Luang Prabang, un autre visage du Laos

Vue sur Luang Prabang

Aaahh, Luang Prabang… Quant on en vient à parler du Laos, on finit toujours par en arriver à cette ville. Il faut dire qu’elle est visitée par tous : les jeunes en manque de soirées (à l’heure ou j’écris nos camarades de chambre vivent une gueule de bois que je leur souhaite mémorable vu le bordel qu’ils ont foutu en rentrant hier soir…), les familles en vacances et les voyageurs en quête d’aventure. Tous se retrouvent à un moment de leur découverte du Laos à Luang Prabang.

Pour autant, je ne savais pas à quoi m’attendre. On avait prévu d’y passer sans trop savoir pourquoi, juste pour voir.

Une ville… déconcertante

La première chose qui nous frappe, c’est le nombre de guesthouses et d’hôtels que l’on trouve dans la ville. Depuis le début de notre road trip à moto en Asie du sud-est, le Laos est le seul pays où il nous ai arrivé de galérer pour trouver un logement. Les campagnes sont assez vides et il y a peu de visiteurs, donc peu de services adaptés comme des hôtels ou des restaurants.

Mais à Luang Prabang, qui n’est pourtant pas bien grande, on trouve des CENTAINES de lieux où dormir. Guesthouses, auberges, hôtels, palaces… Dans le centre, un bâtiment sur deux en est un. Mais on va vite comprendre pourquoi…

La ville est esthétiquement très différente de ce que l’on a vu jusque là au Laos. Il faut dire qu’elle a été construite pendant la colonisation française et possède donc ce magnifique charme que l’on sait insuffler aux bâtiments (je ne suis pas chauvine, c’est vrai !). Des temples bouddhistes particulièrement colorés viennent ajouter une touche asiatique à l’endroit. C’est donc effectivement un petit bijoux de ville.

Aumône des moines à Luang Prabang

Une ville dédiée au tourisme familial

Mais ma première impression ne tint absolument pas compte de l’esthétisme. Tout ce que je vit, ce fut les hordes de touristes.

Attention, je me garde bien d’appuyer ma pensée sur une supposée opposition entre touriste et voyageur. Nous sommes tous des touristes, peu importe comment nous voyageons. Il n’y a aucune distinction. Je ne cherche pas non plus à « quitter les sentiers battus » à tout prix. En Asie du Sud-est (ou même, plus cyniquement, dans le monde entier) je ne crois plus tellement à l’existence de zones non visitées. Les touristes, quelle que soit leur forme, sont partout.

Mais je dois admettre que j’aime avoir une « impression » d’aventure. Me retrouver seule étrangère dans un endroit participe à un sentiment d’immersion. Or, Luang Prabang ne peut pas répondre à cette envie.

Vue sur Luang Prabang

Le Laos côté tourisme

Dans le centre, on croise plus de touristes que de locaux. Et ceux qui sont là travaillent dans l’industrie touristique. En fait, toute la ville ne semble tourner qu’autour de ça. Gérant de guesthouses, serveurs, vendeurs sur le marché de nuit, chauffeur de tuk-tuk… C’est une bonne chose pour l’économie locale, j’en suis sûre. Mais le premier réflexe que j’ai eu en arrivant fut « on a changé de pays… ».

Le Laos reste peu touristique comparés à ses voisins le Cambodge, le Vietnam ou la Thaïlande. Il y a peu de choses à visiter et les touristes partent souvent faire les deux boucles à moto dans la campagne Laotienne. Il y a donc globalement peu de concentration touristique en un point précis (à part les 4000 îles). C’était donc un tout autre ressenti que depuis le début de mon voyage dans le pays.

Je sais que notre perception d’un endroit dépend vraiment de ce qu’on souhaite y trouver au moment où on s’y rend. Et en me rendant à Luang Prabang, j’espérais découvrir un peu plus le Laos, que j’ai beaucoup de mal à cerner. J’avais hâte de m’y confronter un peu, surtout après notre pause « festivité » à Vientiane.

Mais la ville n’a fait qu’augmenter ma confusion. Elle n’a rien à voir avec le Laos que l’on a vu jusque là. Ni en terme d’architecture, ni en terme de nourriture, ni en terme de population, ni en terme d’activité… Les scooters n’envahissent pas les rues, les tables ne sont pas équipées de nappe « Beerlao », les enfants ne jouent pas seuls dans les rues, des vaches ne sortent pas de nul part, et l’anglais est omniprésent…

Croissant à Luang Prabang
La nourriture « locale » de Luang Prabang

Une seconde chance

Alors je l’ai d’abord détestée. On avait prévu d’en partir très rapidement, mais Max est tombé malade. Pour tuer le temps, j’ai lu un peu en ligne les activités à y faire et les choses à voir. Et puis je suis tombée sur l’article d’une américaine qui expliquait pourquoi elle détestait cette ville, pourtant adulée des blogueurs voyages. Elle avait des arguments un peu similaires aux miens, sauf qu’elle était beaucoup plus agressive et méprisante envers les touristes. Paradoxalement, c’est donc elle qui m’a poussée à donner une autre chance à la ville.

