Mawlamyine/Moulmein et le plus grand bouddha couché du monde

De Hpa-An, nous prenons un bateau pour nous rendre à Moulmein (ou Mawlamyine selon le nom local), l’ancienne capitale coloniale britannique.

Le trajet en bateau est déjà hyper agréable : la petite barque en bois transporte une dizaine de touristes et passe devant des pagodes et des petits villages. Il nous faudra à peine trois heures pour arriver à destination.

Une fois arrivés, nous nous rendons à l’hôtel pour poser nos affaires. On y laisse aussi notre Maxou national, qui supporte mal la chaleur et les piqûres de punaises de lit qu’il a de nouveau sur tout le corps (et qu’il a encore été le seul à subir, alors qu’on dort ensemble… Mon sang ne doit pas être appétissant !). Un petit somme le remettra sur pied.

En attendant, nous partons explorer le coin. Jo n’en revient pas qu’il s’agisse de la troisième plus grande ville du pays, après Yangon et Mandalay. Et on ne peut pas lui donner tord : le centre-ville est tout petit et nous pouvons le traverser à pied très facilement !

On fait une pause dans un hôtel pour manger un bout (l’endroit est désert, encore une fois, alors que nous sommes en pleine saison touristique…), puis nous tombons sur une pagode. Un moine se propose de nous faire visiter. Il nous explique que son père était enrôlé dans l’armée britannique et qu’il était catholique, mais que lui a choisi d’être bouddhiste. On fait un peu le tour de l’endroit et on retourne chercher Max.

On reprend la balade dans la nuit pour nous rendre au Night Market. Comme à Hpa-An, il s’agit d’un marché de bouffe coréenne et chinoise. Nous prenons quelques brochettes et quelques bières sur place.

Le lendemain, nous nous rendons au marché de jour.

Après une petit promenade dans le coin, entre poissons séchés, cigares, fruits et caleçons, nous abordons un taxi local (c’est à dire un espèce de pick-up avec des bancs en fer à l’arrière) pour qu’il nous emmène sur l’île de Bilu Gyun, les bateaux étant indisponibles pour une raison inconnue et incompréhensible. On se met d’accord sur le prix de « fifteen thousand », mais nous nous rendrons compte à la fin de la visite qu’il voulait dire « fifty ». Comment tripler un coût en deux secondes ! On ne sait pas si c’était une arnaque ou si nous nous sommes vraiment mal compris, mais les deux sont franchement possibles.

En tous cas, le chauffeur se propose de nous emmener sur l’île et de nous en faire la visite… sauf qu’il ne parle pas un mot d’anglais.

On traverse donc le pont qui mène à l’île dans son pick-up, le temps pour certains de faire un somme et pour d’autres de regarder le paysage franchement pas dégueu !

Notre chauffeur décide un premier arrêt, qui consiste (sans surprise) à voir une pagode. On grimpe les marches, on en fait le tour, mais à ce niveau du voyage on commence à saturer un peu des colonnes bouddhistes dorées !

On remonte dans la voiture et il nous arrête à nouveau, cette fois pour un stop beaucoup plus mystérieux. On arrive chez une famille birmane qui travaille sur des morceaux de plastiques. On essaie de demander de quoi il s’agit, mais impossible de comprendre un mot. On arrive à remettre dans l’ordre les différentes étapes du procédé de fabrication, mais le but de la manœuvre nous reste inconnu.

On redémarre, mais on s’arrête très vite dans un endroit absolument identique ! On a du mal à cacher notre fou-rire, et on ne sait pas trop où se mettre.

Heureusement, l’arrêt suivant est plus clair : il s’agit d’une fabrique de produits en bois (peignes, stylos, dessous de verres, bols…). Les objets sont assez beaux et très abordables, alors on achète quelques souvenirs.

On fini la visite par un arrêt à une fabrique de chapeaux traditionnels en bambou. L’occasion de voir la tête qu’on peut avoir avec ça ! Puis notre chauffeur nous ramènera à notre point de départ, traversant le pont qui nous mène à Moulmein sous le soleil couchant.

Le lendemain, nous louons des scooters à notre hôtel pour aller voir la plus grosse attraction touristique du coin : les Bouddhas Win Sein, les plus grands du monde !

Il s’agit plutôt d’un Bouddha, en fait, puisque le second est en construction. Mais même le premier n’est pas réellement finalisé : l’intérieur est encore en travaux, laissant ça et là de gros trous de plusieurs mètres de haut, sans protection.

Le premier Bouddha est long de 200 mètres et haut de 40. Il est découpé en 190 salles qui racontent sous la forme de statues l’histoire de Bouddha. Cela dit, encore la bonne moitié de ces salles sont vides et uniquement composées de béton, tandis que le deuxième Bouddha est déjà en construction pour dépasser les records établis par son voisin. Il est même possible de faire des donations pour acheter un sac de ciment ou des pierres qui vont servir à leur construction : les tarifs sont affichés à l’entrée. La démesure du bouddhisme birman à l’oeuvre !

On marche un moment entre les salles, mais il manque des scènes qui nous permettraient de vraiment comprendre l’histoire. On s’est un peu renseignés sur Bouddha avant de venir (ou plutôt, Siddharta, de son nom de prince), et heureusement, car les statues et illustrations seules ne suffiraient pas. Cela dit, on comprend très clairement la menace du mal absolu et de l’enfer que le bouddhisme fait peser sur les êtres qui ne répondent pas à leurs critères de dévotion (voir sur les images ci-dessus…). J’ai vraiment du mal à voir comment on peut considérer que ce n’est pas une religion…

Après cette dernière journée passée à Moulmein, nous reprenons un bus, de nuit cette fois, pour retourner à Yangon. ll est temps de dire au revoir à mes frères et de les laisser rentrer en France et au Bénin. De notre côté, on part pour le centre du pays à la rencontre du lac Inle !


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