découvre un autre rapport au temps et à l’espace. Tous nos sens sont interpellés, voire pour être honnête, agressés. Mais on ne peut pas être indifférents à ce que l’on voit.

À quelques exceptions près, nous tournons néanmoins autour des lieux touristiques. C’est le problème du train : il faut bien choisir une destination quand on achète un billet. Notre voyage a ainsi changé de couleur, et cela ne nous plaît pas. On décide alors de remonter la côte en train sans se renseigner sur les lieux touristiques. Thrissur, Kannur… Nous voici de nouveau seuls au monde. L’Inde est grande, et si on fait l’effort, on peut s’y perdre facilement.

Un mois et demi après mon arrivée, le Visa de Max arrive à expiration. C’est donc à semi-regret que nous devons choisir notre prochaine destination.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip en Inde


Novembre/Décembre – Népal

Attirés par l’Himalaya et sa situation géographique, on s’envole pour le Népal. Je trépigne d’envie de bouger. Mais on est malheureusement coincés à Katmandou a cause de la Poste qui a égaré nos duvets (conseil : ne vous faites pas envoyer d’affaires depuis l’étranger…).

Dix jours plus tard, nous partons enfin pour Pokhara. De là, nous démarrons le trek du tour des Annapurna. Il nous faudra une semaine pour atteindre la passe, à 5416 m d’altitude, et encore quelques jours pour redescendre. Le trek fut une expérience incroyable. Dépassement de soi, victoire personnelle, et des paysages jusqu’ici inégalés pour moi. Et en prime, on s’est fait des copains !

Pour la deuxième partie de notre voyage au Népal, nous retournons à Katmandou. Cette fois nous voulons faire du workaway. Nous nous retrouvons chez les Children of the Universe, un orphelinat Tibétain et Népalais. On se plaît plutôt sur place, mais le fonctionnement de l’endroit me perturbe. Même si on est sur une base de volontariat (sans échange d’argent, donc), j’ai en tête tous les problèmes liés au volontourisme. Avec le recul, c’est une expérience que je regrette, même si elle a été positive à titre personnel.

Après deux semaines d’épluchage de pommes de terre, de nettoyage de toilettes et de peinture de pot de fleurs, nous quittons donc Katmandou avec un brin de soulagement.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip au Népal


Janvier – Birmanie (Myanmar)

Notre première semaine en Birmanie est marquée par la venue de mes deux frères. On découvre le sud du pays tous les quatre, sur un rythme de vacances. On profite des retrouvailles et des magnifiques paysages Birmans. Revoir sa famille fait un grand bien !

Une fois seuls, nous reprenons la route en direction du nord. Puisqu’il ne nous reste que trois semaines de VISA, nous accélérons le rythme. Il paraît qu’il y a tellement de choses à voir… Alors on prend des bus de nuit, on réserve des auberges de jeunesse et on se retrouve entre backpackers. Tout le monde suit plus ou moins le même itinéraire. L’immersion Indienne ou Népalaise nous semblent d’un coup bien loin. Tout est magnifique : le lac Inle, Bagan, Mandalay… Mais question aventure, on avait connu mieux. Sommes nous ici pour vivre, ou pour accumuler les lieux « à voir » ?…

Alors on fait la seule chose qu’on sait faire dans ces moments là : on prend le train. Direction la capitale fantôme, puis Tangoo. On se retrouve de nouveau seuls, à devoir se débrouiller dans des zones non prévues pour cela. Réserver un bus à Tangoo, ça n’a rien à voir avec la Birmanie touristique (il nous a fallu trois heures…).

Cette dernière semaine fut évidemment la plus intéressante. C’est donc avec une certaine frustration que nous quittons le Myanmar.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip en Birmanie


Février – Vietnam

La Ho-Chi-Minh Road à moto

Notre prochain arrêt est Hanoï, la capitale Vietnamienne. Notre plan initial est d’acheter une moto et de visiter le nord du pays avant d’aller au Laos. Mais une fois notre « bolide » (avec beaucoup de guillemets) acheté, on se rend bien compte que le froid de février dans les montagnes va compliquer nos projets. Alors on improvise : direction le sud, puis le Cambodge. La vie est simple quand on a le temps !

