Pokhara, le repos des trekkeurs et la recherche de workaway

Avec plus de 255 000 habitants, Pokhara est la deuxième plus grande ville du Népal (après Katmandou, la capitale).

C’est un point incontournable pour les trekkeurs puisque c’est de là que partent la majorité des grands circuits (notamment le Tour des Annapurna). C’est donc aussi ici que les voyageurs rentrent de trek et décident de se poser pour se remettre de leurs efforts.

Et pour cause : c’est une bien plus jolie ville que Katmandou, et surtout bien moins polluée. La zone préférée des touristes est le « lake side« , où, comme son nom l’indique, on peut voir et se promener au bord du lac.

La vue est d’ailleurs magnifique, et en prime il y fait plus chaud qu’à la capitale.

Il est possible de faire différentes activités comme du canoë, du pédalo, aller voir le temple situé au milieu du lac ou la stuppa en haut de la colline qui surplombe la ville.

Nous n’avons pas échappé à la règle et nous avons passé une semaine à Pokhara à ne rien faire. Genre, rien. On s’est réfugiés dans un hôtel plutôt confortable (pour 800 roupies la nuit, soit 6,60 euros) et on a regardé des séries sur internet. Avoir des vêtements propres, une douche chaude et des toilettes avec une chasse d’eau nous avait vraiment manqué !

On a donc pas mal dormi et on a aussi pu profiter de pouvoir manger à des prix redevenus raisonnables. Le quartier de lake side est fait pour les touristes : on y trouve donc des magasins de souvenirs, des magasins d’équipements de trek, mais aussi des restaurants avec des plats occidentaux à la carte. Nous on évite, parce que ces restaurants sont finalement ceux qui sont les plus à risque en terme de maladies (à cause du manque de turn over et des produits qu’ils n’ont pas l’habitude de préparer et de conserver), même si les voyageurs que l’on rencontre restent souvent persuadés que manger une pizza est moins risqué qu’un plat de riz népalais. Mais en plus, ces restaurants sont souvent chers pour une moindre qualité, puisque ce ne sont pas les spécialités de la région. Pour manger un burger, il faut aller aux USA, pas au Népal !

Bon, je fais la maline, mais en fait nous avons bien craqué une fois ou deux pour une pizza sur le lake side. Ca faisait vraiment du bien de changer, même si, comme je viens de le dire, ça n’avait absolument rien à voir avec une vraie pizza à l’européenne…

Pendant notre semaine de repos, nous avons contacté les personnes qui avaient postés des annonces intéressantes sur le site de workaway.

Le workaway est un système de bénévolat qui permet à un local de demander de l’aide diverse (entretien, cuisine, aide aux devoirs pour les enfants, jardinage, etc.) à un étranger en échange du logement et de la nourriture. On travaille ainsi maximum 5h par jour et on intègre une famille locale pendant le temps que le souhaite. Ça permet de faire des économies et de voir le pays sous un autre angle, tout en filant un coup de main.

Nous n’avions jamais fait ce genre d’expérience, alors nous ne savions pas trop quoi choisir. Après le tremblement de terre, les demandes d’aide au Népal ne manquent pas. Nous avons trouvé énormément d’offres, mais une seule à Pokhara. Et comme la ville est plus agréable que Katmandou, nous y avons postulé.

Il s’agissait d’un principal d’une école népalaise privée qui voulait de l’aide pour différents projets liés à l’école. Son annonce était un peu vague, mais comme c’était le seul dans le coin, nous avons quand même voulu tenter le coup.

Au final, nous n’avons pas du tout été convaincus.

La mission en elle-même était très floue : le principal voulait récolter des fonds pour acheter du matériel pour ses classes. Sauf qu’il n’avait aucune idée de comment faire et il était persuadé que les étrangers sauraient mieux que lui. Nous lui avons bien donné des idées, avec des collectes en ligne, des ventes de pâtisseries et autres choses du genre, mais ce type de projet ne se mène pas comme ça en deux semaines dans un pays que l’on ne connait pas.

