Rangoon (ou Yangon ?), la (presque) capitale du Myanmar (ou de la Birmanie ?)

Si Yangon (de son nom local) n’est plus la capitale du Myanmar depuis 2006, elle ne reste pas moins la capitale économique et la plus grande ville du pays. C’est souvent un passage obligatoire pour les voyageurs car c’est ici que partent et arrivent la majorité des vols internationaux. Pour autant, peu s’y attardent. Et pour cause : la ville semble en perpétuelle construction, mélangeant les bicoques à la devanture oxydée aux immeubles modernes flambant neufs. Et en dehors de la magnifique pagode, il n’y a pas grand chose à y faire ou y voir pour un touriste.

Yangon a été notre premier contact avec le Myanmar. Nous y sommes allés à plusieurs reprises, notamment pour arriver et partir du pays, mais aussi pour accompagner mes frères à l’aéroport après la semaine passée en notre compagnie.

Ma première impression sur place, à moi qui venait tout droit de Katmandou, fut la propreté et la modernité des routes et des véhicules. Le béton est impeccable, les taxi et les grosses voitures semblent briller neuf, et les routes principales dans la ville ont souvent trois voies chacune. Un autre monde que le Népal !

On sent immédiatement que le changement de régime politique a eu pour conséquences de grandes rentrées d’argent dans le pays, autant via les organisations internationales que par les investisseurs étrangers. Bien sur, cet argent n’arrose pas tout le monde, comme on le verra plus tard.

En tous cas, je savoure sur place la chaleur revenue et les retrouvailles avec les frangins.

Pour notre premier jour, nous décidons de visiter l’incontournable de Yangon : la pagode Shwedagon.


La pagode Shwedagon

Réputée comme étant la plus impressionnante du monde, elle est située au cœur de la ville sur une colline la surplombant de 1500m.

La pagode est composée d’un grand stûpa (=pilier bouddhiste) central de près de 100m de haut, recouvert de 700 kg d’or. Tout autour se trouvent différentes salles de prières, de plus petites pagodes, des statues de Bouddha, des autels et des pavillons.

C’est un monument très important dans l’histoire et dans la vie sociale du Myanmar. Par exemple, au XIXe siècle, c’est le refus des colons britanniques de se déchausser devant la pagode (comme on le fait devant les monuments bouddhistes) qui amena la population Birmane à se révolter.

En 1983, c’est aussi ici qu’à eu lieu l’attentat commandité par les nord-coréens contre la délégation sud-coréenne venue rendre visite au gouvernement birman. L’entente entre la Corée du Nord et le Myanmar est aujourdhui encore tendue à cause de cet événement, qui avait alors fait 21 morts devant le bâtiment sacré.

Plus récemment, c’est devant la pagode que les moines sont venus manifester lors de la « révolution safran » de 2007.

Ce n’est donc pas qu’un bâtiment historique, mais, comme toutes les pagodes du pays, un lieu grouillant de vie, religieuse et sociale.

C’est d’ailleurs ce que nous apprécions sur place. Les touristes se mélangent aux pèlerins et aux moines et chacun y va de ses prières ou de ses photos.

Pour y arriver, il faut cependant d’abord passer par des dizaines de boutiques, toutes plus kitch les unes que les autres. On y vend des statues de Bouddha, des décos sur le thème du bouddhisme, des autels, des chapelets… tout est doré et lumineux.

Une fois payés nos droits d’entrée, nos chaussures enlevées et nos jambes couvertes par un tissu, nous pouvons pénétrer dans la pagode. Elle est effectivement très impressionnante, ainsi que l’ambiance qui va avec. On est en fin de journée et la lumière du crépuscule fait ressortir les bougies de prières allumées.

 

Mais encore une fois, on ne peut s’empêcher de s’amuser de la ringardise des décos birmanes : les néons flashys verts, roses et bleus qui entourent les têtes des statues de Bouddhas ou l’utilisation très exagérée de la peinture dorée nous font bien rire. On est très loin de l’image sobre et non-mercantile que l’on a du bouddhisme. Sans parler des appels à donation que l’on trouve partout !

Nous faisons le tour de la pagode (dans le sens des aiguilles d’une montre, comme le veut la tradition) et nous voyons le soleil se coucher, faisant changer la couleur des bâtiments. On croise des moines qui s’attèlent à nettoyer le sol… Ou plutôt, des moines femmes, pour être exacte. Les moines hommes se contentent de les suivre sans rien faire. Décidément, toutes les religions semblent d’accord sur le sexisme !


Le train circulaire

Le lendemain, nous décidons de prendre le train circulaire pour observer un peu la vie Birmane.

Il s’agit d’un train qui fait une boucle tout autour de la ville. Il passe toutes les heures et demi et il lui faut trois heures pour revenir à son point de départ. Au départ de la gare centrale, les wagons sont blindés et on est un peu écrasés les uns sur les autres. Sans parler des vendeurs de fruits en tous genre qui se faufilent entre les passagers ! Mais au bout d’une demi-heure, les locaux commencent à descendre et on a plus d’espace pour s’asseoir, sur des sièges ou (pour mieux voir le paysage) directement sur le sol, devant l’entrée.

