Un hiver à Christchurch, sur l’île du sud de la Nouvelle-Zélande

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit ici pour raconter notre petite vie sur les routes. Il faut dire qu’à l’exception de celles qui mène à mon travail ou à celui de Max, on ne les a pas tellement empruntées, les routes. Pourtant, comme je l’écrivais dans le résumé de notre première année d’itinérance, raconter son voyage ce n’est pas seulement montrer les photos des lieux « à voir ». C’est aussi décrire des ambiances, des sensations et des histoires. Et alors là, Christchurch nous fait causer.

SOMMAIRE D’ARTICLE

Christchurch est la plus grosse ville de l’île du sud de Nouvelle-Zélande, et la troisième plus grande du pays. Enfin, ça veut juste dire qu’il y a près de 400 000 habitants. Pour la Nouvelle-Zélande, on est quasi sur une mégapole ! C’est autant que la capitale, Wellington, mais beaucoup moins qu’Auckland, qui a 1,7 millions d’habitants.

L’ambiance de Christchurch se résume bien dans cette image.

Pourquoi s’arrêter à Christchurch ?

… Me demanderez-vous.

Bah alors là, je ne sais pas. Je crois que c’était une idée de Max, qui trouvait qu’il était plus judicieux d’acheter un van sur l’île du sud directement. Il faut dire qu’elle est réputée parmi les backpackers comme étant plus jolie que celle du nord. Vu que l’on n’a pas beaucoup bougé, il est difficile de savoir si on a eu raison ou non. Mais un néo-zélandais rencontré dans l’avion était perplexe face à ce choix et à celui de tous les touristes en général. Bon, lui il venait de l’île du nord, alors forcément, il défendait son home sweet home.

En tous cas, vu que l’on cherchait du travail, il était logique de se rendre dans la plus grosse ville de la région. Et donc, BAM, Christchurch.


Tremblements de terre et miroirs brisés

La première chose à noter sur Christchurch, c’est que son petit nom carrément ridicule se prononce « Chraïstcheurch », et non « Christcheurch » comme je m’obstinais à le faire pour je-ne-sais-quelle raison. Oui, c’est logique une fois qu’on l’a dit, mais on y pense pas forcément avant.

La deuxième chose à savoir, c’est que la ville a subit de gros tremblements de terre en 2010 et 2011. Les deux derniers, ceux de février 2011, ont coûté la vie à 185 personnes. Malgré les années qui passent, ces événements restent un véritable trauma pour la population locale. Au centre-ville, la place des 185 chaises blanches est là pour rendre hommage aux victimes. J’avoue qu’en pleine nuit, ces chaises vides me font bien flipper.

Je me suis amusée un jour, alors que l’on faisait couper un morceau de miroir pour notre van dans une échoppe spécialisée, d’entendre un client demander si son miroir de penderie tout neuf était résistant aux tremblements de terre. Le vendeur lui a répondu, tout fier, que pendant celui de 2011 aucun des siens n’avaient cassé. Ça m’a fait rire, mais en même temps il faut dire que l’on ressent souvent des petites secousses sur le sol. La ville est en effet toujours une grande zone à risque. Donc on comprends la préoccupation des habitants. 


Entre reconstruction et street art

En plus des vies humaines, le tremblement de terre a détruit un grand nombre de bâtiments qu’il a fallu reconstruire. Et on a beau être 7 ans plus tard, la ville a toujours un air de zone industrielle discontinue.

C’est d’ailleurs ce qui repousse les touristes qui passent par là. En même temps, on est loin du charme d’une petite ville à l’européenne : les rues sont quadrillées (à l’américaine), et les chantiers côtoient des bâtiments modernes bétonnés et cubiques. Le centre-ville est ridicule, et le centre tout court donne l’impression de se trouver en périphérie d’une grande ville. Les supermarchés sont légions, mais pas tellement les restaurants de quartier ou les bars. Pas franchement sexy pour les voyageurs.

Pourtant, on peut trouver un certain charme à Christchurch. Si, si. Carrément même. Et ça, c’est grâce à son street art.

En effet, des œuvres d’art sont présentes dans toutes les rues de la ville. Parfois immenses et poignantes, elles apportent des touches colorées et modernes à une grisaille urbaine trop présente. Même aujourd’hui, je prends encore un grand plaisir à me perdre dans les rues et à les (re)découvrir. Bon, après je ne fais pas exprès de perdre hein, c’est pas un genre de errance romantique. J’ai juste un sens de l’orientation pourri. Mais ça ne change rien à mon propos.


La tristesse hivernale

Quoi qu’il en soit, l’hiver n’a pas été une partie ultra fun de notre vie à Christchurch. La météo n’était pas mauvaise du tout ; on a même été hyper contents d’avoir autant de soleil, si peu de pluie et des températures très confortables.