En plus, nous n’étions pas du tout intégrés à la vie de l’école ou de sa famille. Nous avions deux lits d’enfants en fer posés dans la bibliothèque de l’école (non isolée et non privée), une douche de fortune trop petite pour Max, et aucun repas de prévus. On aurait pu passer outre le confort, si on avait eu une moindre petite idée de ce qu’on devait faire exactement… Mais on ne voyait pas.

On a rencontré deux autres bénévoles qui avaient répondu à la même annonce, dont une française. Ils n’étaient pas logés chez le principal (parce que le confort était trop rudimentaire et qu’ils préféraient louer une chambre d’hôtel) et venait de temps en temps dans les locaux. Ils comptaient récolter de l’argent en vendant des sacs de riz recyclés du Népal en Europe. L’idée n’était pas forcément absurde mais elle était sur-évaluée. Ils voulaient vendre leur sac (qui ressemblent aux sacs en plastique qu’on utilise dans les supermarchés genre IKEA ou Carrefour, en moins bien) 40 euros en Europe et 15 euros au Népal. Ca me semblait vraiment énorme ! Ils étaient persuadés qu’ils allaient aider toutes les écoles de la région (« on commence par ici et puis après on fait un réseau pour tout le Népal ») alors que ça faisait deux semaines qu’ils étaient dans le pays. J’étais vraiment très sceptique et pas du tout sur la même longueur d’onde, même si encore une fois, leur acte était louable. Par exemple, ils disaient qu’ils refusaient de manger chez le principal parce que « tu sais, l’hygiène ici c’est pas pareil ! Nous on ne mange que dans des restaurants où on peut voir la cuisine de notre table ». Bref, j’ai toujours un peu du mal avec les gens qui sont persuadés de sauver un pays alors qu’ils ne prennent même pas le temps de le connaitre.

Tout ça mis bout-à-bout a fait que nous ne nous sentions pas à notre place dans ce workaway. C’était du bénévolat pur et dur sans rien en échange, avec des missions très vagues que l’on ne pouvait pas réussir.

On est donc partis le soir même. On a passé une nouvelle nuit à l’hôtel et c’est là que l’on a trouvé notre second workaway. Mais il avait lieu à Katmandou, donc il nous fallait d’abord nous refaire le chemin à l’inverse.

Et c’est parti pour 200 kilomètres de joie sur les routes népalaises !

A 8h on trouve un mini-van sur le point de partir. On roule une heure, puis le van fait un bond à cause d’un trou dans la route. Le chauffeur continue, mais on commence à sentir une odeur de brûlé dans toute la voiture. Les népalais ne s’inquiètent pas du tout, ils continuent de rouler… jusqu’à ce que le van arrête carrément d’avancer.

On descend donc au bord de la route et les conducteurs arrêtent des bus locaux pour nous mettre dedans. Exactement ce qu’on voulait éviter ! Les bus sont très lents et s’arrêtent absolument tout le temps. Il faut 7h au lieu de 5h pour rejoindre Katmandou depuis Pokhar comme ça…

Mais en plus, à peine 15 minutes de trajet plus tard, le bus s’arrête dans un garage… Pour changer la roue. Une heure d’arrêt. Ils en profitent pour réparer quelques sièges qui s’écroulent littéralement…

On reprend finalement la route mais on s’arrête partout : y compris dans un marché pour que les gens du bus puissent acheter des fruits et des légumes. SUPER. A 10km de Katmandou, rebelote, le bus n’avance plus. Cette fois, je vois les conducteurs aller chercher des litres d’eau et les verser quelque part dans le moteur… Très mystérieux.

Viennent ensuite les bouchons de la capitale… On avance de quelques mètres toutes les dix minutes. On préfère donc descendre et continuer à pied.

On arrivera finalement à Katmandou à 17h, 9h après notre départ… Ce qui fait que nous avons roulé en moyenne à 22 km/h. Ahh, les transports népalais…

Il nous faudra ensuite prendre un autre bus, puis un taxi, et on sera enfin à notre second workaway. Mais ça, c’est une autre histoire !


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

Une réflexion au sujet de « Pokhara, le repos des trekkeurs et la recherche de workaway »

Partagez vos avis et expériences...