Vous reprendrez bien une petite tasse de thé de Munnar ?

munnarAprès nos aventures à Chennai (et la fête de Diwali que nous avons passée là-bas le temps de vendre la moto), nous sommes partis vers le Kerala pour passer nos dernières semaines en Inde. 

Le Kerala est la région du sud-ouest de l’Inde, qui se partage la pointe du pays avec le Tamil Nadu. Les deux régions ont des points communs (comme la nourriture notamment) mais les deux ambiances sont quand même très différentes. Le Tamil Nadu (où je venais de passer trois semaines) a un côté plus « authentique » et dépaysant, tandis que le Kerala attire beaucoup plus les touristes étrangers grâce à ses réserves naturelles, ses plantations de thé, ses canaux, ses plages ou ses villes bien plus propres que celles de la région voisine. Il règne au Kerala un calme tout relatif mais appréciable lorsque l’on a passé du temps dans le reste de l’Inde.

Nous avions donc décidé de finir notre voyage dans cette région afin de profiter de la nature indienne. Et venant de Chennai, nous avons décidé que notre première étape serait Munnar.

Munnar est une petite ville de montagne qui est connue dans le pays (et dans le monde) pour ses cultures de thé. Ca nous promettait de magnifiques paysages et un peu de fraîcheur (que Max réclamait depuis des semaines).

De Chennai, nous avons donc pris un bus de nuit. Nous avons été surpris par le confort, sur lequel nous ne comptions pas : on a passé la nuit sur un petit lit double en hauteur, duquel nous pouvions voir ce qu’il se passait à l’extérieur. Le temps de quitter la pollution de la ville et nous étions (presque) comme chez nous !

Le bus était sensé arriver à 6h, mais comme tout bon bus indien, nous avons deux heures de retard quand nous arrivons à Munnar. Ça ne peut pas tomber mieux : on a le temps de dormir encore un peu et de regarder les magnifiques paysages qui se dessinent sous nos yeux.

J’avais beau avoir visité les plantations de thé de Nuwara Eliya au Sri Lanka le mois précédent, je n’avais pas vu des paysages aussi impressionnants que ça. Peu importe où nous regardons, les plantations de thé habillent les montagnes d’un vert vif à perte de vue.

L’effet est encore plus marquant par le fait que nous nous trouvons alors dans un bus conduit par un chauffeur indien. Comme à leurs habitudes, il slalome comme un fou dans les virages, sauf que cette fois nous sommes à flan de falaise… très rassurant !

Nous sentons tout de suite la différence de climat : exit la chaleur étouffante et la pollution indienne, nous savourons l’air frais et le vent de montagne !

Comme on se sent bien et que le check-in de l’hôtel que nous avons réservé ne peut se faire avant 14h, on se dit qu’on s’y rendrait bien à pied. Nous faisons un petit check sur Google : 23 kilomètres nous séparent de l’hôtel. Ca se fait ! On ajuste donc nos sacs et s’organise une petite rando improvisée.

Et pour le coup, c’était vraiment une bonne idée ! En quelques minutes, nous nous éloignons de la petite ville de Munnar et nous nous retrouvons au milieu des plantations de thé. 

Les premières heures de la rando sont justes incroyables. Nous sommes les seuls sur le chemin : nous croisons seulement quelques locaux qui travaillent sur les routes ou dans les plantations et qui s’empressent de venir nous parler. Les rares voitures et motos qui passent nous font des grands signes de bienvenue. Autant j’étais habituée à la chaleur humaine indienne, autant là nous avions atteint un autre niveau. Welcome in Kerala!

Au bout de quatre heures de marche, nous commençons à fatiguer un peu. D’autant que les magnifiques paysages que nous avions jusqu’ici disparaissent quand le chemin nous emmène sur l’autre flan de la montagne : ici pas de plantations de thé, mais surtout des travaux en cours et des aménagement de parcelles. En plus, impossible de trouver à manger sur le chemin… Notre dernier repas datant de la veille à midi, on s’épuise un peu. Mais on est quand même hyper motivés, et puis, bon. On a pas le choix non plus hein, on va pas camper là !

