18 choses que le voyage m’aura appris en 2018

« Tu devrais faire des articles putaclic », m’a suggéré Zac, notre compagnon de route de Nouvelle-Zélande, tout en me regardant écrire sur ce blog. « On s’en fout des textes, nous ce qu’on veut c’est du flouzzzz, des meuuuuufs, de la faaaaaame ! »

« Bah ouais, t’as pas tord, après tout ! », lui ai-je répondu, « Je peux écrire un article du genre : « Top 10 des musiques à écouter dans un verger en Nouvelle-Zélande pendant que tu élagues des pommiers pour un SMIC local ». Ou : « 18 endroits qu’il fallait voir en 2018, mais, tant pis pour toi mec, maintenant c’est has been ». »

« Ça, c’est sur que ça marcherait ! »

En voilà une merveilleuse idée !

Voulant marquer la fin de l’année 2018, me voilà donc à cogiter sur une liste de 18 points. Parce que bon, si le format de ce genre d’articles pullule sur les blogs de voyage, moi j’aime bien faire des listes… Je ne suis plus à une incohérence près ! En avant première mondiale, voici donc ma liste perso des 18 trucs que le voyage m’aura appris en 2018.

1. Prendre des douches tous les jours, c’est inutile et contre-productif

Oui, si on dit ça à un citadin, il nous prend pour des gros grados. Mais c’est pourtant vrai : l’hygiène extrême des sociétés modernes n’est pas bonne pour le corps. Les microbes s’auto-régulent, en réalité. Paradoxalement, espacer les douches nous fait sentir bon. Testé et approuvé !


2. Une voiture peut devenir la plus précieuse des maisons

Après 10 mois à ne vivre qu’avec un sac à dos, avoir un van est un luxe incroyable !


3. Le ciel de Nouvelle-Zélande est envoûtant

Pas toujours d’un bleu Azure de carte postale, mais toujours remarquable.

4. Le permis, c’est définitivement pas mon truc…

Mais j’ai appris à conduire, ce que je ne croyais pas faire un jour.


5. Quand les produits de chez soi manquent trop, on peut LITTÉRALEMENT rêver de nourriture la nuit


6. Pas après pas, on gravit des montagnes

Littérales et philosophiques.


7. Être loin donne parfois l’impression d’abandonner sa famille dans les moments durs


8. Un canapé, une play et un frangin, c’est quand même irremplaçable…


9. Les envies changent, alors ça ne sert à rien de tout prévoir

Yolo, comme disent les anciens cool.


10. Le monde ressemble parfois à un Disneyland géant

Surtout en Asie du Sud-est et en Océanie !

11. Boire une bière avec les copains après 10h de boulot épuisant et rébarbatif, c’est le pied ultime

Approuvé par la convention de Genève.


12. La couche d’Ozone, c’est plutôt pratique en fait

J’ai pour preuves les violent coups de soleil attrapés sous des ciels pourtant plus que nuageux ici…


13. Je ne suis pas de celles qui aiment voyager seules

Même si j’adorerai que ce soit le cas et que j’admire vraiment les gens qui le font.


14. On vit un pays très différemment selon ce qu’on nous en a dit avant de venir

Ça peut même changer tout notre ressenti, à vrai dire.

15. J’ai le meilleur compagnon de route (et de vie) du monde.

ACTING NATURAL

J’avoue je triche un peu, ça je le savais avant ! Mais c’est toujours bon de le rappeler 😀


16. À l’étranger, on veut tous se sentir différents

Les voyageurs VS les touristes, les expats VS les backpackers… On se valorise parfois en rabaissant les autres, alors qu’on ne cherche simplement pas la même chose.


17. Voyager, ça rend balèze au Trivial Poursuit.

Ça ne change rien au Monopoly, par contre…

18. Fêter Noël sous 35 degrés, c’est quand même pas pareil.


Alors, elle valait pas le coup cette année ? Cela dit, heureusement que l’on n’est plus en 1996, parce que l’exercice aurait été autrement plus dur, et l’article plus long.