On emprunte la Ho Chi Minh Road au guidon de notre Honda. Max avait déjà parcouru ce trajet un an auparavant, mais moi je découvre et j’adore. Le Vietnam me charme tout de suite : les paysages, la nature, l’ambiance… Influencée par les blogs, j’avoue que je n’en attendais rien. Le Vietnam est décrit comme une usine à arnaques, et les backpackers lui préfèrent largement le Laos. Mais mon expérience personnelle est très différente, et j’en savoure chaque jour.

Notre premier mois de Visa se termine sur l’île de Phu Quoc, où l’on est venu pour profiter des plages. On quitte finalement le Vietnam à gros regret pour traverser la frontière Cambodgienne.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip au Vietnam


Mars – Cambodge

Malgré un passage de frontière à moto sans encombre, notre arrivée au Cambodge nous donne une impression mitigée. L’ambiance est différente que celle du Vietnam. Il faut dire que l’on est arrivée à Kampot, une ville très touristique du pays.

Il nous faudra plusieurs jours pour s’acclimater : s’habituer aux monnaies, aux prix, aux plats. Et puis surtout pour partir découvrir des régions moins fréquentées.

Notre périple dans la campagne Cambodgienne, aux abords de Veal Veng, me marque particulièrement. D’abord par ce que l’on voit, mais aussi par notre expérience à moto dans la jungle et le coup de peur que l’on a eu.

Finalement, après un mois dans le pays, on en sort avec un sentiment mitigé. C’était une découverte agréable, mais qui reste moins transcendante que le Vietnam. Les paysages y sont moins impressionnants et la culture moins présente, même si l’histoire douloureuse du pays nous a touchés et marqués.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip au Cambodge


Avril – Laos  

C’est donc avec plaisir que nous entrons au Laos. D’autant plus que nous avons passés sans soucis la frontière à moto, ce qui n’était pas gagné.

Nous commençons par faire les boucles touristiques à moto. On rencontre beaucoup de backpackers, ce qui nous déconcerte un peu. Mais dans le tas, on tombe sur Jean et Névine, avec qui nous accrochons tout de suite. Une soirée improvisée (et un peu alcoolisée…) plus tard, les voilà motivés pour acheter à leur tour une moto. Ils partent donc à la recherche de leur future monture à la ville la plus proche. Quelques jours plus tard, on les retrouve avec leur nouvelle acquisition : une Honda pas vraiment de première jeunesse, mais qui roule. C’est tout ce qu’on lui demande, après tout.

On se rend alors tous les quatre à Vientiane, la capitale Laotienne. C’est le nouvel an, et on a hâte de participer aux festivités.

L’ambiance dans la ville est très différente du calme auquel on était habitué jusque là. Il y a de la musique, des batailles d’eau et de l’alcool partout dans les rues. Une expérience dingue !

Une fois les festivités passées, Max et moi reprenons la route vers le nord du pays. Jean et Névine restent derrière, mais comme on souhaite tous les quatre se rendre au Vietnam dans quelques jours, on se donne RDV là-bas.

La fin de notre voyage au Laos est assez mitigé. Le pays me semble soit trop vide, soit trop touristique. Il y a un contraste saisissant entre Vang Vieng ou Luang Prabang et les villages que l’on traverse sur les routes qui y mènent. J’ai du mal à cerner le pays. On aimerait visiter le nord, mais notre mois de VISA se termine déjà. On passe donc la frontière : à nous le nord du Vietnam !

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip au Laos


Mai – Vietnam (2nd round)  

Dès l’entrée sur le territoire, je retrouve avec plaisir l’ambiance Vietnamienne. Les douaniers me font jouer un morceau de guitare, et on se fait inviter à boire un coup dans le premier resto dans lequel on s’arrête. A la Vietnamienne !

Ce second mois au Vietnam me plait encore plus que le premier. Il faut dire que l’on a tout pour passer de supers moments. De la bonne bouffe, une moto qui nous rend libres comme l’air, des paysages incroyables, des gens adorables… et des copains avec qui partager tout ça ! En effet, Névine et Jean nous rejoignent quelques jours après notre arrivée. On visite donc le nord du pays tous les quatre, se séparant parfois quand nos envies varient pour se retrouver plus loin sur la route.

Les montagnes Vietnamiennes sont incroyables à visiter. A l’inverse du Laos, le Vietnam est extrêmement peuplé. C’est ce qui déplaît à certains voyageurs, mais qui pour nous est très agréable. Les plantations de riz et de café sont captivantes à observer.