Nous avons donc de nouveau visité Luang Prabang. Et voilà ma conclusion.

Tout dépend ce qu’on souhaite y trouver

À titre personnel, je ne l’ai pas aimé. Ce n’est pas ce que j’avais envie de découvrir sur le moment, ni même dans mon voyage en règle générale. C’est un genre de station touristique extrêmement visitée où l’on n’apprend pas grand chose du pays dans sa globalité. En revanche, je comprends tout à fait que l’on puisse aimer.

Comme je le disais, la ville est belle. Elle dégage une atmosphère apaisante, à l’instar de Kep et Kampot au Cambodge (les vices en moins). Les gros fêtards fauteurs de troubles sont à Vang Vieng, la ville de la fête située à 180 km de là. Luang Prabang ne semble donc pas avoir de problème de prostitution ou de drogue, ce qui la rend plus agréable que ses équivalentes Cambodgiennes.

De nombreuses activités sont disponibles, pour peu que l’on veuille y prendre part. Beaucoup de tours à la journée incluent des éléphants (même si je trouve ça moyen éthiquement) et les cascades des alentours. On peut aussi manger dans de très bons restaurants occidentaux, voire au marché de nuit si on veut se rapprocher un peu de la nourriture locale. Quelques bars permettent aussi de sortir le soir, ce qu’il est très difficile de faire dans le reste du pays. Un lieu parfait pour passer des vacances en famille ou entre amis, donc.

L’authenticité du lieu ?

Si j’ai envie d’écrire que ce n’est pas le « vrai » Laos, je m’abstiendrais quand même de faire cette remarque. Luang Prabang est certes complètement différente du reste du pays, mais elle n’en reste pas moins l’une de ses facettes. Comment pouvons-nous juger les habitants de Luang Prabang comme étant moins « authentiques » que leurs voisins des campagnes ?

Finalement, Luang Prabang, c’est ce qui arrive quand le Laos développe son activité et son économie touristique. Et c’est pas si mal que ça !

Temple Luang Prabang

À voir à Luang Prabang

Bon, tout ça c’est bien beau mais à quoi ça ressemble ? Voici quelques photos de Luang Prabang.

Le marché de nuit

Le point central de la ville, qui réunit chaque soir des centaines de touristes, c’est le night market. A partir de 17H30 la route principale est fermée aux voitures pour que les visiteurs puissent s’y promener en toute tranquillité. Les stands du marché s’installent alors, et on peut trouver beaucoup de souvenirs, par ailleurs très jolis. Peintures locales, bijoux fabriqués en ancien obus, peluches, vêtements, etc. Les prix sont bien sur ceux de souvenirs pour touristes, mais je trouve ça normal que les touristes venant ici payent un peu plus leurs produits. Vu le prix des resto du coin, ça ne fait pas une grande différence pour eux, mais beaucoup pour les vendeurs venant des villages environnants.

Repas Luang Prabang

Marché de Luang Prabang

Marché de nuit à Luang Prabang

Les temples

Comme je le disais, Luang Prabang regorge de temples. Après 8 mois en Asie, je ne m’extasie plus devant chacun d’entre eux. Mais pour ceux que ça intéresse je pense que c’est un chouette endroit. Le temple de Phou Si permet d’ailleurs d’avoir une jolie vue panoramique sur les environs.

Temple central à Luang Prabang

Temple à Luang Prabang

Max à Luang Prabang

La cérémonie de l’aumône des moines

Chaque jour à 5h30 du matin, les moines sortent faire la cérémonie de l’aumône. Ils se mettent en rang et marchent dans la ville pour récolter les offrandes (nourriture, principalement). Max y est allé (moi j’avoue, j’ai eu la flemme) un matin et il a trouvé la scène un peu gênante. Il y a énormément de touristes avec leurs guides qui achètent des seaux déjà remplis de nourriture pour les donner aux moines lors de leur passage tout en les mitraillant de photos… Bon…

Aumône des moines à Luang Prabang

Les cascades

Kuang Si, la cascade la plus connue du Laos, se trouve à quelques dizaines de kilomètres de Luang Prabang. On a hésité a y aller, puis finalement il pleuvait trop. Mais encore une fois, il parait que l’endroit est extrêmement touristique. Ce n’est pas un lieu de vie comme les autres que nous avons pu voir avant (dans la boucle de Paksé ou celle de Thakhek). Pas de regret, donc.


Après quatre jours passés à Luang Prabang, il est temps pour nous de nous rapprocher de la frontière Vietnamienne. Et ces chemins vont nous mener à travers les magnifiques montagnes Laotiennes…

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