Nous avons pris le train deux fois : d’abord sur quelques arrêts, puis une deuxième fois où nous avons décidé de faire le tour complet.

Ce train n’a rien d’exceptionnel, mais il a été pour moi une très bonne façon de voir vivre les locaux en dehors du riche centre ville, ainsi que les quartiers extérieurs de Yangon.

Ce vieux train est en effet emprunté par ceux qui n’ont pas de voitures et qui vivent dans les bidonvilles au nord de Yangon. Et pour cause : il a beau être très lent, il est aussi très peu cher. Le ticket coûte 200 Kyats, soit 0,12 euros !

Au début, nous longeons des étendues d’eau très polluées, puis nous nous éloignons peu à peu de la ville pour se retrouver au bord de ce qui ressemble plus à des villages.

Il n’y a rien a y faire, mais nous aimons regarder les paysages, assis au bord de l’entrée du wagon, les pieds qui pendent et qui touchent les roseaux. On s’amuse aussi des réactions des gens qui nous voient et nous font signe depuis l’extérieur, ou des discussions des autres passagers. Et puis on admire le coucher de soleil sur les rizières.

Perso, les trois heures sont passées vite. Je sais que ça n’a pas été le cas pour l’un d’entre nous, mais je ne dirais pas qui 😉


La 19eme rue et ses restos

En quête d’endroits vivants où se rendre le soir, nous sommes allés à la 19eme rue après la tombée de la nuit.

Yangon (et le Myanmar en règle générale d’ailleurs) n’est pas réputée pour avoir une vie nocturne très active. Les Birmans se lèvent et se couchent tôt, suivant le rythme du soleil. Ça s’explique par le grand nombre de métiers en lien avec l’agriculture, mais aussi parce que la junte militaire avait instauré un couvre-feu qui a été longtemps en vigueur. À 21h, la ville commence donc à s’éteindre, et à 23h tous les bâtiments (restaurants et bars) ont l’obligation de fermer. Du coup, il y a peu d’endroits où sortir.

La 19eme rue est conseillée comme étant la rue la plus animée le soir, même si elle n’échappe pas à la règle des 23h.

On y trouve de nombreux restos de rue, souvent d’origine japonaise ou coréenne. Ils proposent tous des bières et quelques cocktails, ainsi que des barbecues. On rempli un panier en plastique des brochettes qui nous intéressent (légumes, viandes, poissons, œufs…), puis les serveurs nous les font cuire et nous les apportent à table.

Perso, j’ai trouvé ça extrêmement cher par rapport à la qualité. On sent que ce sont les touristes qui font en grande partie vivre l’endroit. D’ailleurs, il y avait des français et des européens partout autour de nous ! Mais c’est vrai que la balade dans le coin est plaisante. C’est à faire une fois !


Le karaoké

Pour notre seconde venue à Yangon et notre dernier soir avec mes frères, nous décidons de faire l’une des activités les plus prisées par les jeunes citadins birmans : le karaoké.

On regarde donc sur Google, et on se rend dans celui qui se trouve sur notre chemin.

Déjà, on est impressionnés par le dispositif de sécurité : près de dix vigiles sont là pour nous fouiller avant de nous laisser entrer. On se demande où on est tombés !

Au final on passera une heure dans une petite salle privée à chanter des chansons anglaises pas toujours bien sous-titrées, avec un micro à la réverbération tellement forte qu’on aurait pu animer un manège dans un parc d’attraction !

C’était vraiment trop drôle et trop fou comme endroit. On aurait aimé voir les locaux chanter leurs chansons aussi, mais on ne pouvait qu’aller dans une salle privée… dommage !


Le marché et le centre commercial

Près de la gare centrale se trouve face à face le marché local de Yangon et un immense centre commercial flambant neuf.

Nous avons visité les deux, et si ni l’un ni l’autre ne sont très marquants, c’est plutôt leur proximité et leur contraste qui est amusant. Ils symbolisent bien la dualité de Yangon : d’un côté on trouve un lieu exiguë, très odorant, où se mélangent les vendeurs de fruits, de pierres, de cigares et de tissus dans un bruit permanent. D’un autre, un immense bâtiment avec ascenseur, climatisation, marques américaines, vêtements aux prix indiqués en dollars et café aussi chers qu’à Starbuck. Deux mondes complètement différents qui se croisent !


Le musée national

Nous terminons notre découverte de Yangon par le musée national.

J’avoue que j’y vais un peu en traînant les pieds… J’aime les musées bien fait, mais je doute un peu de celui-ci, surtout à cause du niveau d’anglais des birmans.

Au final, il y avait des choses intéressantes, comme les différentes formes d’écritures selon les ethnies du pays, les habits traditionnels ou les fossiles d’animaux disparus depuis de millénaires retrouvés par les archéologues. Mais l’audio-guide n’était pas du tout intéressant et on l’a vite abandonné.

En soi je pense que c’est une bonne visite à faire pour ceux qui le souhaitent, mais ce n’est pas indispensable si on n’est pas prêt à prendre un bon moment pour comprendre ce que l’on a en face de soi. Ça dépend des envies !


Nous aurons au final passé près de 5 jours à Yangon. Les deux premières visites ont été séparées par notre découverte du Sud du pays : direction Hpa-an !


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

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