Préparation au trek « le tour des Annapurna » : l’ascension de la plus haute passe du monde !

La raison principale qui pousse les touristes à se rendre au Népal, c’est le trekking. Et pour cause, le pays héberge des paysages montagneux de dingue ! C’est certainement la plus grande richesse de ce pays très pauvre. Personnellement, je suis sure d’y avoir vu les plus beaux panoramas de toute ma vie.

Tout est d’ailleurs organisé pour que l’on puisse venir les découvrir à pied, en vélo, en canoë ou même en parapente. Il y a des centaines de chemins de treks dans les différentes régions, demandant de quelques heures à plusieurs semaines de marche.

Du coup, on n’a pas échappé à la règle. Avec deux mois à passer au Népal, hors de question de ne pas tenter un trek un peu long.

Le choix du trek

Il y a trois chemins de trek très populaires au Népal :

  • Le trek du camp de base de l’Everest : sur deux semaines, ce trek amène au camp de base du début de l’ascension du plus haut pic du monde. On peut ainsi zieuter l’Everest en montant à plus de 5000 mètres d’altitude.
  • La sanctuaire des Annapurna : le massif des Annapurna est également très populaire au Népal. Le trek du sanctuaire amène au pied des montagnes pour une durée d’une semaine. On monte à 4600 mètres et on se rend au camp de base, puis on retourne dans la vallée.
  • Le tour des Annapurna : toujours dans la région des Annapurna, ce trek permet de faire le tour complet du massif, en passant à mi-parcours par la plus haute passe du monde, à 5416 mètres d’altitude (pour comparaison, le Mont Blanc fait 4809 mètres d’altitude). C’est un chemin que l’on fait dans un seul sens, avec des points de départ et d’arrivée différents.

Nous avons choisi cette dernière solution. D’abord, parce que ce trek promettait des paysages extrêmement variés et nous permettait de partir pour une longue durée (entre 16 et 21 jours pour le tour complet), mais aussi parce qu’il est très touristique, donc très balisé. Pas de risque de se perdre.

Les saisons

La saison théoriquement idéale pour profiter des montagnes himalayenne est l’automne, et en particulier le mois d’octobre. C’est à ce moment que la météo est la plus clémente. Mais c’est également la haute saison touristique. Les prix explosent, et il faut parfois faire la course avec les autres trekkeurs pour avoir une place dans les refuges de son choix (notamment au High Camp).

Nous, nous y sommes allés fin novembre, et c’était parfait ! Il y a peu de monde et la météo est tout aussi favorable. Par contre, à une semaine près, c’était trop tard. En effet, la passe (qui culmine à 5416 mètres) ferme pendant l’hiver, ou avant s’il neige deux fois d’affilée. Avec le froid de l’altitude, la neige ne fond pas et le chemin devient dangereux et glacé. Le problème, c’est que ce parcours est un grand arc de cercle. Si la passe est fermée, le reste du trek est annulé et il faut se refaire tout le chemin déjà parcouru dans l’autre sens. Ça rajoute du stress lors de l’ascension. En plus, on est en altitude, et si le soleil n’est pas au rendez-vous, marcher peut vite devenir un calvaire frigorifique. Sans parler de la pluie !

Guide, porteur ?

Une fois que l’on sait quel trek on souhaite faire et quand, il faut décider de faire appel, ou non, à un guide et/ou porteur.

Le gros avantage de ce genre de formule est que l’on donne du travail aux népalais des montagnes, qui ne croulent pas sous l’argent et qui ont beaucoup perdus après le tremblement de terre. C’est un beau geste pour faire marcher l’économie locale, à condition de bien choisir son agence.

Faire appel à un porteur permet de n’avoir à porter qu’un petit sac d’appoint et de donner le gros de ses affaires à un népalais entraîné. Perso, ça me gênerait beaucoup de faire porter mes affaires, même si je comprends que ce sont leurs jobs… Chacun porte entre 40 et 60 kilos, soit les affaires de trois ou quatre trekkeurs. En plus, les gens donnent des sacs hyper lourds parce qu’ils savent qu’ils ne vont pas les porter (même si les agences imposent une limite de 12 kilos par personne. Ca reste énorme !).