Après un passage à Cat Ba, nous nous rendons tous les quatre à Hanoï. Le temps pour nous de vendre notre moto (et pour nos potos de faire une extension de VISA) et il est temps de se dire au revoir.

C’est donc avec un gros pincement au coeur que nous quittons le Vietnam, nos amis, mais aussi l’un et l’autre. En effet, Max se rend en Nouvelle-Zélande pour acheter notre van, tandis que moi je profite de ce moment pour découvrir le voyage en solitaire. C’est donc seule et un poil stressée que je sors de l’aéroport de Kuala Lumpur.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip au Vietnam


Juin – Malaisie  

Voyager en solo fait partie des objectifs personnels que je m’étais fixés. Mais pour autant, ce n’est pas avec une grande envie que j’arrive dans le pays. Me retrouver d’un coup seule n’est pas le plus marrant. Je rêve de prendre un billet retour pour le Vietnam et de rejoindre Jean et Névine dans le sud ! Mais bon, je joue le jeu.

Dès mon arrivée, la Malaisie me déroute. Kuala Lumpur est un monstre de ville, où les autoroutes et les centre-commerciaux sont rois. Il vaut mieux oublier l’habitude prise en Asie de traverser les routes n’importe où et n’importe comment…

La population est très variée, ethniquement et culturellement. Il y a des Indiens, des Chinois, des Malais… Impossible de savoir qui est un local ou un touriste. Ce melting-pot est très spécifique au pays. J’en profite pour retrouver les plats Indiens que je mangeais il y a déjà plusieurs mois.

Les odeurs émanant de ces restaurants me touchent en plein dans la nostalgie. Des images, des sons et des émotions me traversent à leurs contacts. Je réalise alors que chaque jour qui passe sur les routes du monde nous créé des souvenirs. Cette odeur de curry est inscrite dans ma mémoire olfactive, celle qui a la plus longue durée de vie.

Après Kuala Lumpur, je découvre d’autres lieux du pays. Malheureusement, le voyage en solitaire ne sera pas un coup de cœur pour moi, tout comme la Malaisie. Les rencontres sont éphémères et j’ai du mal à vivre l’aventure comme on peut le faire quand on est deux. Je trépigne à l’idée de rejoindre Max et de découvrir la Nouvelle-Zélande. Deux semaines plus tard, je m’envole donc pour rejoindre le Minimoy.

A lire :  retrouvez tous nos articles sur mon road trip en Malaisie

 


Juillet/Août/Septembre – Nouvelle-Zélande

Début Juillet, je pose les pieds en Océanie pour la première fois de ma vie. A l’aéroport de Christchurch, Max m’attend avec notre nouvelle maison sur roues. Notre van est bien aménagé et spacieux, et malgré le froid de l’hiver, on s’y sent bien.

Je découvre Christchurch et m’étonne de sa similarité avec les villes américaines que j’ai pu voir pendant notre année d’études aux USA. Les fastfoods, l’architecture, les habitudes des habitants… J’ai l’impression de me revoir en 2013, quand je débarquais à Chicago pour la première fois. Avec moins d’habitants et un accent plus compliqué, par contre.

On passe les premières semaines sur place à finir d’équiper notre van et à chercher du travail. Armés de nos CV, on démarche un peu partout : les restaurants, les boulangeries, les campings, les guesthouses, les chantiers…

Si on veut travailler, ce n’est pas vraiment à cause d’un manque d’argent immédiat. Nous sommes même bien en dessous des budgets prévus à la base. Mais on pense au long terme. Pour l’instant, on se voit bien continuer à voyager pendant un moment, en alternant itinérance et petits boulots pour renflouer les caisses. Puisque notre visa néo-zélandais nous le permet, c’est une bonne occasion de s’y mettre.

Je trouve rapidement une place de Kitchen Hand (l’équivalent de plongeur en France) dans un restaurant français du centre-ville. Max, lui, est embauché dans une agence de location de voiture, puis après un désaccord avec son patron, changera de job et ira travailler sur les chantiers.

