Bagan, la cité archéologique de toutes les cartes postales Birmanes

S’il y a UN site incontournable pour tout touriste qui se rend au Myanmar, c’est Bagan. C’est de là que viennent toutes les photos idylliques que l’on trouve lorsque l’on tape le nom du pays dans un moteur de recherche : des montgolfières qui s’élèvent dans un ciel orangé au dessus de dizaines de ruines de temples.

Et c’est vrai que c’est beau. Au point de me marquer de façon indélébile ? Non.

Est-ce que nous sommes déjà en train de nous blaser de ce que l’on voit, comme ces voyageurs au long court fatigués qui n’ont plus l’énergie de s’émerveiller devant des paysages pourtant objectivement fascinants, et qui ne peuvent s’empêcher de comparer le moment présent aux autres préalablement vécus, tous supposément plus intenses ? Non, quand même pas. Il faut que je m’explique !

Bagan est un site archéologique Birman qui regroupe plus de 2800 temples, pagodes et stupas, dont la grande majorité est en ruines. Contrairement aux temples bling-bling (dorés et brillants) du bouddhisme moderne, ceux-ci arborent de sobres briques ocres très photogéniques. Le site est étendu sur 50 kilomètres, entouré de trois villages : Old Bagan, New Bagan et Nyaung-U. Les visiteurs ont donc la possibilité de louer des e-bikes (des vélos électriques) pour se promener et explorer les temples à leur guise.

Nous sommes venus directement du lac Inle par un bus de nuit. Nous n’avions déjà pas beaucoup dormi mais en plus nous sommes arrivés à 3h du matin. Ahh, les horaires de bus Birmans… ! Nous avons marché une heure pour rejoindre notre auberge, puis, comme nous ne pouvions pas prendre nos lits plus tôt, nous avons loué des vélos électriques pour aller voir le classique levé de soleil sur les montgolfières.

Le but du jeu est de trouver un temple pas trop loin du départ des ballons et de monter à son sommet pour admirer la vue. Certains visiteurs se lèvent tous les matins avant l’aube pour s’y rendre. Le truc, c’est que de plus en plus de temples sont classés au patrimoine de l’UNESCO et sont donc fermés (ce qui me parait logique : c’est dingue qu’il soit possible et légal de monter sur ces ruines !). Nous avons donc errés un moment, paniqués de voir les rayons du soleil éclaircir le paysage. C’est une jeune birmane qui est venue nous chercher et qui nous a amené jusqu’au temple le plus proche.

On a donc observé LA scène que l’on a vu des dizaines de fois en photo sur les sites de voyage. Et c’est vrai que c’est beau ! Maiiis… c’est surtout photogénique, pour être honnête. La lumière n’est pas du tout captée de la même façon sur les appareils qu’avec nos yeux d’humain. Et la vérité est un peu différente, moins colorée et contrastée. Pour autant, c’était une scène apaisante qui nous a fait oublié un temps la semi nuit blanche que nous venions de vivre.

Nous avons ensuite profité de nos scooters pour se balader un peu dans le coin (après une petite pause crevaison quand même…), et nous avons fait de même pendant les deux jours suivants, à pied cette fois.

C’est un très bel endroit, que nous avons apprécié pour son calme, sa chaleur et ses beaux paysages. C’était impressionnant d’entrer à l’intérieur des temples et de se frayer un chemin en haut des toutes petites marches pour avoir une jolie vue sur la plaine et les autres temples. Je suis contente d’avoir pu faire ça puisque je sais que dans quelques années, voire « mois », ce ne sera probablement plus autorisé (et heureusement !).

Mais en ce qui me concerne, les temples ne me passionnent pas plus que ça. Au bout d’un moment il faut bien admettre qu’ils se ressemblent tous.

Avec tous les touristes qui passent en scooter au milieu des villages, Bagan m’a un peu donné l’impression d’un mini zoo humain dans lequel deux mondes hermétiques se rencontraient. Bien sur, les Birmans restent adorables, on échange des sourires et des « mingalapar » ( = bonjour en birman), mais, à l’instar du lac Inle, l’ambiance est différente des autres endroits que nous avons pu visiter. On peut pourtant trouver une atmosphère différente lorsque l’on s’éloigne des circuits des temples, par exemple en allant admirer le coucher de soleil sur la plage (et en traversant donc les quartiers des locaux à pied). Mais les zones touristiques manquaient un peu d’âme et de vie, justement parce que les habitants ont été délogés et déplacés dans le but de laisser de la place aux touristes.

Alors Bagan est effectivement très beau et très amusant pour peu que l’on aime l’exploration et l’archéologie. Mais ce n’est certainement pas mon coup de cœur en Birmanie !


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