Vers 15h, soit 7h après le début de notre marche (on a UN PEU oublié de prendre en compte le dénivelé quand on a estimé le temps qu’il nous faudrait…) nous arrivons à notre hôtel. Nous sommes un peu déçus par l’endroit, parce qu’après les paysages de fou que nous avions vu, nous nous attendions à nous trouver proches des plantations, et ce n’est pas le cas. En plus la chambre est chère et vraiment pas géniale (pas de matelas ni de draps…).

Du coup, nous repartirons le lendemain pour nous rapprocher de nouveau de Munnar. Nous optons pour une jeep partagée, bien moins chère qu’un chauffeur individuel, et nous expérimentons ainsi le système indien : tant que la jeep n’est pas pleine, on ne part pas. Sauf qu’on est dans un coin paumé, que le chauffeur est garé dans un coin encore plus perdu et qu’on est 4 dans une jeep prévue pour 15. On attendra près de trois heures avant de partir (pour un trajet d’une heure…), pour qu’au final on nous demande de payer plus parce qu’il n’y a pas assez de monde. Mouais, pas certaine de la logique du système…

Nous resterons deux jours de plus à Munnar. Nous en profitons pour nous promener un peu dans la ville, acheter du thé pour nos proches et goûter le chocolat local (bof…). 

Le dernier jour, nous nous rendons au musée du thé. C’est une véritable institution dans la région, et les indiens viennent du pays entier pour le visiter, à l’instar des plantations elles-mêmes. J’avais déjà assisté à une visite d’une usine de thé au Sri Lanka, mais comme Max n’en avait jamais vu, on pensait que ce serait plutôt intéressant.

En fait, c’était très décevant. On a commencé par nous pousser dans une salle pour voir un film sur l’entreprise qui a implanté le thé dans le région, puis on a suivi la foule (pas le choix, on avance par groupe de quelques centaines de personnes) jusqu’à une estrade où un mec nous explique le processus pour faire un bon thé. Enfin, je crois, parce qu’avec son accent indien très très présent et les enfants qui criaient dans la salle, on n’a rien compris du tout… Tout ça pour finalement arriver à la boutique, qui ne propose même pas des produits très intéressants. Autant dire qu’on est repartis déçus, et que c’est moi qui ai fait une petite explication improvisée à Max sur le processus de fabrication et de récolte du thé selon ce que j’avais retenu de ma visite Sri Lankaise.

Si le musée n’a pas été une grande réussite, on est quand même ravis de notre choix de venir à Munnar. En fait, je crois que ce sont les premiers paysages indiens qui m’impressionnent vraiment. La rando a été une super solution pour se trouver au milieu des plantations sans passer par un chauffeur privé. Et les visages hilares des indiens qui nous voyaient en train de marcher au milieu de nul part est aussi un très bon souvenir ! Le seul regret que l’on peut avoir est que nous aurions aimé avoir une guesthouse confortable pour s’y sentir bien, se poser un peu et aller regarder le coucher de soleil sur les montagnes. Mais les prix de la région sont juste exorbitants et il y avait tellement de touristes locaux qu’il est difficile de négocier avec les hôtels… Ils n’ont pas besoin de nous pour être complets !

Nous décidons donc de quitter Munnar pour redescendre de l’autre côté de la montagne. Cinq heures intensives de bus plus tard, nous faisons nos adieux aux plantations de thé à présent recouvertes par la brume pour nous rendre sur la célèbre péninsule de Fort-Kochi (Cochin).


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

10 réflexions au sujet de « Vous reprendrez bien une petite tasse de thé de Munnar ? »

  1. Dès que je lis que vous avez encore visité une plantation de thé, je pense aux Bidochons : « Qu’est-ce qui rase à longueur de journée sans jamais couper la barbe ? » (Sauf que dans la BD la réponse c’est les monastères).

    Sinon, c’est loin, mais c’est beau (très bonne idée de mettre une petite vidéo de temps en temps).

    « Nous en profitons pour nous promener un peu dans la ville, acheter du thé pour nos proches (…) »
    C’est Maman qui va être contente que tu lui ramènes du thé indien. 😉

    1. Mdr ! Je me souviens de cet album des Bidochons, il est trop bien ! Ils sont en Ukraine ou un truc du genre non ?
      T’as vu que je me suis remise au code ? Petits logo, petites images illustratives, petites vidéos… Sauf que là quand ça marche pas je peux pas t’appeler à la rescousse (Max n’est absolument d’aucune utilité dans ces cas là…)

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