La Nouvelle-Zélande est un pays qui peut vite revenir très cher. Puisque nos boulots ne sont pas qualifiés (surtout moi, qui gagne le SMIC local et n’arrive même pas à faire un temps plein), on doit se surpasser pour mettre de l’argent de côté. On dort en van un peu où on peut, on mange des pâtes et on prend des douches beaucoup moins souvent que ce qu’on voudrait (ouais…). Mais on y arrive. L’argent rentre plus qu’il ne sort, ce qui est le but.

En revanche, nous expérimentons une période creuse, un genre de « retour de voyage » sans réel retour. Il faut dire que nous passons de l’excitation d’une vie d’itinérance à un quotidien bien rodé de laveurs de vaisselles et de voitures.

En plus de cela, la Nouvelle-Zélande n’est pas un pays fun où vivre, surtout en hiver. A partir de 18h30, il n’y a plus personne dans les rues, les gens mangent chez eux ou dans leurs voitures et il n’y a rien à faire. De quoi faire déprimer tout baroudeur !

Heureusement, on a quelques amis avec qui partager notre blues. Et puis on se dit que c’est temporaire et que ça nous va nous permettre de continuer notre bout de chemin !

Voilà donc où nous en sommes à la fin de cette année de route. A suivre…

A lire :  retrouvez tous nos articles sur notre road trip en Nouvelle-Zélande



Écrire un blog en voyageant

Avant le départ, j’exprimais des doutes quant à ce blog. J’avais peur de ne pas réussir à raconter mon voyage de façon réaliste et honnête.

Globalement, ces interrogations reviennent toujours. Je crois qu’il est réellement impossible de retranscrire un voyage par écrit. J’ai parfois l’impression de trop romancer, d’autres d’être trop pragmatique, ou encore de juger VS être trop lisse.

Il est extrêmement difficile de faire ressortir sa personnalité par écrit. Surtout quand on publie en ligne, exposée à sa famille comme à des inconnus. Mais c’est un point que je veux absolument travailler dans l’année à venir.

Ecrire son blog en buvant un café chaud, emmitouflée dans un duvet, à l’arrière d’un van dans l’hiver néo-zélandais

Recherche d’identité numérique

Gerer un site de voyage (même un simple blog) amène de nombreuses questions. Le plus important est de savoir se positionner quant à son contenu.

La grosse majorité des blogs de voyage suivent un format identique. Ils prennent la forme de conseils voyage, en mode « Routard bénévoles ». « Les X incontournables de tel pays », « Les meilleures plages de telle île », « Visiter cette capitale en deux jours »…

Naturellement, ces articles attirent et génèrent des clics, puisqu’ils promettent des informations pour les futurs voyageurs. Mais malheureusement, ils poussent surtout à l’uniformité, et sont parfois très legers. Il me semble compliquer d’expliquer comment visiter telle ville en deux jours quand on y a en fait passé QUE deux jours. Au lieu de simplement partager leur voyage, les blogueurs vont se positionner en connaisseurs. Je ne compte plus les articles de « préparation de sac à dos » où les auteurs nous conseillent sans sourciller d’emmener 15 kilos d’affaires… 

Au milieu de tout ça, je me suis retrouvée un peu perdue. Car il faut bien l’admettre, avoir des vues est flatteur. Max ne peut d’ailleurs s’empêcher de scruter les stats. Et vu le temps que j’y passe, je suis moi aussi satisfaite quand un article plaît.


Mes carnets de voyage

Apres deux ans de gestion de ce blog, j’en étais donc toujours à chercher mon identité. Hors de question de donner des conseils que je ne maîtrisais pas, mais je ne voulais pas arrêter d’écrire pour autant.

C’est en tombant sur le blog des voyages de Mat (nos noms se ressemblent, tiens !) que je me suis faite à l’idée. Ce que j’aime dans le fait de raconter son voyage, c’est autant la forme (fonctionnalités, code et affichage) que le fond. Il faut que les textes me ressemblent, et tant pis si ce n’est pas vendeur.

Je n’ai pas de conseils à donner sur comment visiter Hanoï ou Katmandou, parce que j’ai beau y être allée, je ne suis pas une spécialiste de ces villes. Par contre, je peux raconter nos périples la bas. Notre soirée de fête avec notre hôte Népalais ou nos combats contre les punaises de lit. Parce que c’est ce que nous vivons. D’un autre côté, je peux aussi faire un retour d’expérience sur notre préparation de trek dans l’Himalaya, sur l’achat de notre moto Indienne ou sur nos budgets de voyage. Parce que ça aussi je l’ai vécu. Mais je ne suis en aucun cas une donneuse de conseils. Il faut plutôt que j’embrasse la plume, et que j’oublie les lois du référencement de Google.