Un guide ne porte pas forcément les affaires (à voir en fonction des contrats). Il est surtout là pour indiquer les chemins et donner des infos sur la région. Il se charge aussi de réserver les lodges pour les soirs, ce qui peut être très pratique en haute saison pour être sûr d’avoir une place où dormir.

Dans notre cas, nous sommes partis sans guide ni porteur. Le Tour des Annapurna est le trek le plus touristique du Népal (ce qui lui est d’ailleurs parfois reproché) et il est donc impossible de s’y perdre. Nous voulions en plus être vraiment autonomes sur nos étapes et nos durées de marche. Même si un guide écoute toujours les envies/besoins, c’est quand même pas pareil.

Et puis, un guide/porteur peut coûter environ 25 dollars par jour, ce qui n’était pas dans notre budget. Mais je répète que si on en a les moyens et l’envie, c’est un super moyen de donner un job à un local et de partager un bon moment. On a passé le début de notre trek avec un irlandais qui avait un guide, et il était content de son choix (même si Chris, le guide, se bourrait beaucoup trop la gueule tous les soirs et que je ne trouvais pas ça très… agréable).

Formalité d’accès

Avant de partir pour le trek, il faut demander deux permis (qui se font à Katmandou ou à Pokhara) :

  • Le TIMS : c’est la carte de trekkeur. Elle permet de s’enregistrer auprès de l’office qui gère les treks afin qu’il soit informé de nos dates et lieu de trek. Le TIMS coûte 20 dollars par personne.
  • Le droit d’entrée dans la réserve : le Népal contient des réserves protégées. Pour trekker dans ces régions, il faut s’acquitter du prix d’entrée. Pour les Annapurna, nous avons payé 20 dollars par personne, mais d’autres régions ultra protégées demandent parfois jusqu’à 700 dollars.

Ces deux documents sont à garder sur soi et à présenter aux différents check-point que l’on trouve sur le trajet. Ils permettent en outre d’être suivis pendant notre randonnée et d’aider à notre géolocalisation en cas de soucis.

Quoi emmener ?

Autant je passe mon temps à faire des laïus à tous les voyageurs sur l’importance de voyager léger, autant en trek c’est encore plus une VÉRITÉ ABSOLUE.

C’est simple, on a réconforté tout au long du parcours un gros gaillard pompier d’une centaine de kilos (entièrement du muscle, hein) qui, tous les jours, se demandait comment il allait continuer le trek. La cause : le poids de son sac. Bon, déjà, être lourd c’est pas un avantage, on est d’accord. Mais SURTOUT, il avait un sac qui faisait plus de 15 kilos. Il avait les épaules en vrac, et plus on prenait de l’altitude, plus le poids le poussait contre le sol et lui demandait des efforts supplémentaires. A 5000 mètres, on n’a même plus assez d’oxygène pour notre corps au repos ! Porter 15 kilos en plus pendant l’effort, c’est de la folie.

Et j’ai vu des situations un peu similaires (même si pas aussi extrêmes) avec des jeunes filles qui portaient des 60L ou des américains qui étaient sûrs de leur puissance et portaient des 90L. Complètement con.

Donc, pas plus de 40L, porteur ou non. Le mien devait faire 6 kilos, et c’était parfait. On peut laisser le reste de nos affaires dans les guesthouse de Katmandou ou Pokhara. Il n’y a pas beaucoup de choses à emmener de toutes façons, et pour le froid, autant rester sur ce bon vieux système de couches qui permet de ne pas changer de garde-robe entre le bas de la vallée et le haut de la montagne (en passant de 25° à -10°). On prend simplement des doudounes compactes et des couches techniques en plus.