Sur ce je souhaite une bonne année 2019 à tous ! 🙂

Le jour où j’ai fêté noël avec un camembert grillé et du gin tonic à la framboise

Il y a des moments en voyage où on tente de réaliser ce qui nous arrive, où l’on est et ce que l’on vit. On prend du recul sur la situation en imaginant la tête hallucinée de notre nous d’il y a quelque années face à ces moments improbables. Vous savez, ce genre de moment qui vous font vous exclamer, mi-incrédules, mi-amusés : « nan mais sérieux, qu’est-ce que je fous là ?… ».

Après tous ces mois de voyage, je crois qu’ils sont ce que je préfère. Dérouter la Lou du passé, ça me plait plus que tout. Que ce soit lorsque l’on crève une roue de notre moto au milieu d’une route paumée en Inde, devant une vue incroyable sur les rizières Vietnamiennes, en train de boire une bière Laotienne avec mes nouveaux amis de route en plein nouvel an à la capitale, ou pendant que je galère à respirer en grimpant une montagne Himalayenne, j’essaie toujours de prendre du recul. Je raconte tout ce que je vis à la moi du passé, comme pour lui dire : « Tu t’y attendais pas à celle-là, pas vrai ? ». Constater que ma vie n’est pas prévisible et tracée d’avance est étrangement satisfaisant.

Porteuses dans l’Himalaya… Difficile de croire que nous étions là il y a un an.

Autant cette sensation est assez fréquente quand on se trouve dans un endroit qui nous semble exotique et incroyable (le périphérique de Hanoï, le marché de Pondichéry, les temples d’Angkor ou la surface apaisante du lac Inle…), autant elle peut se faire plus rare dans un pays culturellement proche du notre. En Nouvelle-Zélande, c’est la lumière du ciel qui me fait cet effet la. Quiconque a déjà pu observer l’horizon et la lumière du pays doit comprendre ce dont je parle. Quand on lève les yeux, on réalise tout de suite que l’on est loin de chez soi. Je reconnaîtrais ce ciel entre mille.

Le ciel de Nouvelle-Zélande, au dessus de la mer de Tasmanie
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Le « volontourisme » et ses dangers : retour sur une expérience que l’on regrette

Ça fait longtemps que je dois partager ici une réflexion que je me suis faite concernant notre expérience de woofing au Népal de décembre dernier, et plus généralement sur le tourisme et ses dérives.

Il me semble qu’il s’agit là du rôle des blogs : parler avec sincérité de ce que l’on vit, mais aussi de ce que l’on regrette. Parce que le temps nous fait évoluer et apprendre, et que parfois une expérience change de couleur avec le recul. C’est le cas de celle-ci, et elle aborde d’ailleurs un aspect très important du tourisme du XXIe siècle. Voilà pourquoi j’ai décidé de revenir sur cette étape de notre voyage.

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La voyageuse sexy est un mythe

Hier, en prenant ma douche dans un camping de banlieue de Christchurch, je me suis regardée dans le miroir pour la première fois depuis un petit moment. Je ne sais pas si c’était la lumière extrêmement valorisante des néons ou le fait que je venais de traverser l’hiver néo-zélandais, mais j’avais clairement une sale tête.

De fils en pensées, ce constat m’a ramené à une discussion que j’avais eu avec Névine, ma potesse rencontrée sur les routes du Laos. Elle voyageait en Asie du Sud-est depuis 3 mois et commençait à perdre un peu les illusions qu’elle s’était faite sur le voyage. C’est comme ça qu’elle m’a lancé :

« Quand je suis partie de France, j’étais persuadée que j’allais revenir hyper mince, la peau toute bronzée et les cheveux blondis par le soleil. Mais quand je vois la tête que vous avez alors que vous êtes partis depuis 7 mois, je me dis que c’est pas gagné. »


Le voyage, ça vous gagne ! Je crois…

Outre le fait que cette petite mesquine se foutait bien de notre gueule, elle avait visé juste. Parce qu’il fallait bien l’admettre : le voyage, en vrai, ce n’est pas du tout sexy.