Un an de voyage, ça coûte combien ?

Comme beaucoup de voyageurs au long court, c’est la question qui revient très rapidement lorsque l’on parle de notre itinérance. C’est normal, il est difficile pour les gens de se projeter sans travail et sans logement. Nous avons nous-même été assez surpris par nos faibles dépenses, pour être honnêtes.


Prix moyen

Un tour du monde de 11 mois coûte en moyenne entre 15 000 et 20 000 euros par personne. Mais ceci inclut des billets d’avions coûteux (pour traverser les continents notamment), beaucoup de pays (donc multiplication des frais de VISA, de transport, de change, etc.), ainsi qu’un niveau de confort assez élevé sans être luxueux (auberges de jeunesses, restaurants plutôt touristiques, loisirs payants…).

Globalement c’est donc ce sur quoi tablent les futurs voyageurs lors de leur préparation.

En voyage, on apprend jongler avec les différentes monnaies… 🙂

Notre budget

En ce qui nous concerne, les 12 premiers mois de notre voyage nous auront finalement coûté moins de 6500 euros par personne.

Ceci inclut : les assurances, les frais bancaires, les forfaits téléphoniques, les VISA, le remplacement ou l’achat d’équipement en cours de route, tous les billets d’avion, l’achat de nos deux motos (revendues sur place), les dépenses dans chaque pays (logement, nourriture, transport…)
Ceci n’inclut PAS :  les impôts que je continue à payer en France, l’achat d’un ordinateur au Vietnam et d’un téléphone en Nouvelle-Zélande (les anciens m’ont lâchés en cours de route), ainsi que l’achat de notre van (pas encore revendu)

Ce budget est réparti majoritairement comme suit (par personne) :

  • 3430 euros de dépenses sur place lors de nos 9 premiers mois passés en Asie
  • 1780 euros de dépenses pour les 3 premiers mois de notre PVT en Nouvelle-Zélande ;
  • 1060 euros en billets d’avion.

À savoir aussi que nous travaillons actuellement en Nouvelle-Zélande. Mais je n’ai pas compté nos bénéfices car ce n’est pas le sujet.

Note : Retrouvez nos budgets détaillés dans chaque pays grâce aux articles correspondants Inde, Népal, Birmanie, Cambodge, Vietnam, Laos, Malaisie

Comment on réduit la facture

Nous sommes donc bien en dessous des budgets moyens que l’on peut trouver sur la base de données du planificateur A-Contresens. Il y a plusieurs raisons à cela :

  1. Nous ne faisons pas de tour du monde. On a donc rarement fait de longues distances en avion et n’avons changé qu’une fois de continent. Nous n’avons d’ailleurs pas pris de billets Tour-du-monde, coûtants parfois plus de 5000 euros !
  2. La majorité de notre voyage jusqu’ici a eu lieu en Asie, où le coût de la vie est faible. On s’attend naturellement à une petite inflation pour la suite.
  3. Nous voyageons souvent par nos propres moyens (moto en Inde et en Asie du Sud-Est, Van en Nouvelle-Zélande). Les transports ne nous coûtent donc pas très cher (là ou les bus de nuit peuvent vite chiffrer, par exemple).
  4. On consomme quasi exclusivement local et on évite de séjourner dans les zones touristiques. Tout le monde le dit, mais peu sont les voyageurs à s’accrocher au Pho, Com Tam et riz collant Laotien pendant plusieurs mois !
  5. On ne fait que très rarement des activités payantes (se balader dans une région est une découverte suffisante en soi, notamment quand on a nos véhicules).
  6. En Nouvelle-Zélande, nous vivons dans notre van dans les campings gratuits. A 25 dollars par personne la nuit en guesthouse, ça change beaucoup la donne.
Nuit avec vue sur la moto...
Nuit au Cambodge, avec vue sur la moto…

Faire attention au quotidien

Globalement, on préfère faire attention à notre budget et pouvoir profiter de ce mode de vie aussi longtemps que possible, plutôt que de s’offrir des cocktails ou des hôtels. C’est aussi pour cela que les tour-du-mondistes dépensent autant : ils considèrent qu’ils ont un temps défini pour faire le voyage de leur vie et se refusent donc moins de choses. Pourtant, je trouve que le fait de peu dépenser va forcément amener à donner plus de soi et à se confronter à ses limites. On est obligés de se débrouiller dans le pays où on se trouve. Mais chacun vit son voyage comme il le souhaite, évidemment !

