Koh Kong, quand le Cambodge se met à nous charmer

Lou dans les mangroves de Koh Kong

Je l’avais écrit précédemment : notre arrivée à Kampot et à Kep nous avait laissés un peu sceptiques. Très jolies bourgades, mais extrêmement touristiques et aux ambiances étranges. Il faut dire que nous venions de quitter le Vietnam à regret, et il est toujours un peu délicat de se ré-acclimater dans un nouveau pays quand on songe encore à l’ancien. Mais Koh Kong nous a fait

La suite logique de notre voyage aurait été d’aller à Sihanouk-Ville, la cité balnéaire située à l’ouest du pays. Mais vu notre état d’esprit, nous savions d’avance que ça ne nous conviendrait pas. On avait besoin de voir le Cambodge, le modeste, le discret, celui des campagnes et des villes qui n’ont aucun argument à faire valoir pour apparaître dans les guides touristiques.

C’est donc tout naturellement que l’on a décidé de se perdre au hasard des chemins. On n’a alors qu’un objectif à moyen terme : arriver à Battambang, la deuxième plus grosse ville du pays. Et ce fut la meilleure (bien que clairement pas de tout repos) décision que l’on ai prise jusque là !

Mais reprenons dans l’ordre.

Après quatre jours à Kampot, nous partons donc en direction de l’Est. La journée de moto qui suit n’est certainement pas l’une des meilleures que l’on ai vécu : on passe une bonne partie du temps sur la nationale où on se fait frôler en permanence par les camions qui transportent leurs marchandises d’une ville à une autre (payés à la course et non à l’heure… d’où leur vitesse). Ils passent tellement près et vite (et ce dans les deux sens) que le vent qu’ils dégagent nous pousse à chaque fois sur le bord de route, pas loin du fossé. Ce n’est pas vraiment reposant ou agréable.

Nous finissons la journée dans un village choisi au hasard, Botum Sakor. Là encore, l’ambiance est très étrange. C’est extrêmement sale, tout est gris, et bizarrement les gens sont très peu accueillants. Une vieille dame veut nous louer une chambre complètement décrépie pour 6 dollars. On essaie de négocier un peu, juste pour savoir quel serait le vrai prix, mais elle refuse d’accepter moins. C’est plus que tout ce que l’on a payé depuis 2 mois et c’est l’endroit le plus sale que l’on ai vu. On part et on trouve finalement une autre chambre un peu plus propre pour 5 dollars.

S’en suit une coupure d’électricité générale, et quand Max sort pour chercher à manger plus personne accepte de lui servir quoi que ce soit (probablement à cause du manque de lumière… mystère). Une vieille dame lui vendra un peu de riz et de porc qui nous permettra de manger quand même un peu. Vu que notre dernier repas date de la veille, c’est pas du luxe.

Après une nuit dans des draps pas jo-jo à se faire piquer par des trucs que l’on ne souhaite même pas identifier (et encore, les lézards asiatiques ont bien fait le ménage pendant la nuit !), on reprend la moto pour une nouvelle journée de route. Cette fois notre objectif est Koh Kong, une petite ville proche de la frontière Thaïlandaise.

La route est bien plus calme que la veille : tellement calme en fait que l’on ne rencontre quasiment personne. La vue est très belle et reposante. On traverse des fleuves, des villages, des forêts, des plantations d’ananas et de mangues, des palmiers… Et c’est pendant une pause-photo sur un beau panorama que l’on entend un gros « PAF ». On regarde le sol, puis la moto : le cache de protection du moteur a littéralement explosé. Il y a un gros bout de fer fumant sur le goudron.

En soi, la moto redémarre et roule mais un mélange d’essence et d’huile coule en permanence sur les pieds de Max. Comme on est à 25 km de notre destination, on décide d’avancer tout doucement, petit à petit. C’est pas bien probant, surtout dans les montées…

A peine dix minutes de galère comme ça plus tard, deux motards s’arrêtent. Il s’agit de Raphaël et Robert, deux frères Allemand qui voyagent dans le pays avec des moto Vietnamiennes, comme nous. Solidarité oblige, on cherche une solution pour nous amener chez un mécano. Je grimpe donc derrière Robert (sur les 10 centimètres de selle qu’il y a de disponible puisque son porte-bagage est cassé) et Max se fait traîner par Raphaël à l’aide d’une corde et d’un bout de bois. C’était un trajet épique mais tellement marrant…! Enfin, surtout pour moi, parce que pendant que je fais la discussion à Robert (avec un cours de français express), Max, lui, doit tenir le poids de notre moto et de nos sacs à bout de bras.

Max et les Allemands à Koh Kong

N’empêche que ça marche, et une heure plus tard on arrive à Koh Kong. J’apprécie tout de suite l’endroit. C’est coloré, plutôt propre (relativement) et il y a des restaurants locaux qui côtoient ceux pour expat’ un peu partout. A ma grande surprise, on croise des touristes de temps en temps. Je me demande alors comment ils sont arrivés jusqu’ici…

La ville de Koh Kong

Après avoir trouvé une guesthouse pour la nuit (notre première chambre PROPRE au Cambodge !), on rejoint les deux frères chez le mécano. Celui-ci nous répare vite-fait notre soucis, Robert en profite pour installer un nouveau porte-bagage, et on part tous les quatre manger au restaurant.