Pourtant, avant de partir, on en était sures. Après tout, on quittait notre vie de Françaises au teint pâle et au regard rivés sur les écrans, dont les jambes ne sont sollicitées qu’à l’occasion d’un arrêt pipi ou d’une sortie sport hebdomadaire qui nous fait cracher nos poumons (histoire de ne pas dépérir, quand même). Partir à la découverte du monde, ça allait nous faire respirer le grand air, prendre le soleil, développer nos muscles, améliorer notre alimentation et perdre ce petit bourrelet que l’on a jamais trop aimé mais que l’on a fini par accepter, par dépit.

D’ailleurs on en avait vues, des photos de voyageuses « croquant la vie à pleines dents », respirant le grand air, de dos, l’air rêveur, faussement inconscientes de la présence de l’appareil photo qui les mitraille. Elles étaient magnifiques, et on se disait qu’on s’en rapprocherait un peu, avec le temps.

Collage de photos fait par « Insta Repeat », qui montre le manque d’originalité des voyageurs sur Instagram (et la superficialité des images).

Sauf que….

Mais voilà, après trois et sept mois de voyage, on n’était pas tellement plus sexy qu’avant. En fait, on était même pires.

Le soleil avait certes blondi nos cheveux, mais les avait aussi complètement asséchés. Les changements de rythme, de climat et d’alimentation les faisait tomber. Et comme on ne pouvait pas toujours prendre de douche, ils étaient gras. Notre poids variait et on grossissait souvent : le riz faisait gonfler nos estomac, nos cafés étaient bourrés de sucre, les plats de certains pays étaient bien trop gras. Les treks n’étaient pas si fréquents, et parfois on ne levait pas les fesses de la moto de la journée. Nos vêtements étaient difformes et se salissaient très vite, sans que l’on puisse toujours les laver. Le casque de moto et les chaussettes de rando nous laissaient des marques de bronzage ridicules. D’ailleurs, dans la majorité des pays visités il aurait été irrespectueux de se mettre en maillot de bain. On avait oublié le concept même du maquillage. On n’était pas épilées.

« Tu crois que c’est le moment pour me prendre en photo ?? »

Et pour rien au monde on aurait changé ça.


Vivre. C’est tout.

Parce qu’on n’avait pas le temps, et surtout l’envie, de se préoccuper de tout ça. Parce que les gens que l’on croisait ne se posaient pas la question, eux. Et parce qu’on s’était habitué à nous-mêmes, version brut.

Alors quand on croisait une de ces filles au teint uniformément doré, aux longs cheveux blonds parfaitement hydratés et à la taille de guêpe, Névine et moi levions les yeux au ciel en souriant. On pouvait toujours être un poil jalouses de son potentiel instagramable, mais au fond, on savait. Elle, elle voyage autant que le vieux tonton André qui va au Club Med de Marrakech. Et malgré tout le respect que j’ai pour tonton André, je n’ai aucune envie de lui ressembler.

Le voyage, ça fait vibrer. Ça déconcerte, ça fait peur, ça surprend, ça cultive, ça rend humble, ça t’envoie un tsunami de liberté dans la gueule. Ce n’est pas une question de destination, de point d’arrivée. Tu peux continuer à t’admirer, à t’occuper de ton apparence, à faire semblant de ne pas poser. Mais le temps que tu passes à prendre soin de ton image, c’est du temps que tu ne passes pas à te nourrir de ton environnement et de la vie qui s’y trouve. Si tout ce que tu vois dans un beau panorama c’est le nombre de « like » qu’il te rapportera quand il te servira de fond pour ta nouvelle photo de profil, c’est que tu passes à côté de tout ça.

Le voyage ne rend pas sexy. Et on s’en fout royalement.

voyageuse sexy

Itinéraire d’un tour du monde avorté

itinéraire tour du monde

Et oui, c’est une arnaque ! Vous ne trouverez pas ici d’itinéraire prévisionnel avec un tableau détaillé quasi jour par jour et une ligne « budget » correspondant. Mais lisez quand même, il y a des chances que ça vous intéresse…
Cela dit, vu que je ne suis pas vache, je vous donne quand même le lien de l’itinéraire effectué pendant notre première année de voyage. C’est ici !