Il est d’ailleurs possible de faire encore moins que cela. Il suffit de faire du woofing et du couchsurfing plus souvent, par exemple. Ça dépend du budget et surtout des envies de chacun. Ainsi que la tolérance à l’inconfort et à l’imprévu !



Et la suite ?

On a encore énormément de projets ! En fait, plus on voyage, plus on a envie de le faire.

Côté Nouvelle-Zélande

Pour l’instant, nous comptons garder nos boulots sur Christchurch et mettre un maximum d’argent de côté. Je ne suis pas sûre que l’on ai de nouveaux visas travail de si tôt, donc c’est peut être une rare opportunité de renflouer les caisses. On va donc rester ici jusqu’à fin décembre, date de fin de mon contrat.

Après cela, on compte enfin partir en road trip dans le pays (île du sud, puis du nord). On espère trouver des jobs dans les fermes en cours de route, pour vivre l’expérience du fruit picking !

Côté reste du monde

Pour la suite, vous l’aurez compris, on veut garder notre liberté et ne rien organiser à l’avance. Malheureusement, les démarches administratives de nos potentiels prochains pays viennent compliquer la situation.

En théorie, on aimerait passer trois mois au Japon (le temps d’acheter des vélos et de visiter le pays avec). On souhaite ensuite se rendre en Mongolie, puis prendre le transsibérien pour arriver en Europe et profiter des faibles prix des billets d’avion à Moscou pour rejoindre l’Afrique de l’Ouest. Notre objectif est de passer Noël 2019 au Bénin, chez mon frère (si il veut toujours de nous !).

On comptait se servir de ce plan comme base théorique, comme nous l’avons fait pour cette dernière année. Malheureusement, il y a un hic dans ce beau programme : les difficultés d’obtention du VISA Russe.

Spontanéité VS administratif

En effet, pour obtenir ce sésame, il faut normalement se rendre à l’ambassade Russe de son pays d’origine. Si ce n’est pas possible, il faut envoyer son passeport et payer une agence spécialisée. Le problème c’est qu’il est très dangereux pour nous de nous séparer de nos passeports. Le meilleur moment pour le faire est ici, puisque nous avons nos permis locaux qui font office de papiers d’identité. Mais on doit faire la demande au maximum trois mois avant d’aller dans le pays.

Donc on ne sait pas encore bien ce que l’on va décider. On aimerait faire les démarches pour le visa, quitte à ce que l’on change nos plans et qu’on ne s’en serve pas. Parce que le biais cognitif des coûts irrécupérables, ça ne marche pas sur nous (tu parles…) ! Mais rien n’est sûr pour le moment.


Quoi qu’il en soit, nos pérégrinations sont donc loin d’être finies ! On se souhaite que cette seconde année de découverte soit au moins aussi dingue que la première 🙂

 

Retrouvez également l’article de nos 6 premiers mois de voyage en Asie 6 mois de voyage racontés en chiffres et en histoires

6 réflexions au sujet de « Un an plus tard, sur les routes du monde… »

  1. Bonne analyse d’un des problèmes des blogs (mais pas que les blogs d’ailleurs). Ces fameux top 10 poussent en effet toujours un peu plus à ce que tout le monde aille aux mêmes endroits, la fameuse bucketlist :-/

    1. Oui c’est sur ! Mais c’est très dur d’ignorer ces endroits, on est vraiment tentés… On avait le guide du routard avec nous en Birmanie, et j’avais beau savoir qu’il valait mieux ne pas se baser dessus et faire notre voyage comme on l’entendait, c’était quand même hyper attirant. Il y avait un restaurant vanté dessus, où on est allé. Il était réellement très bon, mais sur place il n’y avait que des français. La propriétaire nous a expliqué que c’était 90% de sa clientèle depuis la publication du guide. Je ne regrette pas d’y être allé, mais bon, si tout le monde fait pareil ça pose quand même de nombreux problèmes…

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