Pour le reste, il y a quand mêmes des objets indispensables à ne pas oublier (même si au besoin, on trouve tout sur le chemin. Il faudra juste y mettre le prix…) :

  • La gourde filtrante : on a beaucoup hésité avant de l’acheter en France. C’était au final notre meilleur achat ! On s’en est servie en Inde bien sûr, mais au Népal elle prend une toute autre dimension. L’eau ici est une des plus polluée au monde. Il ne faut même pas se brosser les dents avec. Et il est très important de boire énormément en altitude. Pas question d’être en rade. La gourde (la paille Lifestraw pour nous, mais il y a aussi des concurrents) permet de boire n’importe quelle eau, y compris stagnante ou boueuse. Et c’est 100% fiable, on n’est jamais tombés malade ! Sur les chemins de trek, on trouve toujours de l’eau sur la route, dans des fontaines. Bien sûr, l’eau n’est pas potable (les népalais la filtre en mettant un chiffon au bout du tuyau. HYPER FIABLE). C’est compliqué d’acheter des bouteilles, il faut être dans les villages, et elles coûtent très cher puisqu’elles sont montées à dos de porteurs. Il existe aussi les pastille micro-pure pour purifier l’eau, mais ça n’a rien à voir avec la qualité de la paille filtrante. Ça donne un goût mauvais à l’eau (contrairement à la gourde) et en plus c’est mauvais pour l’estomac si on s’en sert pendant des jours d’affilés. Nous, on l’a vite rentabilisée !
  • Le stick-à-lèvre : on est en haute altitude, donc notre peau devient vite sèche et les lèvres morflent en premier. Je ne sais pas ce que j’aurai fait sans, ça faisait un mal de chien. Pour l’anecdote, je n’avais qu’un Labello brillant à la pêche. Max n’avait pas le choix. Au début, il avait un peu honte, puis il s’y est fait. Ça lui allait très bien 😉
  • Du liquide : pas d’ATM dans les villages. Il faut donc bien prévoir son budget et retirer tout le liquide nécessaire avant de partir. Les anglais avec qui on a fait une partie du trek voulaient enchaîner avec une autre région mais ils n’avaient pas prévu assez de liquide et n’étaient pas sûrs de pouvoir le faire. C’est quand même con !
  • A manger : plus on monte en altitude, plus les prix grimpent. Un dicton du coin dit même « les prix prennent un cent à chaque marche que tu gravis ». Du coup, si on a un budget serré, c’est bien de prévoir de la nourriture énergétique pour garder la pêche. On est partis avec 4 kilos de bouffe : viande séchée, beurre de cacahuète, muesli, barres au chocolat, mentos… Ca nous permettait de ne pas nous arrêter pour un resto le midi.

  • Un duvet bien chaud : un duvet qui va en dessous de 0° est nécessaire pour le tour des Annapurna. on peut en louer à Katmandou ou Pokhara. Ce sont des imitations, évidemment, mais ils font le job. Il faut juste garder en tête qu’un -20° est plus vraisemblablement un -5°, mais ça marche quand même !
  • Une carte : ce n’est pas obligatoire, mais avoir une carte de la région c’est quand même bien sympa. On pouvait voir où on allait exactement, avoir des infos sur les villages et sur la région. Bon, les cartes ici sont bourrées de fautes (à 400 mètres d’altitude près on savait pas trop) mais c’est quand même cool de se la jouer Indiana Jones avec une carte papier 😀

Durant le trek : le confort et les efforts

Même si on est bien actifs depuis le début du voyage, nous ne sommes pas pour autant de grands sportifs. Marcher 7 heures par jour, ça nous arrive parfois (normal quand on voyage) mais ce n’est pas pareil que de marcher en montagne. Le dénivelé fait toute la différence.

Pourtant, je dirais qu’un trek comme ça est réalisable par toute personne qui en a l’envie. Au besoin, on peut faire plus d’étapes et faire des pauses. Il y a des passages épuisants, mais rien d’inhumain.

