Kânyâkumârî : la pointe extrême-sud de l’Inde

cap comorinComme nous étions en moto (et que l’on commence à connaitre les distances indiennes), nous avons fait un arrêt d’une nuit entre Madurai et la pointe de l’Inde.

On a donc passé une soirée à Tooththukudi (ville à mi-chemin), durant laquelle on a surtout galéré pour trouver internet et gérer les histoires de papiers pour la moto. La ville n’avait rien de plus ou de moins qu’une ville indienne, mais nous avons goûté les biscuits locaux, les « Macaroon ».

Je suis presque sûre qu’il s’agit d’une version indienne du mot « macaron », mais ça n’en a en tous cas pas le goût. Ça ressemble plutôt à une meringue. Un gros « bof », mais les indiens avaient l’air si fiers de cette spécialité que nous avons quand même voulu essayer. Un puis, avec le thé Chai du matin, ça passe tout seul !

En tous cas, après une nuit de sommeil reposante, nous finissons notre trajet en moto et arrivons à Kânyâkumârî.

Anciennement appelée « Cap Comorin » (et perso, je trouvais ça beaucoup plus simple !), il s’agit de la ville la plus au sud du pays. Comme nous avons pu le constater, c’est une destination prisée des touristes indiens. Les hindous viennent ici en pèlerinage pour voir le temple de Bhagavathy.

On trouve aussi un mémorial dédié à Gandhi, qui trône face à la mer.

L’endroit est très agréable. Il y a beaucoup d’installations pour touristes, mais comme il s’agit de tourisme indien, nous ne sommes pas harcelés avec insistance (comme c’est le cas dans les zones où les touristes sont étrangers). Il n’y a pas non plus d’arnaques sur les prix, qui sont majoritairement écrits et fixes (les fameux « fixed prices »).

La zone la plus fréquentée est la plage en face du centre-ville. Les indiens viennent ici et regardent la mer, se baignant parfois (mais jamais trop loin car, d’abord, ils ne savent pas nager, et ensuite le courant est tellement fort qu’il peut les projeter sur les rochers à tout moment). On regarde ici le soleil se coucher, avec de plus en plus de monde.

Un indien nous explique d’ailleurs que cet endroit est spécial, car c’est le lieu où l’océan indien et la mer d’Arabie se mélangent. On est entre deux eaux !

On dénote un peu dans le paysage, et comme d’habitude, les indiens nous demandent fréquemment de faire des selfies avec eux. Ça me fait toujours rire, même si je ne comprends pas bien pourquoi. 

Une dame ne parlant pas anglais me prédit (en langage des signes) que j’aurai trois enfants (heu, ok… on verra, hein). Je me doutais qu’elle voulait de l’argent, alors on est partis. Puis elle est revenue et m’a offert une des barrettes qu’elle essayait de vendre sur la plage et a fait signe à Max de nous prendre en photo avec son téléphone, ce que l’on a fait. Elle est de nouveau venue me voir, un moment plus tard, pour m’offrir des coquillages qu’elle venait de ramasser. Elle m’a fait signe de tous les garder pour me faire un collier. Je lui ai laissé un billet, et même si je sais que c’est surement ce qu’elle attendait, elle posait un regard tellement doux sur moi et elle me faisait des signes tellement attendrissants que j’ai quand même été touchée par sa présence. Je me trompe peut-être, mais elle m’a laissé une impression étrange.

Encore une fois, je trouve que les relations entre femmes en Inde sont très différentes de ce à quoi nous sommes habitués en occident. Elles me regardent toujours avec tendresse, comme si on était de la même communauté.

D’ailleurs, les femmes ont l’air très proches les unes des autres. Que ce soit dans les temples, à la plage ou au marché, je vois toujours des groupes de femmes (parfois très âgées) passer du temps ensemble. Et à nouveau, ici, à Kânyâkumârî, je peux observer sur la plage des groupes de femmes se baigner et refaire leurs sari respectifs, en s’éclaboussant et en riant. 

Comme on aime beaucoup l’endroit, on décide de rester une deuxième journée. Nous l’avons passée donc à se promener aux bords de la mer et on a même trouvé une plage secrète (bon, d’accord, elle est indiquée sur Google Map) : la « Hidden Twin Beach ». Cachés de tout, sans personne autour, on aurait pu se baigner sans même devoir garder nos vêtements s’il n’y avait pas eu de courant aussi fort. En l’état, je ne pouvais risquer d’aller plus loin que les genoux, et encore ! Donc on a quand seulement profité de la vue, ce qui est déjà pas mal.

Ces deux jours viennent signer la fin (temporaire) de nos balades en Inde.

En effet, depuis dix jours que nous sommes partis, nous avons toujours eu en tête les soucis administratifs liés au changement de nom de la moto que l’on a achetée. Pour faire simple, on devait faire une démarche pour la mettre à notre nom le temps de la revendre (et qu’en cas d’accident, ce ne soit pas l’ancien propriétaire le responsable), mais comme RIEN n’est simple en Inde, tout le monde avait omis de nous préciser qu’il fallait pour ça une preuve de résidence dans le pays. Bref, nous pouvions payer quelqu’un pour nous procurer la fameuse preuve, mais cela prenait jusqu’à un mois. Nous n’avions donc pas le temps d’obtenir le papier, de faire les démarches et de revendre la moto avant notre départ.

Nous aurions pu décider que ce n’était pas grave, que le prochain proprio la mettrait à son nom de toute façon. Sauf que l’on a fait l’erreur de prévenir l’ancien proprio, qui s’est énervé et a commencé à flipper en nous traitant d’inconscients. Il voulait qu’on lui confie la moto pour qu’il la revende lui, et nous donne l’argent plus tard. Et puis quoi encore, tu veux un mars avec ?

Du coup, nous avons préféré retourner à Chennai pour que l’on vende la moto tous ensemble (vu qu’elle était encore à son nom), et nous enlever le stress lié à toute cette histoire. On ne savait pas vraiment les risques qu’on prenait, donc dans le doute…

En réalité, l’ancien proprio est parti en vacances sans même nous prévenir, et une semaine plus tard, nous vendions la moto sans lui. 

Nous avons donc perdu plus d’une semaine à Chennai, et environ 400 euros. Oui, parce qu’en plus, c’est lui qui avait posté l’annonce de vente de la moto, et comme il s’était barré, il ne nous transmettait pas les offres des personnes intéressées. Nous avons donc du la vendre par nos propres moyens et dans l’urgence… soit bien en dessous de sa vraie valeur. A retenir !

En tous cas, après ces jours d’attentes très frustrantes, nous quittons le Tamil Nadu (cette fois en bus) pour visiter le Kérala ! Prochaine étape : Munnar et les plantations de thé !


Sri Lanka, Inde, Népal, Myanmar, Vietnam et Cambodge… Retrouvez ici le bilan et les anecdotes de nos 6 premiers mois de voyage en Asie !

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