C’est notre premier restaurant « pour touriste » du voyage, alors je goûte enfin le fameux boeuf Lok Lak Cambodgien. On passe une partie de l’après-midi à discuter avec deux expat’ anglais assis à côté de nous. Ils nous expliquent que les voyageurs traversent la frontière Thaïlandaise dans la région, ce qui répond à mes interrogations précédentes. D’ailleurs, les prix au supermarché sont indiqués en Bhat, la monnaie Thaïlandaise. On échange aussi sur la route que l’on souhaite emprunter pour la suite de notre voyage, et ils nous mettent en garde : il faut y aller uniquement si il n’a pas plu pendant plusieurs jours d’affilée, sinon on va s’enliser dans la boue. En tous cas, il faut partir tôt le matin. Bien qu’il soit déjà 16h, Robert et Raphaël décident de continuer quand même : ils ont une tente et camperont dans la jungle à la tombée de la nuit.

Nos chemins se séparent donc, et ce qui devait être une escale d’une nuit se transformera, pour Max et moi, en trois jours de découverte de la région. En se baladant aux alentours, on est tombés sur pleins d’endroits très jolis et agréables. Voici un résumé :


Le pont de bois en suspension de Koh Kong

Alors que nous cherchions la plage que nous avait indiqué l’un des anglais rencontrés au restaurant, nous tombons sur un petit sentier qui traverse des mangroves et qui part en direction de la mer. On tente le coup, et on fini par arriver à un cul-de-sac. Il n’y a pas de plage, mais on tombe sur un long ponton en bois aussi instable que mignon. Il en faut pas plus pour qu’on en fasse un défi personnel. A environ un mètre du sol, il traverse la plage et nous amène jusque dans la mer. J’ai adoré l’escalader ! On y est resté un moment, à regarder les poissons dans l’eau, les têtards et les crabes. Les erreurs de chemin sont toujours les meilleurs !

Max en moto à Koh Kong

Lou sur le pont suspendu

Le pont suspendu dans la mer de Koh Kong

Le pont suspendu et Lou


La plage de Koh Kong

Après notre détour par le ponton, on arrive finalement à la plage que l’on cherchait. La baignade c’est définitivement pas notre truc, et de toutes façons l’eau est aussi chaude que l’air. Par contre, on va passer un moment à écrire « Maxylou » avec des coquillages. De vrais gamins… !

Plage de Koh Kong et maisonnette

La plage de Koh Kong

La plage de Koh Kong


Les mangroves

Le lendemain, nous décidons d’aller visiter les mangroves, indiquées sur internet comme une activité à faire dans le coin. On gare notre moto, on paye notre dollar de ticket et on entre dans la forêt. C’est un endroit assez impressionnant, avec cette eau stagnante, la vie qui grouille un peu partout et les arbres qui sortent de l’eau avec toutes leurs racines.

On ne croise que des locaux pendant la balade. Ils nous disent tous bonjour en nous lançant des grands sourires… Ahh, le Cambodge… <3

L’ambiance est juste un peu gâchée par les magasins de jouets en plastiques et d’objets en tous genres qui sont installés au milieu de la zone. Les restaurants ont aussi tendance (habitude Cambodgienne) à mettre de la musique à fond. Ça faisait longtemps qu’on avait pas écouté Ed Sheeran, tiens… Ça colle pas beaucoup avec l’ambiance « nature », mais c’est quand même une chouette découverte.

Les mangroves de Koh Kong

Max dans les mangroves

Lou dans les mangroves

Max et Lou dans les mangroves de Koh Kong


La cascade Ta Taï

Située à une vingtaine de kilomètres de la ville, la cascade Ta Taï est le lieu idéal pour une sortie familiale dans la région. Les Cambodgiens viennent ici pour se rafraîchir dans l’eau claire et se faire masser par les courants.

On s’agace un peu en arrivant de devoir payer un dollar pour y accéder. Comme d’habitude, un mec a installé une cabane en bois qui sert de péage pour une ressource naturelle gratuite et exige que l’on paye pour passer. Si au moins il se servait de cet argent pour prendre soin de la zone… mais non, les déchets jonchent le sol, malgré les quelques panneaux de mise en garde. Au moins les mangroves étaient réellement propres et on trouvait des poubelles tous les dix mètres.

Cela dit, la cascade reste magnifique. L’ambiance est super : il y a des enfants qui s’éclatent comme jamais (sans trop de surveillance, ce qui me stresse toujours un peu !), des ados qui font des plongeons un peu plus bas, et les adultes qui profitent des remous. On les rejoins rapidement. J’hésite à me mettre en maillot de bain, puisque les Cambodgiennes se baignent toutes habillées (jean compris). Après réflexion, je remets mon t-shirt et décide de me baigner avec. Ça ne change pas grand chose puisqu’il devient alors complètement transparent, mais au moins je me sens un peu plus respectueuse de la culture.

C’est super de se baigner dans de l’eau douce. L’eau a la température idéale et Max arrive ENFIN à trouver un peu de fraîcheur. On va donc passer le reste de l’après-midi là avant de rentrer en ville.

La cascade Ta Taï

Les Cambodgiens à la cascade Ta Taï

Famille Cambodgienne qui se baigne dans la cascade

Max à la cascade Ta Taï

Lax et Lou à la cascade Ta Taï

Cascade Ta Tai


Une jolie surprise

En définitive, Koh Kong nous a vraiment plu. On n’en attendait rien, et c’est surement ça qui lui a donné tout son charme. Et puis notre arrivée à quatre dans la ville est un super souvenir !

Mais passés ces moments « reposants », l’aventure avec un grand « A » a commencée : la traversée de la jungle à moto sur les « routes de l’impossible » jusqu’aux villages parmi les plus isolés du Cambodge. A ce jour je n’ai rien vécu de plus éprouvant et de plus dingue. Mais ça, c’est une autre histoire… (je tease à mort !)

Panneau de Koh Kong


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

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