Le confort en revanche est relativement sommaire. Nous sommes sur un parcours touristique, alors encore une fois, il n’y a rien d’insurmontable. Mais nous sommes aussi en haute montagne, et donc on ne se balade pas comme à la maison.

  • Les repas : bizarrement, on trouve de tout dans les lodges. Pizza, burger, pâtes… Mais évidemment, le résultat ne sera pas aussi bon que si on prend des plats népalais et les prix seront plus chers. Le top, c’est le Dhal Bat. C’est un plat de riz et de soupe de lentilles qui est servi à volonté. Ça permet de manger beaucoup et bien après une journée de trek, pour un prix souvent correct.

  • Budget et logement : il y a une règle dans la région qui dit que si on mange au moins deux repas dans une auberge, on ne paye pas (ou peu) le prix de la chambre. C’est un peu bizarre, et ça créé parfois des conflits avec des gens qui décident de ne pas manger et qui se retrouvent face à une facture aberrante pour leur chambre. Mais au final, c’est plutôt avantageux. En gros, on mangeait le soir et on prenait le petit dej’ le matin dans l’auberge. Au maximum, on a ainsi payé 350 roupies à deux la chambre (au High Camp, où il n’y a qu’une auberge et que l’on est à 3 heures de la passe), soit 3 euros. Les repas sont par contre très chers. Le piège pour les budgets serrés, ce sont les thés, les bières ou les plats occidentaux. Mais nous on se contentait de plats népalais et on en avait pour 8-9 euros par jour et par personne.
  • Les nuits : en trek, on dort énormément. Avec le froid et la fatigue, on est souvent dans son duvet à 18h30. On dormait près de 13h par nuit. Mais si on dort beaucoup, on dort mal. Passé 3000 mètres, le manque d’oxygène se fait sentir. A 4900 mètres, au High Camp, on se réveille carrément toutes les demi-heures dans un sentiment de panique causé par notre cerveau qui envoie des messages d’alarme à cause du manque d’air. En plus de ça, on a été réveillé pendant une semaine d’affilée par des éléments extérieurs : d’abord, il y a eu les souris (qui cherchaient de la bouffe dans nos sacs ou qui grattaient dans les murs), puis le combat de chat (avec une grande tâche de sang devant notre porte), et enfin la manifestation politique dans le village à 4h du matin.
  • Le froid : nous avons eu de la chance et le soleil était souvent là. Si bien qu’à 4000 mètres d’altitude, nous nous baladions en T-shirt (alors que nous recevions des photos de Paris sous la neige !). Dès que le soleil est caché ou qu’il fait nuit, ce n’est pas la même chose. D’un coup, le froid est saisissant et on se réunit tous dans la pièce commune de la guesthouse chauffé avec un unique poêle. Et il ne faut pas compter sur les murs pour tenir chaud : les isolations népalaises sont telles que les chambres sont à l’exacte même température que l’extérieur. Vers la passe, il pouvait donc faire -10° dans nos lits. Mais avec nos duvets et les couettes fournies en plus, nous n’avons jamais eu vraiment froid la nuit. Le pire reste pour aller aux toilettes… Il faut imaginer des toilettes à la turque gelée… Avec TOUT qui est gelé, y compris l’eau pour évacuer et les excréments qui sont dedans. Le petit truc sympa à chaque réveil 😉

Gérer l’altitude : la peur du mal des montagnes

La plus grande préoccupation des trekkeurs sur le chemin, c’est le mal des montagnes. Appelé « MAM » (Mal Aigü des Montagnes), il s’agit d’un symptôme que l’on ressent lorsqu’on fait une ascension rapide en haute altitude. Ca peut être bénin comme extrêmement dangereux, voire mortel.

