L’ascension du vertigineux Preikestolen

stavangerSi nous avions décidé de descendre jusqu’à Stavanger, c’est en grande partie pour faire la randonnée du Preikestolen. Et ce fut vraiment un moment très fort de notre voyage, que nous allons raconter ici !

Le Preikestolen est une falaise de 604 mètres de haut. Sa particularité est qu’elle donne accès à un point de vue incroyable sur un fjord norvégien. Mais la vue se mérite, puisqu’il faut d’abord effectuer la randonnée de 3,8 km. Ça ne parait pas beaucoup, mais le dénivelé est important et le chemin est loin d’être régulier, ce qui augmente considérablement le temps à prévoir pour arriver au sommet.

D’autant plus que selon la saison il peut y avoir beaucoup de monde à la queue-leu-leu. Heureusement, nous y étions en septembre (juste à la fin des vacances des touristes) et nous étions donc relativement peinards. 

Pour se rendre sur les lieux, il faut prendre un pass incluant un trajet en bateau de Stavanger à Tau et le bus jusqu’à la falaise, ainsi que le voyage de retour. Il faut compter deux heures de transport au total. C’est donc une activité qui prend une bonne journée.

Une fois sur place, on prend la photo classique du point de départ, et c’est parti pour l’ascension !

Il ne fait pas hyper beau ce jour-là, mais nous sommes super motivés ! Le début est un sentier de randonnée assez classique mais le chemin se transforme vite en gros rochers qui nécessitent de faire des sauts de l’un à l’autre. C’est plutôt physique (même s’il y a toujours des petits malins pour le faire en courant !).

Au bout d’une heure trente (mais prévoir facilement le double si on est très peu sportif ou accompagné d’enfants ou de personnes âgées), on arrive au sommet. 

Malgré la grisaille, la vue est impressionnante. Toute la vallée se dessine sous nos yeux. 

Cela dit, nous sommes tétanisés. On est à quelques mètres du bord de la falaise qui tombe à pic à 600 mètres en dessous de nous, et le chemin (glissant et escarpé) n’est pas du tout sécurisé. On fait attention à chaque pas. Mes jambes tremblent complètement, mais ce n’est pas le cas de tout le monde : certains s’assoient au bord du vide, d’autres se penchent pour faire un selfy… Très peu pour moi !

Voila ce que ça donne, vu de l’autre côté :

Finalement, le ciel devient de plus en plus nuageux et une averse nous tombe dessus. Mais nous connaissons le temps norvégien maintenant, et nous nous armons de patience pour revoir le soleil. Banco ! 10 minutes plus tard, la vue est à nouveau partiellement dégagée.

Nous redescendons après quelques photos et arrivons en bas une heure plus tard, bien épuisés (et dégueu’) mais contents !

En rentrant, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à ce vide et aux gens qui se penchaient au dessus, parfois avec leur enfant dans les bras… On est peut-être des trouillards, mais la roche est irrégulière et humide, et on se dit qu’il doit y avoir pleins d’accidents lorsque les gens arrivent par centaines !

Alors on fait un petit tour sur internet pour en savoir plus. Et, surprise !, on découvre qu’en réalité il n’y a eu aucun accident avéré, seulement quelques cas de suicides. De grands débats ont eu lieu en Norvège pour savoir s’il fallait sécuriser la zone, à l’aide de barrières notamment. Mais cette idée a été rejetée pour une raison très simple : en plus du fait que cela gâcherait le paysage, l’ajout de barrière inciterait probablement les visiteurs à être imprudents (les escalader par exemple, dans le but de faire une jolie photo). En plus, les norvégiens ont un rapport très particulier à la nature : contrairement à nous, ils sont habitués à être à son contact et ont appris dès leur plus jeune âge à la respecter et à la craindre. Pour eux, ce n’est donc pas à la nature de s’adapter à l’homme, mais l’inverse.

Prekestolen nous a donc permis de comprendre et de vivre cet aspect de la culture norvégienne. Et je suis d’accord avec eux : à 600 mètres au dessus du vide, on fait pas les malins.

Ce fut notre dernier jour en Scandinavie. Nous repartons le lendemain par un avion faisant Stavanger-Oslo puis Oslo-Paris. Nous sommes à la fois tristes de rentrer, mais aussi ravis à l’idée de retrouver notre lit et de pouvoir se reposer un peu, des souvenirs plein la tête !

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