Pondichéry, « la petite France indienne »

pondicheryAprès Chennai, nous nous sommes rendus à Pondichéry, la ville que tout le monde s’accordait à nous décrire comme « un bout de France en Inde ». Oui, bon, faut pas exagérer quand même. Mais c’est vrai qu’on ressent l’influence !

Pondichéry est la ville principale de l’état du même nom enclavé dans le Tamil Nadu. Son histoire est particulière puisqu’il s’agit de la seule région de l’Inde a avoir été colonisée par la France, et ce pendant près de trois cent ans (de 1673 à 1956). Ceci se sent dans certains bâtiments et dans l’architecture en règle générale.

Il y a d’ailleurs beaucoup d’expatriés et de touristes français dans la ville (pour une fois, on passait plutôt inaperçus dans la foule). On trouve donc quelques bars et restos français, et même du fromage ! Les rues ont d’ailleurs des noms français ! Petit florilège :

L’état de Pondichéry suit sa propre législation, qui est parfois différente du reste du Tamil Nadu : on trouve par exemple de l’alcool bien plus facilement. Et c’est vrai que la ville nous a donné une impression différente de ce qu’on avait vu de l’Inde jusqu’ici, surtout la « white town », le quartier colonial : sans ressembler réellement à la France (on se sentait bien en Inde !), la ville est plus propre, plus calme, plus organisée. Plus reposante en somme.

Nous avons passé trois jours à Pondichéry, mais la ville peut mériter plus si on souhaite se poser.


La Promenade

Nous avons d’abord profité du bord de mer. Il n’y a pas de plage à Pondichéry (que des gros rochers et un courant effroyable), mais les habitants adorent marcher le long de la « Promenade », le bord de plage de la white town. La police coupe la circulation sur la route le matin et le soir, ce qui permet de se balader en toute tranquillité, et d’admirer la statue de Gandhi !


L’éléphant Lakshmi et ses « bénédictions »

Une des activités touristiques les plus prisées de Pondichéry concerne l’éléphant Lakshmi. Tous les soirs à partir de 18h devant le temple Manakula Vinayagar se trouve cet éléphant, qui, en échange d’un fruit, pose sa trompe sur votre tête pour vous bénir. 

Je ne vais pas être hypocrite, j’ai vraiment voulu le voir. Mais une fois là-bas, j’ai vite été écœurée. L’éléphant a l’air épuisé. Il est immobile, il n’a pas l’espace de bouger et il a un regard très triste. Par réflexe, il touche la tête des personnes qui passent près de lui. Ca m’a plutôt rendue triste… Encore un bon moyen pour son propriétaire de se faire de l’argent sur la soi-disant spiritualité indienne. Alors on est vite partis.


Le temple Manakula Vinayagar

Le temple en revanche est très joli. Il vaut le détour, même s’il faut pour l’atteindre esquiver la horde de vendeurs (« non, merci, je ne veux pas d’un tambour… »).


Les églises de la ville

Colonisation oblige, Pondichéry héberge de très jolies églises. Nous ne les avons pas « cherchées » (pas trop notre truc), mais en se promenant on est facilement tombés dessus. Et c’est vrai que ça en jette !

Voici par exemple l’église de Notre-Dame des Anges.


Bharathi Park

Nous avons aussi profité du parc de la ville, incroyablement propre pour un parc indien et très reposant.


L’usine de papier fait main

Sous les conseils de deux anglais avec qui nous avons partagé une soirée sur la terrasse de notre hôtel, nous nous sommes rendus à l’usine de fabrique de papier fait-main de Pondichéry.

Nous n’avions pas le droit de prendre des photos, alors ce ne sera pas très représentatif. 

Il n’y a pas de visite guidée et organisée, mais nous avons le droit de nous promener dans l’usine et de voir les différentes étapes du processus de fabrication du papier. Les indiens sont adorables, et certains nous expliquent spontanément ce qu’ils sont en train de faire. C’est un art et je trouve leur travail magnifique. Chaque feuille est différente et colorée selon les inspirations de l’ouvrier.

Nous finissons la visite par le magasin, mais ce n’est pas vraiment un attrape-touriste comme ceux que l’on trouve à la fin des musées. Déjà, on est pas obligés d’y passer. Et puis, le magasin permet surtout de voir l’éventail des possibilités de fabrication sur la base du papier fait ici-même : porte-document, bloc-note, stylo en papier, cartes postales… Les prix sont un peu élevés pour l’Inde, mais en voyant le travail fourni pour chaque pièce, on ne fait pas les fines-bouches.


Le théâtre « Indianostrum »

Alors ça, c’est un peu un échec mais j’en parle quand même.

Avant que j’arrive, Max a rencontré un québécois anthropologue fan de l’Inde et chercheur en croyances indiennes. Ils ont passés plusieurs soirées ensemble, et Mathieu (le québécois) lui a donné le contact du directeur du théâtre de Pondichéry, pour que l’on puisse le rencontrer pendant notre voyage et pourquoi pas voir une pièce chez lui. Ce directeur indien a travaillé avec Ariane Mnouchkine, le metteur en scène du théâtre du soleil (que j’ai rencontrée quand je suis allée voir ses pièces avec mes parents à Lyon). Le monde est petit !

Nous étions donc contents d’avoir son contact et avions hâte de le rencontrer. J’étais intéressée par son travail autour du développement du théâtre en Inde. Mathieu nous a même confié un pot de beurre d’érable à lui apporter.

Malheureusement, quand nous arrivons à Pondichéry, on nous dit qu’il n’est pas dans le pays actuellement. Il est… en France. Raté. Et avec lui, le théâtre est en vacances. Pas de pièce avant son retour, 20 jours plus tard. Encore raté !

Nous confions donc le pot d’érable à un de ses collègues, on prend une petite photo souvenir, et on se dit que ce sera pour une prochaine fois !


Le Goubert Market, le grand marché de Pondichéry

Pour finir, nous avons suivi les recommandations de notre hôte et nous sommes allés au marché le plus connu de la ville.

Et tout d’un coup, nous nous sommes retrouvés projetés de nouveau dans l’Inde pure et dure.

Le marché est grand (on vend de tout : des vêtements, des fruits et des légumes, des bijoux…), mais il est complètement étouffant. Il y a à peine la place de passer entre les ordures, les étales et les passants. Les déchets en décomposition nous montent au nez, tout comme les odeurs d’urine et d’animaux. En l’absence d’air et de vent, la chaleur rend le tout encore moins supportable.

Nous n’y resterons pas longtemps, mais c’est une expérience à vivre. Le plus marquant sera peut-être la viande crue qui se vend ici : QUI peut bien acheter un poulet dans ces conditions ??


Voila pour notre expérience de Pondichéry. C’est la première ville indienne que nous avons vraiment trouvée agréable et plaisante. J’aimerai beaucoup y retourner, et aller au théâtre cette fois !

Maintenant, nous reprenons la moto et nous dirigeons vers la pointe extrême sud de l’Inde. Let’s go!


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