Bye-bye Cambodge ! [Itinéraire et budget d’un mois de voyage à moto]

Max à moto - Bilan Cambodge

Au terme d’un mois de voyage à moto au Cambodge, nous voilà au Laos. Le passage de frontière stressant étant derrière nous, on réalise enfin que l’on a quitté ce pays découvert un mois durant. Du poivre de Kampot aux dauphins de Kratié, en passant bien sûr par les temples d’Angkor de Siem Reap, voici le récap’ de notre voyage !

SOMMAIRE D’ARTICLE


L’itinéraire parcouru

Notre voyage au Cambodge s’inscrit plus largement dans notre road trip à moto en Asie du Sud-Est. Nous sommes entrés par la frontière terrestre du sud du Vietnam à Ha Tien et nous sommes ressortis par le nord, à la seule frontière commune du Cambodge et du Laos.

Itinéraire d'un mois au Cambodge

Entre ces deux points, nous avons passé :

  • Cinq jours entre Kampot et Kep ;
  • Une nuit à Botum Sakor, avant d’arriver à Koh Kong où nous sommes restés trois jours ;
  • Un jour à Veal Vang, au milieu de la cambrousse Cambodgienne ;
  • Trois jours à Battambang (pour se remettre de nos émotions) ;
  • Deux jours à Siem Reap ;
  • Un jour à Kampong Thma avant d’aller à Phnom Penh (deux jours) ;
  • Une nuit à Kampong Cham et trois jours à Chhlong ;
  • Cinq jours à Kratié et une nuit à Stung Treng avant de passer la frontière.

Si cet itinéraire donne l’impression d’un mouvement assez constant, nous avons en vérité pris notre temps dans la majorité des endroits qui nous plaisaient. On a quitté Phnom Penh et Siem Reap bien vite, mais on a accordé du temps à Koh Kong, Chhlong et Kratié, où nous nous sentions bien.

Max et Lou à la Ta Taï Waterfall


Notre ressenti de voyageur

Une durée idéale pour une destination agréable

Pour la première fois depuis notre départ, nous sommes satisfait du temps que nous avons eu pour visiter le pays. Un mois au Cambodge nous a semblé ni trop, ni trop peu. On est partis alors qu’on avait envie de découvrir autre chose et en étant satisfaits de ce que nous avions pu visiter jusque là.

Le Cambodge ne restera pas pour moi un pays fondamentalement marquant. Je n’ai pas eu une « claque » culturelle en arrivant. Mais tout est regroupé pour passer un super voyage : de beaux endroits, des temples mythiques et une population plus qu’accueillante et chaleureuse. Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est loin d’être un pays à déconseiller !

Sortir des sentiers fréquentés

J’ai lu les avis de Fabienne et Benoit de Novo-Monde sur leur séjour au Cambodge. Ils ont été déçus de l’accueil et se sont trop souvent sentis arnaqués. Nous n’avons pas du tout eu la même expérience, mais je comprends tout à fait leur point de vue.

Nous avons eu la chance de pouvoir découvrir le pays à moto. C’est non seulement un super moyen d’être libres, mais aussi de se rendre dans les zones moins visitées. Et naturellement, c’est là qu’on est le mieux accueillis.

Il faut savoir que le Cambodge est noyé sous l’afflux touristique. Deux millions de visiteurs arrivent chaque année. Alors forcément, le pays s’adapte. Chacun veut sa part du gâteau et ça semble bien normal. Dans l’esprit des locaux qui vivent dans les endroits les plus fréquentés, blanc = riche. Et puis, ils ne sont plus surpris ou intrigués, ils ont l’habitude.

Dans les endroits où les voyageurs vont rarement au contraire, on devient vite l’attraction du coin. Les enfants nous lancent des « hello » et des coucous, les adultes sourient à pleines dents et on peut remplir un restaurant juste par notre présence. Mais ça demande de s’éloigner des endroits fréquentés, et donc des endroits où on peut « faire » des trucs. Mais ça tombe bien ! Notre voyage commence justement à se roder et on savoure maintenant les ambiances plus que les activités. Comme Laurent du blog One-Chaï le dit dans son article « Partir en Inde seul par la route » :

Le nombre de visites de sites prétendument incontournables se réduit, et les journées passées sans réel objectif vont en s’accroissant. C’est ce que j’appelle, à tort ou à raison, voyager. L’ambiance du pays visité et ses habitants deviennent l’attraction numéro un.

Je pense qu’il s’agit ici de la condition pour apprécier le Cambodge. C’est ce que j’ai ressenti, en tous cas.

Pont Cambodgien

Un sud assez désagréable…

À l’inverse, c’est en restant dans les zones plus fréquentées que l’on peut voir le mauvais visage du Cambodge. Pour ma part, je n’ai pas du tout aimé le sud du pays, surtout Kampot et Kep. L’ambiance qui y règne est assez malsaine.

