Le lac Inle, la réserve naturelle où l’on trouve des femmes girafes, des pêcheurs sur un pied, des fabricants d’argent et de magnifiques paysages

Après trois jours de trek dans la campagne Shan Birmane, nous arrivons finalement au lac Inle.

Il faut nous acquitter de la taxe d’entrée (10 dollars par personne) et nous pouvons monter sur une petite barque qui va nous amener jusqu’à Nyaung Shwe, la ville qui borde le lac.

Le lac Inle abrite quelques espèces protégées, notamment des poissons et des gastéropodes. Mais c’est aussi une des attractions touristiques majeures du pays, ce qui nuit bien sûr à son écosystème.

En effet, seulement 60 ans, le lac a déjà perdu un tiers de sa superficie, et cela ne cesse d’augmenter. C’est dû à l’utilisation des moteurs diesel pour naviguer, la déforestation des environs (pour construire des resorts), l’utilisation des pesticides et le manque de traitement des déchets et eaux usées. Une situation assez préoccupante…

La région est notamment connue pour ses habitants, les inthas, qui naviguent en tenant leur rame avec un pied tout en lançant leurs filets avec les mains. C’est une danse remarquable et très photogénique. Mais du coup, les birmans ont compris le truc : certains pêcheurs sont payés pour prendre la pause et plaire aux touristes. Personnellement nous n’en avons pas vu. Ceux que nous avons croisés étaient réellement occupés à leur tâches et nous sommes passés assez loin. On a juste pris quelques photos discrètes. Et c’est pas plus mal !

Pour ce premier jour sur le lac, notre chauffeur de barque (sensé seulement nous déposer dans la ville) nous impose le tour touristique classique. On s’est donc arrêté dans pas moins de trois fabriques d’argent !

Il faut dire que chaque ethnie Birmane présente dans la région récupère l’argent des mines du coin et créé leurs bijoux propres. Avec l’arrivée des touristes, ils ont tous installé une boutique dans lequel se trouve un ou une jeune birman(e) qui arrive à baragouiner un peu en anglais et qui explique le processus de fabrication des bijoux aux visiteurs.

À la première fabrique, on regarde avec attention, même si on ne comprend pas tout.

À la seconde, on est un peu blasés, mais on s’intéresse quand même aux produits (il y a d’ailleurs de jolies choses, même si les prix sont très variables en fonction du vendeur à qui on s’adresse).

À la troisième, on est complètement intenables et on essaie de cacher nos fous rires (Max, Marion, Arnaud et moi). En sortant de la boutique, Arnaud lance un : « Putain, j’espere qu’on va en faire une quatrième, j’ai soudainement une folle envie d’acheter de l’argent ! ». Il a pas tord, ils essaient de nous avoir à l’usure !

En même temps il faut dire que ça marche, puisque je finis par acheter une paire de boucles d’oreilles locale (je suis bien le genre de personne pour qui il faut trois essais pour de décider).

Dans la dernière fabrique, on a même croisé des femmes girafes. Visiblement payées pour être assises ici, elles servent d’attraction pour les photos des touristes. L’une d’entre elles a interpellé Max pour qu’il viennent poser à leur côté. On s’est exécuté mais c’est le genre de situation pas vraiment agréable. J’avais l’impression d’être dans un zoo humain… Ces femmes portent 10 kilos (8 à leur cou et 2 sous les genoux) et se retrouvent handicapées dans la vie de tout les jours. Je ne suis pas sûre que les utiliser comme appât à touristes soit très éthique…

Nous finissons finalement par reprendre notre route et, une demi heure de barque plus tard, par arriver à Nyaung Shwe.

Nous passons une bonne nuit de repos (dans un vrai lit !) et une journée à ne rien faire. Il faut dire que Max est malade et qu’il vomit partout, donc autant ne pas bouger. Moi j’en profite pour mettre ce blog à jour.

Deux jours plus tard, Max va un peu mieux et nous louons des vélos à notre hôtel pour partir nous promener dans la région.

C’est vraiment un endroit magnifique, il y fait beau mais pas trop chaud, les routes sont agréables et plutôt plates, bref, on passe une super aprèm.

On commence par se rendre à Maing Thauk, un petit port au bord du lac. On se fait un peu alpaguer par les conducteurs de barques qui veulent nous emmener sur l’autre rive, mais globalement l’endroit est calme et agréable. Parfait pour une pause pique-nique ! Et quand on pique nique on ne déconne pas : foie gras français (amené par mes frères) et mandarines locales. Une tuerie !

Après cette pause, nous reprenons les vélos et nous rendons à un bassin d’eau douce naturel. Bon, le bassin en lui même n’est pas tout à fait naturel, mais la réserve d’eau l’est.

L’endroit est magnifique et très reposant. L’eau est translucide et le reflet des pierres embellit la scène. Quelques birmans viennent ici pour se laver (au savon non bio-degradable, on note quand même) ainsi que quelques touristes.

On y passe un moment, puis on se dirige vers les vignes locales, la Red Moutain Estate Winery. L’ambiance est très différente. C’est un allemand qui s’est installé ici et qui a utilisé le climat birman pour faire des vins. Il propose une visite et une dégustation.

Nous n’avons pas les moyens (ou l’envie) pour du vin sur le moment mais nous admirons la vue sur le lac.

Cette dernière étape sonne la fin de notre passage au lac Inle puisque nous partons le soir même pour Bagan.

Le lac est un endroit magnifique : on comprend pourquoi c’est un spot touristique important du Myanmar. Mais du fait de ce tourisme si développé, il perd justement parfois de son charme. Femmes girafes, faux pêcheurs, restaurants qui s’adaptent au palais occidental, démarchage constant des conducteurs de barque… On ne découvre pas le Myanmar ordinaire, mais on passe quand même un super moment !


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