Journée compliquée à la playa blanca…

cartageneMon deuxième jour dans le nord de la Colombie fut très spécial

John avait décidé de nous emmener, son beau-frère, sa belle-soeur et moi, à la playa blanca. Il s’agit de la plage la plus touristique des alentours de Carthagène, réputée pour son sable blanc et ses palmiers.

Nous y étions en avril, ce qui fait que nous avons eu la chance (relative, vu la suite des événements…) d’avoir de l’espace et de ne pas se baigner dans une foule de touristes. Quand je compare avec les photos sur internet, je comprends la déception des autres voyageurs…

Mais même si la plage est effectivement très jolie, je n’en garde pas un bon souvenir.

C’est clairement l’un des lieux les plus touristiques que j’ai pu voir en Colombie, et ça se sent. On nous harcèle toutes les deux secondes pour nous vendre absolument tout (une place de parking, une chaise en plastique, un tour de jet-ski, de la bouffe, des boissons, des chapeaux, des souvenirs)…

Et puis mon instinct de voyageuse est en pleine effervescence et je ne suis absolument pas détendue. L’endroit n’est pas rassurant, sans que je ne sache réellement pourquoi. L’eau est bonne pourtant, mais je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter pour mes affaires, laissées à la surveillance (rémunérée) d’un mec sur la plage, qui n’a pas l’air de faire très attention. Je n’oublie pas que dans mon sac se trouve mon passeport, mes cartes bancaires et mon téléphone. Tout ce que je possède et qui me permet de rentrer chez moi, quoi. Donc le fait que le mec parte boire des coups en laissant nos affaires au milieu de la plage ne me rend pas vraiment zen, et je trouve qu’il y a beaucoup de personnes « louches » qui ont l’air de ne rien faire et qui observent beaucoup autour d’eux.

On passe quelques heures sur la plage et on fini même par accepter de faire un tour de Jet-Ski, ce qui était assez marrant.

Mais quand le beau-frère de John nous parle d’une crique qui se trouve au bout de la plage et qu’il nous propose de nous y rendre, je suis encore moins rassurée. J’hésite alors à prendre toutes mes affaires avec moi. Mais je suis en maillot, et mon sac est assez volumineux… Et j’ai peur de tomber dans l’eau. Puis ce sont la belle-sœur et le beau-frère de John qui se chargent de faire les photos depuis le début de la journée (moi je sers de modèle à Daniela, qui veut devenir photographe !), alors je n’ai pas besoin de mon téléphone. Donc je laisse tout.

On arrive au bout de la plage et je suis encore moins rassurée. Avec le recul, je sais ce qui m’a alertée : dans l’eau, à quelques mètres de la plage et de la crique, je vois plusieurs jeunes colombiens qui n’ont clairement pas le profil de touristes en vacances et qui nous observent un peu trop. En fait, ils sont tous postés à des endroits différents : un sur la plage, un à l’entrée de la crique, et un dans l’eau (ce qui lui permet de voir la crique ET la plage).

Mais sur le coup, je fais l’erreur idiote de ne pas écouter mon instinct, et je suis John et les autres à l’intérieur de la grotte. Ils sont colombiens, alors je me dis qu’ils savent ce qu’ils font.

De l’intérieur de la grotte, je vois toujours le colombien dans l’eau, qui alterne son regard entre nous et la plage (où j’imagine que se trouvent ses potes). On reste un moment, parce que le beau-frère et la belle-sœur de John font des essais de photos avec leurs téléphones, mais je me sens de plus en plus mal. John le remarque, et me demande ce qu’il y a. Je lui explique que je ne sens pas la situation, qu’il y a un truc louche, et que je ne suis pas rassurée d’avoir laissé mes affaires sur la plage. On décide donc d’y retourner.

J’ouvre donc la marche et sors de la grotte. Mais les trois colombiens que j’ai vu tout à l’heure sont en face de moi et commencent à me pousser. Ils nous gueulent dessus en espagnol en nous montrant un gros couteau caché sous une serviette de plage. Au début, je ne comprends pas bien (et j’avais surtout pas vu le couteau) et je refuse de bouger. Puis ils passent derrière moi et arrachent les téléphones des mains de nos deux photographes en herbe. 

Daniela se met immédiatement à pleurer et à les supplier, mais évidemment ils n’écoutent pas. Ils essaient de nous fouiller, John et moi, mais nous sommes en maillot et je n’ai rien sur moi (j’ai tout laissé sur la plage, remember?). Puis ils nous disent de rentrer dans la grotte et de rester là le temps qu’ils s’en aillent.

Sur le coup, je ne veux pas bouger. Un des mecs commence à me pousser, alors je lui gueule dessus en anglais. Ca me rend folle de les laisser partir comme ça. Mais John me parle calmement et me dit de le rejoindre et de ne pas m’énerver (sage décision). J’obéis.

Au final, les mecs sont partis et nous avons écourté notre journée. J’ai filé récupérer mes affaires et j’ai bien été rassurée de serrer mon passeport contre moi ! Mais pour Daniela, la perte de son téléphone est très dur à encaisser… Elle vient d’une famille pauvre de Colombie et avait économisé des mois pour se l’offrir. Toutes ses photos pour son concours de photographie se trouvaient dessus…

Sur la plage, on alerte les locaux, mais on nous répond que nous aurions dû nous répliquer : « c’était probablement des drogués, ils ne savent pas se battre, vous n’auriez pas du céder ! ». Mais je sais qu’on a eu raison. Un téléphone ne vaut pas le risque de se faire poignarder.

Du coup, on a perdu toutes les photos de la journée (toutes nos poses marrantes et nos courses de jet-ski 🙁 ), sauf les rares que j’avais prises moi-même… 

La playa banca, même en temps normal, ça ne vaut pas le coup.

Note : Le plus touchant dans tout ça, c’est que la belle-famille de John n’a pas arrêté de s’inquiéter pour moi depuis ce moment : « Mais elle va croire que la Colombie c’est ça ! Il ne faut pas qu’elle ai peur ! ». Je suis allée chez eux plusieurs fois pour leur montrer que j’allais bien et ils m’ont même fabriqué un bracelet en perles aux couleurs du drapeau colombien. Ils sont adorables.

Je n’ai pas peur. C’était un événement isolé, qui n’a pas eu de conséquences dramatiques, et je n’avais pas écouté mon instinct. Ce n’est certainement pas ce souvenir qui marquera mon voyage !

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