Il y a bien des touristes « normaux », qui veulent seulement découvrir le pays. Mais on y trouve aussi beaucoup d’expat’ et de jeunes qui piétinent et méprisent la culture locale. Drogue, alcool, nudité… Et arrogance. Mais le pire, c’est la prostitution. Personne ne semble s’en cacher. Les bars affichent des « Nice Girls inside » sur leurs devanture. Dans la rue, on croise des vieux blancs bedonnants qui se pavanent au bras de jeunes et jolies Cambodgiennes. Et Kampot est loin d’être le pire du Cambodge, j’en suis sure.

C’est ce que Benoît et Fabienne expliquent également dans leur article. Et je ne peux qu’approuver, même si personnellement je n’ai pas été témoins de la prostitution enfantine dont ils parlent. Je n’en doute cependant pas une seconde.

Les quartiers touristiques de Phnom Penh et de Siem Reap m’ont fait le même effet. On a l’impression d’assister à des relents de colonisation… C’est d’ailleurs pour ça que l’on n’a pas voulu se rendre à Sihanouk-ville. Le Cambodge est suffisamment vaste pour ne pas rester entre blancs, surtout avec ce genre d’ambiances…

Les temples d’Angkor valent le détour

À cause de son prix et de l’incroyable afflux touristique, nous avons faillit esquiver Angkor.

Il faut dire qu’en partant en voyage au long court, Max et moi nous sommes fait une promesse. Ce qu’on voulait, c’était vivre sur les routes, aller là où on le sentait et ne faire que ce qu’on voulait. Mais le piège dans ce genre de voyage, c’est de visiter tous les « incontournables » d’un pays. Il n’y a alors plus de place pour le reste.

Quand nous sommes arrivés au Cambodge, Angkor n’était pas une priorité. Moi j’en étais un peu curieuse, mais Max pas du tout. Puisque l’on devait passer par Siem Reap dans tous les cas, j’ai fini par le convaincre. Les avis en ligne étaient vraiment ditirembiques.

Et au final, c’était une très bonne chose, on en convient tout les deux. Ce lieu est incroyable. Encore plus si on arrive à éviter la foule, comme ça a été notre cas. Ne pas se sentir obligé de se rendre dans les lieux touristiques, c’est bien. Mais le mieux c’est de respecter ses envies et de satisfaire sa curiosité ! C’est notre nouvelle regle.

En tous cas si comme nous vous hésitez (même si on doit sûrement être un cas un peu isolé !), sachez que les temples d’Angkor valent vraiment le détour !

Les temples d'Angkor


Les moments forts

1. Nous perdre dans la jungle Cambodgienne à moto et découvrir des villages reculés de tout.

2. Admirer et prendre des photos des temples d’Angkor, qui n’usurpent vraiment pas leur réputation.

3. Scruter les eaux du Mékong à la recherche des dauphins de l’Irrawaddy, à Kratié.

4. Recevoir des sourires en cascade et des regards intrigués de la part des locaux des zones non touristiques.

5. Boire notre café frappé Cambodgien sur la moto en regardant les paysages défiler (le matin, l’après-midi on passait au jus de canne !).

Dans les rues de Phnom Penh


Budget d’un mois de voyage

On lit beaucoup en ligne que le Cambodge est le pays le plus cher d’Asie du Sud-Est. Même s’il reste très abordable pour les jeunes occidentaux, il est quand même réputé pour être le moins bon marché. Venant du Vietnam, on s’attendait donc à ce que notre budget journalier grimpe en flèche. Mais cette affirmation me semblait étrange, surtout quand on sait que le salaire moyen d’un Cambodgien tourne autour de 150$

Après un mois sur place, je crois avoir compris ce qui pousse les blogueurs et les voyageurs à tirer cette conclusion.

L’économie touristique

Le coût de la vie au Cambodge n’est pas plus élevé qu’au Vietnam ou au Laos. La seule différence, c’est qu’il y a un écart beaucoup plus important entre les prix des consommations locales et ceux des consommations pour touristes.

Le Cambodge cherche à tirer profit de son attrait touristique. Angkor est un bon exemple de ce choix. Le coût d’entrée à triplé en quelques années, grimpant ainsi à 37$ la journée. Il y a les prix pour les zones destinées à touristes, et les autres. Le manque de budget d’un côté et d’accessibilité de l’autre tend à rendre ces deux mondes un peu hermétiques.

Tous les prix de consommations courantes donnés par d’autres voyageurs étaient faux. Enfin, ils n’étaient pas faux, mais ils correspondaient à un environnement touristique. Seuls les Cambodgiens très riches peuvent se payer des plats à 4$. Il suffit de comparer avec le salaire local moyen pour se l’imaginer facilement. A notre échelle, c’est comme si on consommait des plats à 70 euros l’unité (petite règle de trois sur la base du salaire moyen Français, pour info 😉 ). Le Lok Lak et l’Amok en sont pour moi le parfait exemple : ce sont des plats qui ne sont pas consommés quotidiennement au Cambodge, mais les visiteurs ne mangent que ça parce que c’est ce qu’on leur propose dans les restaurants des guesthouses. Du coup l’addition s’en ressent (en plus de renforcer les inégalités…). Et si vous vous demandez ce qu’on mange, alors, au Cambodge, c’est ici !