Non, le problème de l’hiver en Nouvelle-Zélande (tout du moins, à Christchurch), c’est cette désagréable sensation que le monde est en pause. Du genre « nous sommes actuellement indisponibles, veuillez nous recontacter ultérieurement ». Ce genre là.

D’une part, les néo-zélandais ont un rythme de vie plus précoce que le nôtre. L’école se termine à 15h, ils sortent du boulot à 17h MAX et ils mangent à 18h. Et ils ne sortent globalement que très rarement. Quand ils mangent dehors, ils optent souvent pour des fastfoods qu’ils mangent dans leur voiture (ce concept me dépasse, j’avoue). C’est simple, à 18h, les rues sont désertes. On a l’impression qu’il est 3h du matin.

D’autre part, la luminosité elle-même dérègle notre perception du temps. Ça, c’est même le premier truc que j’ai noté en arrivant en NZ. Probablement à cause de sa situation géographique, la lumière de Nouvelle-Zélande est différente de celle de l’Europe. Ou même de tous les autres endroits que j’ai pu visiter dans le monde, en fait. A midi, on a l’impression qu’il est 7h du matin. A 18h, qu’il est minuit. Globalement, je dirais que la lumière du soleil est moins directe, moins puissante. Pas sure que ce soit très scientifique ce que je raconte, mais en tous cas c’est frappant.

La lumière rasante de l’hiver…

Puisqu’en plus nous sommes en pleine période « économie et rentrée d’argent » (et que les rares sorties et activités disponibles ici sont trèèèèèès chères), nous avions un peu l’impression d’hiberner. Van, boulot, dodo, van, boulot, dodo… Pour s’occuper de notre vie sociale, on sortait quand même. Mais version cheap, ça donne des soirées entre copains à se geler les fesses dans un parc non éclairé, en buvant des Coronas. Ah bah, on a le sens de la fête ou on l’a pas ! Au moins, on se soutenait entre nous.

Soirée face au van, dans la rue. On est pas biens là ?…
Les parcs de Christchurch, en hiver, sont un bon plan de secours pour des nomades en manque de soirées
On s’éclaire à la lampe…
Et sinon, il y a toujours les trottoirs.

Parce que, oui, ce sentiment d’ennui social et de tristesse hivernale n’est pas propre à nous. Tous nos amis et contacts français ici (et il y en a BEAUCOUP) ressentaient la même chose. Pour une entrée en matière au pays des kiwis, l’hiver (en mode « travail en ville », en tous cas) n’est clairement pas le plus simple.

Cela dit, j’écris au passé car nous sommes mi-septembre. Le soleil revient en force. On commence à sentir les touristes revenir petit à petit et les activités reprendre. J’ai hâte de voir à quel point la ville peut se transformer…


Lyttelton, avec vue sur la mer

Lyttelton est la ville portuaire de Christchurch. On y trouve une zone industrielle bourrée d’immenses cargos, mais aussi quelques beaux spots de randonnées.

Vu que l’on vit en van, on y passe une bonne partie de notre temps. IL faut dire que c’est ici que se trouve le free camp le plus proche de la ville (30 mn quand même). Celui-ci a l’avantage d’être en bord de mer, et c’est très agréable pendant les jours de repos. Quand il fait beau il y a d’ailleurs pas mal de monde : des pécheurs, les joueurs de rugby du stade d’à côté ou des propriétaires de bateaux qui viennent amarrer…

Vue du port de Lyttelton
La même, mais avec nos tronches.
De nuit, avec cette incroyable lune

C’est aussi ici que l’on peut faire la Major Hornbrook Track, qui est le chemin de trek menant jusqu’au sommet de la colline.

Une fois arrivés en haut, on rejoins la Gondola, un téléphérique qui permet d’avoir la même vue sans trop se bouger les fesses 🙂

Christchurch hiver
Le téléphérique mène à Lyttelton

Alors, la Nouvelle-Zélande citadine, ça donne envie ? Ben en tous cas, nous on a super hâte de voir du pays. Mais ça, ce sera pour dans quelques semaines… (TEASING, OUAIS).

Pour lire plus d’articles sur le sujet, suivez les liens :

« Christchurch » (Si on voyageait)
« Visiter Christchurch, capitale du street art en Nouvelle Zélande » (Ma Globe Trotteuse)
– « Christchurch, porte d’entrée vers le sud » (Voyages et vagabondages)

Note : cet article est spécialement dédié à un de nos plus fidèle lecteur, qui n’est malheureusement plus là aujourd’hui. On espère qu’il a aimé voyager avec nous à distance

3 réflexions au sujet de « Un hiver à Christchurch, sur l’île du sud de la Nouvelle-Zélande »

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