Tournage de film Boolywood, filets de pêche chinois et communisme à Fort Kochi

KochiAprès les montagnes du Kerala, nous sommes descendus pour un passage obligé à Kochi, la plus grande ville de l’état.

Appelée « Cochin » jusqu’en 1995, cette ville indienne de plus de 600 000 habitants a été d’abord colonisée par les hollandais, puis par les anglais. Naturellement, c’est son architecture coloniale et son ambiance qui en fait une destination de choix pour les touristes internationaux.

Ceci est d’ailleurs surtout vrai pour Fort Kochi, la péninsule de la ville. En effet, Kochi se divise en trois zones :

  • Fort Kochi, la péninsule coloniale très touristique
  • Enrnakulam, la grosse partie de la ville étant sur la terre ferme (et d’où nous sommes arrivés)
  • Willington, qui est aussi une île et sur laquelle nous ne sommes pas allés.

Nous avons passé trois jours à Fort Kochi. En soi, il n’y a pas énormément de choses à faire, mais nous nous y sentions bien.

Les prix des hôtels étaient très impressionnants pour leur qualité, surtout comparés à ceux de Munnar. Pour 500 roupies (6,60 euros) à deux, nous avions une petite chambre privée propre en plein cœur de l’île, avec un hôte très sympa. Dans la même rue se trouvait un super restaurant local qui est vite devenu notre QG : le patron est un jeune indien qui propose des plats hyper bons pour quelques dizaines de roupies : parrotas le matin, tiffin le midi, dosas le soir, et bien sûr Chai Tea, le tout toujours préparé sous nos yeux par les chefs. J’aimais bien regarder l’agitation dans le resto : il y avait toujours du monde, dehors ou dedans. Je recommande donc le Sanitha Hotel (c’est le nom du restaurant, pas de l’hôtel) !

Du coup, nous n’avons pas forcément fait beaucoup de choses à Kochi : nous avons mangé, dormi et beaucoup marché/erré dans la ville.

C’est comme ça que l’on est passés devant le QG du parti communiste de Kochi. Et oui, le Kerala est le seul état indien communiste (indien, catholique et communiste, on dirait que le Kerala a tiré des adjectifs au hasard) ! On trouve des drapeaux du partis absolument partout dans les rues, et on verra plus tard que c’est bien une constante dans tout l’état. Ça parait dingue quand on y pense, parce que le système de caste indienne est justement à l’opposé du communisme…

L’ambiance de Kochi est globalement très particulière pour nous, qui sommes déjà en Inde depuis un quelques semaines. C’était la première fois que nous voyions autant de blancs dans le pays : nous nous attendions donc à être harcelés par les tuk-tuks et les magasins… et c’était pas faux, mais pas tout à fait vrai non plus. 

Les zones touristiques de Fort Kochi sont pleines d’appâts à touristes, de boutiques de souvenirs, de spots à photos, de chauffeurs de tuk-tuk vraiment très insistants (une première pour nous dans le pays !), et de magouilles pour nous faire dépenser. Mais dès qu’on s’en éloigne un peu, on retrouve l’ambiance indienne que nous aimons, les regards qui nous fixent en moins. Ben oui, ici on se fond plus facilement dans le décors. Même si on nous a quand même encore demandé des selfies (il va vraiment falloir qu’on m’explique…), on passe plutôt incognito et ça fait du bien. Il faut juste vraiment insister auprès de tous les chauffeurs sur le fait que l’on souhaite marcher (« non mais là vous aurez rien pendant trois kilomètres ! », oui, c’est justement ça qu’on cherche !).

Il règne sinon à Kochi un calme très caractéristique du Kerala. La nuit, c’est même un peu trop calme ! Cela dit, vers 17-18h les familles et les voyageurs se regroupent au bord de la plage pour regarder le coucher de soleil et c’est un moment très vivant.

C’est même en nous promenant dans cette zone que nous sommes tombés en plein tournage de film bollywood. C’était assez impressionnant et marrant à voir ! Par contre, je ne suis pas sûre que je paierais une place de ciné pour voir le film sur grand écran…

Côté attractions touristiques, les plus importantes sont bien sûr les filets de pêche chinois. Importés par la Chine (d’où leur nom), ces gros filets sont plongé dans la mer pendant la nuit. Une lampe est placée sous l’eau pour attirer les poissons, qui se prennent dedans. Le matin, les pêcheurs relèvent les filets grâce à un système de poulie, ce qui nécessite la force d’au moins quatre hommes. 

Autant dire que vus leur efficacité et leur rendement, ces filets ne sont plus réellement utilisés pour pêcher. Ils sont néanmoins toujours en fonction à Fort Kochi pour plaire aux touristes. Et en effet, c’est très photogénique, surtout quand le ciel change de couleur. Ils sont devenus le symbole de la ville.

Dans le coin se trouvent également une rangée de vendeur de poissons frais, et juste en face, des restaurants qui se proposent de les cuisiner (le monde est bien fait !).

Nous avons d’abord bien été tentés par l’idée. Puis nous nous sommes demandé à quel point il s’agissait d’un attrape-touriste… Un petit check sur internet nous a apporté la réponse. Même si personne n’a jamais affirmé implicitement le contraire, les poissons vendus ici ne proviennent pas de la mer d’à-côté, et encore moins des filets chinois. Ce n’est donc pas forcément une garantie de fraîcheur ou d’authenticité… Sans parler des prix des restaurants, qui se calent bien sur le pouvoir d’achat des touristes. Nous avons donc préféré nous abstenir et manger du curry au poisson chez notre restaurant fétiche !

Après trois jours passés ici, nous nous motivons à bouger pour visiter un peu plus le Kerala avant la date fatidique de la fin de notre visa : nous nous rendons donc à Allepey (ou plutôt, Alappuzha) pour visiter les backwaters !


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

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