Les premiers symptômes sont les maux de tête, mais il peut y avoir des vomissements, une perte d’appétit, une fatigue inexpliquée, des vertiges…

On ne sait pas grand chose de ce mal, à part qu’il survient lorsque notre corps ne s’adapte pas bien au changement de pression et au manque d’oxygène en altitude. Il est impossible de prévoir à l’avance comment chacun va réagir. A Manang, à 3500 mètres, les trekkeurs ont pour obligation de faire une journée d’acclimatation : le but est de monter le plus haut possible, puis de redescendre pour habituer notre corps à l’altitude. Nous sommes ainsi allé au Ice Lake (4600 mètres) dans la journée avant de retourner à Manang.

A partir de Manang, on ne doit pas dormir le soir à plus de 500 mètres d’altitude de notre lieu de départ du matin. Nous l’avons pourtant fait pour aller au High Camp (700 mètres plus loin), mais nous avons fait très attention à comment nous nous sentions. Au moindre soucis, il faut redescendre immédiatement et retenter plus tard.

Nous avons eu des débuts de maux de tête durant l’ascension de la passe (5416 mètres), mais s’est passé rapidement. Il faut boire énormément d’eau, c’est le seul remède connu. On nous a aussi parlé de la soupe d’ail, mais je ne sais pas si ça marche vraiment.

Nous avons vu des personnes souffrir énormément de ce mal, au point de ne plus pouvoir marcher et de devoir payer un cheval et un porteur pour les déplacer lors de la passe. D’autres sont fréquemment rapatriés par hélicoptère. Il faut donc bien être à jour avec son assurance !

Quoi qu’il arrive, il est toujours bon de redescendre. La montagne n’aime pas les pressés 🙂

Notre itinéraire de 13 jours

Pour le Tour des Annapurna, on a énormément d’options. Le tour complet commence à Besi Sahar et se termine à Beni, mais la majorité des trekkeurs s’arrête en fait à Jomsom (juste après la passe). Certains commencent même plus loin, à Chame.

Nous, nous voulions faire un maximum du parcours et avons donc commencé au début. Par contre nous avons fini à Ghasa, à deux jours de la fin. Nous aurions aimé continuer, mais j’avais une infection dentaire qui nous a poussé à accélérer notre départ. C’est pas dans la montagne qu’on peut trouver des soins et il vaut mieux pas prendre de risque…

Il nous aura donc fallu 13 jours de marche pour faire la quasi-totalité du parcours. Je pensais faire plus d’arrêts mais en fait il n’y a pas grand chose à faire dans la montagne à part de la rando, et comme nous nous sentions bien nous avons préféré avancer. Nous marchions en moyenne 6 heures par jour, avec un maximum de 7h30 le jour de la passe et le jour de la rando au Ice Lake.

Côté dénivelé, nous avons commencé à 800 mètres d’altitude à Besi Sahar. En six jours, nous sommes montés jusqu’à Manang, à 3500 mètres. Nous y avons fait une journée d’acclimatation durant laquelle nous sommes montés (puis redescendus) à 4600 mètres. Nous avons repris l’ascension pour arriver deux jours plus tard au High Camp (4900 mètres). Le lendemain nous traversions la passe à 5416 mètres (notre record !). Nous sommes descendus à 3800 mètres dans la même journée (sympa le dénivelé négatif…), et après, ça n’a été que de la descente progressive jusqu’à Gasha, à 2000 mètres, d’où nous sommes repartis.

 

Le retour… et le repos

De retour à Pokhara (d’où j’écris actuellement), j’ai eu une grosse crise de nerf, sans raison apparente. En fait je crois que l’objectif de la passe nous motivait à nous dépasser et nous forçait à puiser dans nos ressources. Mais une fois les efforts finis, mon corps a vraiment lâché la pression et je me suis écroulée. Il y a plusieurs raisons à ça.

D’abord, on marchait souvent 7 heures par jour, et nous n’avons jamais pris de jour de repos. Même durant le jour d’acclimatation (sensé être plus « soft »), nous avons décidé de nous donner le challenge de monter à 4600 mètres, soit 1300 mètres de dénivelé positif ET négatif dans la journée. Forcément, au bout de deux semaines, le corps n’en peut plus.

