La côte caraïbe : Barranquilla et ses environs

baranquillaAprès avoir vadrouillé dans le sud et le centre de la Colombie avec Nath, je rejoins John, mon ami colombien rencontré pendant nos études à Chicago, qui se propose de me faire visiter le nord du pays.

John est originaire de Manizales, dans la région de café, mais il vit et travaille sur la côte caraïbe depuis deux ans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas fan de la région. Et je comprends vite pourquoi : ici, contrairement aux autres endroits que j’ai visité depuis le début de mon voyage, on se sent souvent oppressé. Par la chaleur, d’abord, parce que le temps est souvent lourd et les températures élevées. Mais aussi par les différentes attitudes des locaux, qui m’ont donné une impression étrange.

J’ai « erré » plusieurs fois dans les rues ou gares colombiennes du centre du pays, et en voyant ma tête de touriste perdue, il y avait toujours un ou une colombienne pour me venir spontanément en aide. Notamment la fois où un policier m’a prise par la main pour m’emmener au guichet que je cherchais, pour ensuite expliquer à la dame ce que je voulais (puisque je parlais très mal espagnol). J’étais impressionnée, on peut dire que ça change de Paris ! Mais dans le nord, les rapports étaient très différents

Je ne sais pas si c’était spécifique au contexte de ma venue, le fait que John lui-même n’était pas convaincu par l’endroit ou tout simplement parce que le tourisme est ici beaucoup plus développé. Mais quoiqu’il en soit, les locaux ont été bien moins chaleureux. On nous demande de l’argent pour tout, et pas seulement aux touristes : par exemple, un mec passe tous les mercredi dans les maisons du quartier de John pour demander une taxe qui est sensée payer la sécurité des appartements. La réalité c’est que ça n’a aucune valeur et qu’ils ne font rien de spécial. Sur la mini-facture qu’ils donnent en échange de l’argent, il est même indiqué que s’il arrive quoi que ce soit à leur appartement, ils ne peuvent pas être tenus pour responsables et ils ne feront rien en échange. Mais culturellement, tout le monde se doit de payer, ce qui exaspère John plus que tout.

On a aussi dû payer un flic qui nous demandait de l’argent pour pouvoir utiliser la route qui amène à Carthagène. On donne de l’argent à chaque fois que l’on se gare, même sur une place payante. Tout doit être négocié, et tout dépend de la couleur que l’on a. 

En effet, dans le nord les habitants ont la peau bien plus foncée (que John et moi). Pour avoir des prix « normaux » nous devions envoyer le petit frère de la copine de John négocier à notre place. C’est normal qu’à la longue cette ambiance lui pèse. 

Mais à part l’ambiance générale, j’ai passé un super moment avec John ! Pour le premier jour, nous avons pris sa voiture et sommes partis visiter les environs de Barranquilla.

Le premier arrêt a été une voie ferrée au nord de la ville. Cette voie a la particularité de mener au lieu où se rencontrent les eaux de la mer caraïbe et du rio Magdalena. C’est étrange parce que l’endroit est magnifique (les deux eaux ne se mélangent pas et on peut voir d’un côté ou de l’autre deux teintes différentes : une très bleue et une plus verte), mais semble complètement à l’abandon. On y va à pied (on marche deux petites heures) mais le bout de l’allée commence à ressembler à un dépotoir. On fait donc demi-tour.

Après une pause repas bien méritée, on repart pour une plage située de l’autre côté de la ville. Il s’y trouve un château (qui est fermé pour la journée) et on fini par discuter tranquillement les pieds dans l’eau. 

Le lendemain, nous nous rendons à un volcan local. C’est encore un endroit un peu étrange : nous sommes les seuls à venir visiter, le village est reculé et il y a des chiens errants un peu partout. Apparemment, au sommet du volcan se trouve un bain de boue, mais nous n’avons pas envie de nous salir dès le matin. Nous ne nous attardons pas et partons pour Carthagène.

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