On dit qu’un voyage ne commence pas vraiment le jour du départ et ne finit pas plus celui du retour.

Pour le retour, je ne saurai en parler. A l’heure où j’écris, je suis littéralement à l’autre bout de la planète, là où on peut voir le soleil se lever avant tous les autres habitants du monde. J’ai troqué un été caniculaire Français contre un hiver timide au pays des Kiwis. Un appartement Parisien confortable et inabordable contre un van douillet et un poil humide. Alors de retour il n’y a point encore eu.

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Communiquer en voyage : comment on apprend à sourire

Communiquer en voyage

J’ai écris ce texte quand on était en Asie, il y a quelques mois. J’avais alors beaucoup de posts en attente donc je ne l’ai pas publié. C’est le moment ! 🙂

Lorsque l’on voyage dans des contrées lointaines, il arrive toujours un moment où l’on se retrouve confrontés à la barrière de la langue. Même si on a un anglais impeccable, que l’on parle couramment espagnol, japonais, portugais, birman, cambodgien et trois dialectes indiens, on sera quand même limités dans une bonne partie du monde. Si, si.

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Ma première expérience de voyageuse solo, en Malaisie

voyageuse solo

Nb : ceci est un bras musclé. Que celui qui ose dire le contraire reçoive mon courroux !

Mes deux semaines en Malaisie sont terminées : il est temps pour moi de partager mon expérience de voyage en solitaire. Au delà de mon ressenti général sur le pays, je veux parler ici de la façon dont ce sont passés ces 15 jours et de ce que j’en retiens.

Évidemment, ce ne sont pas deux petites semaines qui suffisent à appréhender le voyage en solitaire, j’en ai bien conscience. Mais c’est un premier pas qui permet de se tester et de se découvrir tout en douceur.

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Voyager léger : un sac de 8 kilos au long court, c’est possible !

Voyager léger

« Etre partis avec un sac trop lourd » est le regret n°1 des anciens voyageurs au long court, selon le sondage effectué par le super site « Tour-du-mondiste ». Grâce à cette passionnante enquête, on apprend aussi que le sac des voyageurs fait 15 kg en moyenne. Comme le dit très bien François, l’auteur du site, c’est beaucoup trop. Une grande partie des voyageurs (ou futurs voyageurs) n’imagine pas partir pour une longue durée avec un seul sac de 40 L. Ils expriment souvent la peur de manquer, la difficulté à identifier l’essentiel du superflu ou tout simplement le manque d’information avant le départ. Voilà pourquoi j’ai décidé d’écrire ce billet : pourquoi et comment voyager léger.

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L’importance des pâtés de sable

L'importance des pâtés de sable

On est un jour de Février, à l’autre bout du monde de notre bout du monde. Les vagues échouent sur le sable dans un calme de surface et les crabes transparents zigzaguent sur la plage. On admire la mer sous le soleil qui frappe, enduits de crème solaire indice 50. C’est bien le minimum vital pour survivre ici avec notre peau blanche de Parisiens qui ont un peu trop traînés dans les montagnes Himalayennes.

L’endroit est désert. A part les quelques restaurants que l’on a croisés cinq cent mètres plus loin (et que l’on ne distingue déjà plus), il n’y a personne autour de nous.

Il faut dire qu’on l’a cherchée, cette plage. Après pas loin de 6 mois de vadrouille sous des climats différents et pas toujours cléments, on s’est accordé une visite moins immersive, une pause dans notre découverte du monde et des autres cultures. Quelques jours sur une île Vietnamienne, sans autre objectif que de profiter du son des vagues et de l’odeur de la crème solaire. On sait que ce n’est pas ici que l’on trouvera les clefs qui nous permettront de comprendre un peu mieux notre planète, mais on a accepté les règles de l’endroit : on ne doit pas se poser de question, juste profiter de la vue et du climat. Point.

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