Ensuite, comme je le disais plus haut, le sommeil en montagne est toujours interrompu (par le manque d’air, les rongeurs, etc.). On n’a pas beaucoup de confort. On a froid, nos vêtements puent, il n’y a pas de douche chaude… Bref, le tout fatigue.

Et puis SURTOUT, il a fallu survivre au trajet de la mort.

Ça c’est tellement un truc de dingue que je pourrais écrire un article dédié.

Pour partir de la montagne et rejoindre Pokhara, il n’y a pas beaucoup de solution. Soit on prend une jeep privée (qui coûte cher) soit on prend un bus local. Ce que l’on a fait. Ce que je ne ferais plus jamais.

Nous avons nommé ce trajet « le pire trajet de notre vie« , et je doute qu’il soit détrôné de ci-tôt. Nous avons pris le bus sur le chemin, donc nous n’avions pas de siège. J’ai quand même pu m’asseoir entre un gamin népalais qui collait ses crottes de nez partout et un père de famille qui n’avait pas trop la notion du « manspreading ». On était sept dans un espace pour cinq. Mais surtout, il n’y a pas vraiment de route de montagne, ce ne sont que des sentiers de pierres. On faisait des bonds impressionnants et hyper douloureux. Par la fenêtre, je voyais le vide passer à quelques centimètres des roues du bus. A un moment, ils nous ont même proposé de descendre parce qu’une partie de la route s’était effondrée et qu’ils n’étaient pas sûrs que le bus ne tombe pas dans le trou. Donc ceux qui ne voulaient pas prendre le risque pouvait traverser à pied (et certains sont restés !!). A mon retour dans le bus, le père de famille a échangé sa place avec un jeune indien de mon âge… qui a profité des mouvements du bus pour me toucher les seins pendant tout le trajet, alors qu’il avait de la place de l’autre côté. Je suis littéralement écrasée entre les gamins (qui essaient de piquer on iPod) et cet enfoiré d’indien qui pousse mon bras pour avoir accès à mes seins. J’ai voulu changer de place avec Max, sauf que lui n’avait même pas de siège et était debout dans l’allée. Avec les mouvements du bus, j’étais sûre de vomir dans la minute si je prenais sa place. L’indien a vu que j’appelais Max et que je lui faisais signe, alors il a de nouveau échangé de place avec le père de famille, qui s’est encore étalé sans soucis.

Pour faire 120km, il nous a fallu… 7h. Dans ces conditions, je suis arrivée à Pokhara exténuée et vraiment mal en point. A refaire, je paierais une jeep sans hésiter. Au delà du confort, c’était vraiment la route la plus dangereuse que j’ai prise, et je ne suis pourtant pas une trouillarde dans la matière. L’Inde et le Sri Lanka sont des petits joueurs à côté !

Mon avis sur le trek

Ça a été une expérience incroyable. On a rencontré pleins de gens géniaux, on s’est vraiment marrés, on a vu des paysages que je n’oublierais pas, on s’est dépassés, on en a chié, on a avancé pas par pas jusqu’à LITTÉRALEMENT gravir des MONTAGNES, on s’est reculé de tout, on a appris à s’écouter, on a respiré…

Bref, c’est un très long article, mais je le voulais détaillé. Pour conclure, je ne dirais qu’une phrase :

PUTAIN, ON L’A FAIT !!!!!!!


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

Une réflexion au sujet de « Préparation au trek « le tour des Annapurna » : l’ascension de la plus haute passe du monde ! »

  1. « Personnellement, je suis sure d’y avoir vu les plus beaux panoramas de tout ma vie. » Même plus beaux que la cascade de Bernin ? Permets-moi d’en douter.
    La plus haute passe du monde à 5416 m, ça fait beaucoup de marche pour aller voir des prostituées. Max devait être sacrément motivé.

    C’est tout pour moi.

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