Communiquer en voyage : comment on apprend à sourire

Communiquer en voyage

J’ai écris ce texte quand on était en Asie, il y a quelques mois. J’avais alors beaucoup de posts en attente donc je ne l’ai pas publié. C’est le moment ! 🙂

Lorsque l’on voyage dans des contrées lointaines, il arrive toujours un moment où l’on se retrouve confrontés à la barrière de la langue. Même si on a un anglais impeccable, que l’on parle couramment espagnol, japonais, portugais, birman, cambodgien et trois dialectes indiens, on sera quand même limités dans une bonne partie du monde. Si, si.

Dans notre cas (c’est à dire sans parler espagnol, japonais, portugais, birman, cambodgien et trois dialectes indiens), on essaie toujours d’apprendre quelques mots de la langue locale quand on arrive dans un pays. Mais leur usage vient plus ou moins naturellement selon les endroits. Les « Mingalabar » nous sont adressés à chaque coin de rue de Birmanie, alors que les Vietnamiens eux-même se saluent très peu, et quand c’est le cas choisissent plutôt des « hello » pour nous aborder.

Mais quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les quelques mots basiques que l’on connait qui vont suffire à échanger.


Comment échanger ?

On sait bien qu’une discussion profonde sans traducteur est impossible. Mais ce que je trouve encore plus gênant c’est le fait qu’il est difficile de faire comprendre nos intentions. Ou même de témoigner de notre sympathie. Un geste dans une culture peut avoir une toute autre connotation dans une autre. Par exemple, il est respectueux en Asie de rendre la monnaie avec les deux paumes ouvertes. On a beau le savoir, ce n’est pas dans nos habitudes et on ne pense pas à le faire. Ça peut être pris comme une forme d’impolitesse ou de condescendance par nos hôtes, même si nos têtes d’étrangers les rend indulgents.

Le seul moyen d’être agréable avec quelqu’un à coup sûr c’est en fait de lui sourire. Le visage est plus ouvert et donc chaleureux, accueillant et rassurant. Et ça, c’est universel ! Dans les villages Birmans, c’est même essentiel si on ne veut pas effrayer les habitants.

Sourires en cuisine, au Népal

Différences culturelles

Mais sourire ce n’est pas dans notre culture. En Occident, nous sommes des peuples réservés. On a un visage peu expressif et on est assez discrets. Surtout comparés au volume sonore des Chinois ou des Indiens ! Dans les grandes villes, c’est encore pire. On n’a pas l’habitude de sourire sans raison. Et ça peut, de l’extérieur, nous donner un air antipathique. Il n’y a qu’à visiter le métro parisien pour le comprendre !

Mais même en dehors de la capitale… Il y a fort à parier que si on envoyait un groupe d’étrangers dans des petits bleds français, ils ne récolteraient pas des sourires instantanés de la part des habitants croisés. Ce n’est pas du tout une forme de méchanceté (et j’aime à penser qu’ils seraient d’ailleurs très bien accueillis) mais juste un trait de notre culture. Je m’en suis rendue compte au fur et à mesure de nos rencontres. Il est facile de rendre un sourire, mais beaucoup moins d’en offrir un spontanément. Ce n’est pas un réflexe chez nous.

Communiquer en voyage
On ne parle pas la même langue, mais on se marre quand même… 😀

Une question d’habitude

Pourtant on l’a travaillé, jour après jour. Au début, on se contentait de répondre. Répondre aux coucou de la main, aux « hello » qui nous sont adressés par les enfants comme les adultes que l’on croise… Mais aussi et bien sûr aux sourires, discrets ou à pleines dents. Dès qu’on s’est éloigné des zones touristiques, en Inde, au Népal, en Birmanie, au Vietnam, au Cambodge… bref, dans 100% des pays que l’on a visité jusque là, on a reçu des sourires par centaines. Ceux qui sont déjà allé en Asie le savent, mais plus on va dans des zones « reculées » et plus on est bien accueillis ! C’est même très surprenant au début.

Et puis au bout d’un moment, on salut et on sourit de nous-même. À moto dans les campagnes, c’est notre quotidien. C’est une activité à temps plein, et qu’est ce que ça fait du bien…! Ca envoie de bonnes ondes à nos cerveaux, on se sent bien et accueillis (même si on ne peut pas forcément échanger plus). Je me suis rendue compte que j’y étais très sensible et que ça jouait beaucoup sur mon état d’esprit dans un lieu. Ces rencontres éphémères nous marquent toutes un petit peu.


S’adapter, et changer

Alors je vais continuer de travailler nos sourires. Encore, et encore, jusqu’à ce que ce soit un réflexe complètement naturel. Et j’espère que quand je rentrerais en France, je garderais cette habitude. Pour qu’un jour je puisse en rendre au moins autant que ceux que l’on m’a offert. Et peut être que sans le savoir, je croiserais à nouveau l’une des personnes que j’aurai vu à l’autre bout du monde. Il faudra bien qu’il trouve un visage aussi accueillant que celui qu’il m’aura offert !

…Et tant pis si je dois être la seule personne qui sourit à son voisin dans le métro !

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