Dans notre cas, nous mangions plutôt pour 4000-5000 riel par personne, soit moins d’un euro. Et ça fait une sacrée différence, pour un résultat tout aussi bon !

Plat Cambodgien

Le pays des dollars… mais pas tant que ça.

L’utilisation de la double monnaie Dollar-Riel vient renforcer ce phénomène. Dans les lieux touristiques, on nous parle en dollars, soit disant parce que c’est plus simple pour nous. C’est surtout parce que les prix subissent ainsi une inflation difficilement gérable : personne n’a de pièces de dollar, alors on arrondit à un billet vert et puis c’est bon. On peut nous rendre la monnaie en riel, mais globalement les prix restent très « arrondis »…

Arrivant à Kampot pour notre premier jour et voulant retirer de la monnaie locale à un ATM, on rencontre un expat’ et on lui demande comment faire pour retirer des riel puisque la machine ne donne que des dollars aux touristes : « You should withdraw dollars anyway. Everybody use them, in all the country! ». Encore un bel exemple de ce que je n’aime pas chez les expat’ qui vivent dans leur microcosme…

Parce que, non, tout le pays n’utilise clairement pas des dollars. Bien vite en filant sur les routes on s’est rendus compte sinon de l’inutilité de nos billets verts, au moins de leur vacuité. Va payer en dollars à Veal Veng, tiens !

Cette dualité créé un Cambodge a deux vitesses : ceux qui parlent en riel et ceux qui raisonnent et collectent des dollars. Ceux qui ont su profiter de l’afflux des touristes et les autres, en somme. Sauf que justement, nous on aime rencontrer les autres. On s’est donc rendus à la banque et avons demandé à ce qu’on nous change nos billets verts. Hop, hop, hop.

Au final, on ne payait jamais rien en dollars, à part les nuits d’hôtel. Ça se comprend déjà mieux puisque la somme est plus élevée que pour un plat. C’était notre rébellion à nous !

Notre budget final

On s’est donc vite rendus compte que l’on pouvait rester sur la même base que notre budget du Vietnam : environ 10 euros par jour et par personne. Ceci inclut : nos VISA, une arnaque pour la réparation de la moto (à 50$ quand même !!), les temples d’Angkor pour deux et le tour en bateau pour voir les dauphins de Kratié. Nous vivions donc globalement avec 6-7 euros par jour chacun (pour dormir, manger, entretenir la moto et mettre de l’essence). A ce prix, pouvons-nous dire que le Cambodge n’est pas abordable ?

On n’a évidemment pas fait de folies. J’ai goûté une fois du Lok Lak et une fois de l’Amok. Parfois on sautait un repas, parce qu’il faisait chaud et qu’on n’avait pas faim. En revanche on s’est bien lâchés sur les boissons ! Passion Soda, Tuk-a-Lok, jus de canne et autre café Cambodgien rythmaient nos journées. Ahhh, ça me manque rien que de l’écrire…

Le fait que l’on voyage à moto a aussi bien réduit la facture, les transports Cambodgiens pour touristes n’échappant pas à la règle des prix gonflés…

Pour résumer, voici la synthèse de notre budget pour 27 jours de voyage au Cambodge :

Budget Cambodge

Pour information, le budget moyen donné par a-contresens pour le Cambodge est de 23 euros par jour et par personne. Je pense que la moyenne est gonflée par les jeunes qui viennent profiter des plages et qui consomment pas mal (notamment des bières). Il est donc facile de faire moins si besoin !



Le Cambodge a donc su nous charmer. On a eu l’impression d’en avoir un bon aperçu, même si un mois reste très peu pour connaître vraiment un pays. À l’instar de la Birmanie, j’en retiendrais les sourires qui nous ont été offerts. Je les emporte avec nous pour la suite de notre road trip à moto en Asie du Sud-est. Prochaine destination : le Laos !

Max dans le Mékong avec des enfants Cambodgiens

7 réflexions au sujet de « Bye-bye Cambodge ! [Itinéraire et budget d’un mois de voyage à moto] »

  1. Un grand merci pour la référence à mon article. Vous avez sans doute fait le bon choix, la moto doit en effet être un très bon choix aujourd’hui, car elle permet de sortir bien plus facilement des autoroutes à touristes. Trop de tourisme dénature en effet énormément les relations avec les personnes rencontrées. Il y a toujours autant de gens sympas et honnêtes, sauf qu’on ne les voit plus, car on n’est plus que confronté aux arnaqueurs présents de fait de cette affluence et qui nous tombent dessus à longueur de journée.
    Bon voyage, profitez bien 🙂

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